Œuvres poétiques de malherbe, 1630
CII. Sur la mort de son fils
Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle,Ce fils qui fut si brave, et que j’aimai si fort :Je ne l’impute point à l’injure du sort,Puisque finir, à l’homme est chose naturelle.
Mais que de deux marauds la surprise infidèleAit terminé ses jours d’une tragique mort,En cela ma douleur n’a point de réconfort,Et tous mes sentiments sont d’accord avec elle.
O mon Dieu, mon Sauveur, puisque par la raisonLe trouble de mon âme étant sans guérison,Le vœu de la vengeance est un vœu légitime,
Fais que de ton appui je sois fortifié.Ta justice t’en prie ; et les auteurs du crimeSont fils de ces bourreaux qui t’ont crucifié.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources