La forêt bleue, 1883· Le pays des fées· Sonnets mornes Aurum
La coupe
A LECONTE DE L’ISLE
Lascive et les bras nus‖ ruisselants d'esclavages,Lu fille aux yeux cruels,‖ allourdis de sommeil,Me tend d'un geste las‖ la coupe en or vermeilEt m'invite à tremper‖ ma lèvre aux noirs breuvages.
« Bois, me dit sourdement‖ la fille aux yeux sauvages» Bois l'engourdissement‖ et la mort sans réveil,» Bois la volupté lente‖ et l'oubli du soleil,» Bois le superbe amour‖ des éternels servages,
« Bois et tu connaîtras‖ le dédain des baisers« Et le calme puissant‖ des désirs épuisés. »Et moi. soudain mordu‖ d'un caprice d'homme ivre,
Je vidai d'un seul trait‖ la coupe et, quand j'eus bu,Je pleurai mon désir‖ et le charme rompu,En sentant que l'or pur‖ avait un goût de cuivre.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a d'esclavages / breuvages féminine, classiqueb sommeil / vermeil masculine, classiquea sauvages / servages féminine, classiqueb réveil / soleil masculine, classiquea baisers / épuisés masculine, classiqueb ivre / cuivre féminine, classiquea bu / rompu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources