Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
IX. Septembre
La chasse vient d’ouvrir, peut-être es-tu chasseur ?Que vas-tu préférer ? Les champs ou la rivière ?La chasse nuit toujours à la pêche, sa sœur.C’est pourtant dans ce mois que la pêche est prospère.
D’abord, on prend de tout : c’est l’ablette légère,La perche, le goujon, le brochet voyageur,Le chevesne goulu, la perche goujonnière,La brème plate et le barbillon, fier lutteur !
Quand tu battrais la plaine et le bois pour abattreQuelques rares perdrix, quelque lapin folâtreTu ne trouverais pas autant d’émotion
Qu’à sentir, retenu par ton crin qui résiste,Un énorme poisson, surpris à l’improviste,Qui fait courber ta gaule et craquer ton scion !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources