Poésies, 1887
Renouveau
Le printemps maladif a chassé tristementL’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,Et dans mon être à qui le sang morne présideL’impuissance s’étire en un long baîllement.
Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâneQu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,Par les champs où la sève immense se pavane
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,Mordant la terre chaude où poussent les lilas,
J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…— Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveilDe tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 14((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a tristement / lucide féminine, classiqueb préside / baîllement masculine, classiquea crâne / tombeau féminine, classiqueb beau / pavane masculine, classiquea las / rêve féminine, classiqueb lilas / s’élève masculine, classiqueb l’éveil / soleil féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources