Poésies complètes I, 1907· I Les heures d’amour Le desir ― le regret· II Le regret
Absence
I
Et te voilà partie !‖ Or, me voici qui songe,À des bonheurs dont le‖ mirage se prolongeSans fin, comme la mer‖ à mesure qu’on va !Te voilà loin ! Je ris‖ du rêve qu’on rêva !Devant tes calmes yeux‖ d’espoir doux et paisible,Rêver, même parler‖ de bonheur, est possible.Mais à présent ! Tout est‖ louche, trompeur, méchant !Je songe à ce qui peut‖ advenir, en sachantQue le mauvais Destin‖ veille sur notre vie.L’heure claire sera‖ d’un jour sombre suivie.Tu ne reviendras plus‖ reprendre auprès de moiLe fil du rêve heureux‖ que déroulait ta foi…
II
D’abord, je lui prenais‖ tout doucement les mains,Et ses yeux bleus, fixant‖ leurs regards sur les miens,Faisaient pour m’éclairer‖ l’âme de la lumière.Elle disait : Bonjour !‖ d’un baiser, la première.Elle devait sentir‖ tout le long de ses doigtsMes frissons s’enlacer‖ aux siens, comme des voixS’entrecroisent dans l’air,‖ s’appellent, se répondent,Et dans un même accord‖ toutes enfin se fondent.Nous nous parlions très peu,‖ pour ne pas empêcherNos deux cœurs de s’entendre.‖ Elle laissait pencherSa tête blonde, comme‖ en proie à quelque fièvre,Et mes baisers montaient‖ à l’assaut de sa lèvre !
Versification
- Forme
- 2 distiquess (distiques)
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 2 distiquess
- Mots à la rime
- a songe / prolonge féminine, classiqueb va / rêva masculine, classiquec paisible / possible féminine, classiqued méchant / sachant masculine, classiquee vie / suivie féminine, classiquef moi / foi masculine, classiquea mains / miens masculine, classiqueb lumière / première féminine, classiquec doigts / voix masculine, classiqued répondent / fondent féminine, classiquee empêcher / pencher masculine, classiquef fièvre / lèvre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources