La forêt bleue, 1883· La forêt bleue
Les nymphes
A JEAN RICHEPIN
Toi, tu dois les aimer,‖ les grands ciels de Septembre,Profonds, brûlants d'or vierge‖ et trempés d'outremer,Où dans leurs cheveux roux‖ les naïades d'HennerTendent éperdument‖ leur buste qui se cambre.
La saveur d'un fruit mûr‖ et la chaleur de l'ambreVivent dans la souplesse‖ et l'éclat de leur chair,Et le désir de mordre‖ est dans leur regard clair,Dans l'étirement âpre‖ et lassé de leur membre.
Leur prunelle verdâtre,‖ où nagent assombrisLe reflet de la source‖ et le bleu des iris,A le calme accablant‖ des lentes attirances.
On rêve des baisers‖ qui seraient des souffrances,Des hymens énervants‖ et longs, les reins taris…O nymphe, ô source antique‖ aux froides transparences !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd dcd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Septembre / cambre féminine, classiqueb d'outremer / chair masculine, classiquec d'Henner / clair masculine, classiquea l'ambre / membre féminine, équivalentea assombris / iris / taris masculine, classiqueb attirances / souffrances / transparences féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources