Poésies complètes I, 1907· I Les heures d’amour Le desir ― le regret· II Le regret
Loin d’elle
Depuis qu’elle est partie,‖ un grand doute m’étreint.J’ai beau fixer l’azur‖ où le jour étincelle,Afin que mon cœur fou‖ soit comme lui, serein :Le ciel ment, la clarté‖ n’est pas franche loin d’elle !
Pourtant, elle m’a dit‖ qu’elle m’aime, souvent ;Que la tendresse éclose‖ en son âme immortelle,Comme elle ne peut pas‖ finir : ainsi qu’avant,Je suis celui qui doute‖ incessamment pour elle.
Ma faible foi la blesse‖ et je crains l’abandon.Que deviendrais-je, hélas !‖ si, m’étant infidèle,Je ne puis plus sentir‖ m’absoudre le pardonQue ma pensée en pleurs‖ va mendier vers elle.
À ses pieds, je me sens‖ divinement chéri.J’adore tout, sa main,‖ sa lèvre et sa prunelle ;Je n’ai de doute, ni‖ de plainte, ni de cri,Mais j’ai pour frère aîné‖ le bonheur, tout près d’elle !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a m’étreint / serein masculine, non classiqueb étincelle / d’elle féminine, classiquea souvent / qu’avant masculine, classiqueb immortelle / elle féminine, classiquea l’abandon / pardon masculine, classiqueb infidèle / elle féminine, classiquea chéri / cri masculine, classiqueb prunelle / d’elle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources