Œuvres poétiques de malherbe, 1630
LX. Pour monsieur de la Ceppède, sur son livre de la passion de notre seigneur
J’estime la Ceppède, et l’honore, et l’admire,Comme un des ornements des premiers de nos jours ;Mais qu’à sa plume seule on doive ce discours,Certes, sans le flatter, je ne l’oserois dire.
L’Esprit du Tout-Puissant, qui ses grâces inspireA celui qui sans feinte en attend le secours,Pour élever notre âme aux célestes amours,Sur un si beau sujet l’a fait si bien écrire.
Reine, l’heur de la France, et de tout l’univers,Qui voyez chaque jour tant d’hommages divers,Que présente la Muse aux pieds de votre image ;
Bien que votre bonté leur soit propice à tous,Ou je n’y connois rien, ou devant cet ouvrageVous n’en vîtes jamais qui fût digne de vous.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources