Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XXIV. Au roi Henri le grand
Je le connois, Destins, vous avez arrêtéQu’aux deux fils de mon roi se partage la terreEt qu’après le trépas ce miracle de guerreSoit encore effroyable en sa postérité.
Leur courage aussi grand que leur prospéritéTous les forts orgueilleux brisera comme verre ;Et qui de leurs combats attendra le tonnerre,Aura le châtiment de sa témérité.
Le cercle imaginé, qui de même intervalleDu nord et du midi les distances égale,De pareille grandeur bornera leur pouvoir.
Mais étant fils d’un père où tant de gloire abonde,Pardonnez-moi, Destins, quoi qu’ils puissent avoir,Vous ne leur donnez rien s’ils n’ont chacun un monde.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources