Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
I. Janvier
Voici l’hiver avec son lugubre cortège,Tu peux, brave pêcheur, dire à la pêche adieu ;Il fait un temps de chien, il pleut, il gèle, il neige,Le mieux est de rester tranquille au coin du feu.
Là, tu seras bien mieux que dans tout autre lieuQue la bise fréquente et que le vent assiège ;Au bord de l’eau, crois-moi, ne place pas ton siège,Ton nez rapidement deviendrait rouge et bleu.
Que prendrais-tu d’ailleurs ? Quelque brochet voraceQui par hasard viendrait s’égarer sur ta place,La perche chasseresse ou le gardon flémard ?
Encor n’est-ce pas sûr ? — Mais si ton fanatismeTe fait braver le vent, la pluie et le brouillard,Tout ce que tu prendras, c’est un beau rhumatisme.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources