Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
II. Février
Je te l’avais prédit, la goutte est survenueEt te voilà couché, maudissant le destin ;Tu connais maintenant cette douleur aiguëQui vous prend dans la nuit et s’accroît le matin.
Tu trouves le temps long, ta journée est perdue,Penses-tu ? — Ton journal dit dans son bulletin :« La Seine vient d’avoir une assez forte crue« Les pêcheurs sur ses bords y font un gros butin. »
Et tu voudrais te joindre à leur fière cohorte !Ne te dérange pas, laisse close ta porte,Lis ! Ça t’empêchera toujours de t’ennuyer ;
Ce que dit le journal est une affreuse blague,Son rédacteur est un farceur, il extravague :On ne prend rien de plus ce mois-ci, qu’en janvier.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources