Poésies, 1887
Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bêteEn qui vont les péchés d’un peuple, ni creuserDans tes cheveux impurs une triste tempêteSous l’incurable ennui que verse mon baiser :
Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songesPlanant sous les rideaux inconnus du remords,Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :
Car le Vice, rongeant ma native noblesse,M’a comme toi marqué de sa stérilité,Mais tandis que ton sein de pierre est habité
Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse,Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab cdd cee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a bête / tempête féminine, classiqueb creuser / baiser masculine, classiquea songes / mensonges féminine, classiqueb remords / morts masculine, classiquea noblesse / blesse féminine, classiqueb stérilité / habité masculine, classiqueb linceul / seul masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources