Poésies, 1887
Les fleurs
Des avalanches d’or du vieil azur, au jourPremier et de la neige éternelle des astresJadis tu détachas les grands calices pourLa terre jeune encore et vierge de désastres,
Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin,Et ce divin laurier des âmes exiléesVermeil comme le pur orteil du séraphinQue rougit la pudeur des aurores foulées,
L’hyacinthe, le myrte à l’adorable éclairEt, pareille à la chair de la femme, la roseCruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,Celle qu’un sang farouche et radieux arrose !
Et tu fis la blancheur sanglotante des lysQui roulant sur des mers de soupirs qu’elle effleureÀ travers l’encens bleu des horizons pâlisMonte rêveusement vers la lune qui pleure !
Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,Notre dame, hosannah du jardin de nos limbes !Et finisse l’écho par les célestes soirs,Extase des regards, scintillement des nimbes !
Ô Mère, qui créas en ton sein juste et fort,Calices balançant la future fiole,De grandes fleurs avec la balsamique MortPour le poëte las que la vie étiole.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eff egg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a jour / pour féminine, classiqueb astres / désastres masculine, classiquea fin / séraphin féminine, classiqueb exilées / foulées masculine, classiquea éclair / arrose féminine, classiqueb rose / clair masculine, classiquea lys / effleure masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources