La forêt bleue, 1883· Le pays des fées· Sonnets mornes Aurum
Stérilité
A LECONTE DE L’ISLE
Comme une feuille d'or‖ qu'un léger souffle emporteEt les plis de sa robe‖ effleurant le sol frais,Ma Jeunesse défunte‖ erre au pied des cyprèsEt de loin m'a fait signe‖ et j'ai suivi la morte.
» Qu'as-tu fait, me dit-elle,‖ ami, de ton escorte,« Du long cortège on deuil‖ des pleurs et des regrets« Qui suivait l'an passé‖ mon cercueil ici près. »Et du vieux cimetière‖ elle entr'ouvre la porte.
« Tes pleurs vite essuyés‖ ont fait place aux plaisirs,» Les sanglots aux baisers,‖ les regrets aux désirs« Jamais inapaisés‖ des voluptés maudites.
« Tu n'as su ni prier,‖ ni pleurer, ni souffrir,« Et sur la tombe vide,‖ où morne tu médites,« Rien ne survit dans l'ombre,‖ ou rien n'a pu fleurir. »
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a emporte / morte féminine, classiqueb frais / cyprès masculine, classiquea escorte / porte féminine, classiqueb regrets / près masculine, classiquea plaisirs / désirs masculine, classiqueb maudites / médites féminine, classiquea souffrir / fleurir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources