Œuvres poétiques de malherbe, 1630
LXVIII. Chanson (1615)
Ils s’en vont, ces rois de ma vie,Ces yeux, ces beaux yeux,Dont l’éclat fait pâlir d’envieCeux même des cieux.Dieux amis de l’innocence,Qu’ai-je fait pour mériterLes ennuis où cette absenceMe va précipiter ?
Elle s’en va cette merveille,Pour qui nuit et jour,Quoi que la raison me conseille,Je brûle d’amour.Dieux amis, etc.
En quel effroi de solitudeAssez écarté,Mettrai-je mon inquiétudeEn sa liberté ?Dieux amis, etc.
Les affligés ont en leurs peinesRecours à pleurer ;Mais quand mes yeux seraient fontaines,Que puis-je espérer ?Dieux amis, etc.
23 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources