Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XL. Sonnet (1615)
Quoi donc ! c’est un arrêt qui n’épargne personne,Que rien n’est ici-bas heureux parfaitement,Et qu’on ne peut au monde avoir contentementQu’un funeste malheur aussitôt n’empoisonne !
La santé de mon prince en la guerre étoit bonne ;Il vivoit aux combats comme en son élément.Depuis que dans la paix il règne absolument,Tous les jours la douleur quelque atteinte lui donne.
Dieux, à qui nous devons ce miracle des rois,Qui du bruit de sa gloire, et de ses justes loisInvite à l’adorer tous les yeux de la terre ;
Puisque seul après vous il est notre soutien,Quelques malheureux fruits que produise la guerre,N’ayons jamais la paix, et qu’il se porte bien.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources