Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XXVI. Pour le premier ballet de monseigneur le dauphin
AU ROI HENRI LE GRAND.
Voici de ton État la plus grande merveille,Ce fils où ta vertu reluit si vivement ;Approche-toi, mon prince, et vois le mouvementQu’en ce jeune Dauphin la musique réveille.
Qui témoigna jamais une si juste oreilleA remarquer des tons le divers changement ;Qui jamais à les suivre eut tant de jugement,Ou mesura ses pas d’une grâce pareille ?
Les esprits de la cour s’attachant par les yeuxA voir en cet objet un chef-d’œuvre des cieux,Disent tous que la France est moins qu’il ne mérite ;
Mais moi que du futur Apollon avertit,Je dis que sa grandeur n’aura point de limite,Et que tout l’univers lui sera trop petit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources