Des vers, 1868‑1880· Appendice· Vers inédits
L’espérance et le doute
Lorsque le grand Colomb,‖ penché sur l’eau profonde,A travers l’Océan‖ crut entrevoir un monde,Les peuples souriaient‖ et ne le croyaient pas.Et pourtant, il partit‖ pour ces lointains climats ;Il partit, calme et fort,‖ ignorant quelle étoileDans les obscures nuits‖ pourrait guider sa voile,Sur quels gouffres sans fond‖ allaient errer ses pas,Quels écueils lui gardait‖ la mer immense et nue,Où chercher par les flots‖ cette terre inconnue,Et comment revenir‖ s’il ne la trouvait pas.
Parfois il s’arrêtait,‖ las de chercher la rive,De voir toujours la mer‖ et rien à l’horizon,Et les vents et les flots‖ jetaient à la dériveA travers l’Océan‖ sa voile et sa raison.
Comme Colomb, rêvant‖ à de lointaines grèves,Que d’autres sont partis,‖ le cœur joyeux et fort,Car un vent parfumé‖ les poussait loin du portAux pays merveilleux‖ où fleurissent les rêves.L’avenir souriait‖ dans un songe d’orgueil,
La gloire les guidait,‖ étoile éblouissante,Et comme une Sirène,‖ avec sa voix puissante,L’Espérance chantait,‖ embusquée à l’écueil.
Mais la vague bientôt‖ croule comme une voûte,Et devant l’ouragan‖ chacun fuit sans espoir,Car le Doute a passé,‖ grand nuage au flanc noir,Sur l’astre étincelant‖ qui leur montrait la route.
Paris, 1871.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[aa] 4[abba] 1[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a profonde / monde féminine, classiqueb pas / climats masculine, classiquec étoile / voile féminine, classiqued pas masculine, classiquee nue / inconnue féminine, classiquea rive / dérive féminine, classiqueb l’horizon / raison masculine, classiquea grèves / rêves féminine, classiqueb fort / port masculine, classiquec d’orgueil / l’écueil masculine, classiquea éblouissante / puissante féminine, classiquea voûte / route féminine, classiqueb espoir / noir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, LOUIS CONNARD LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1908· numérisation ÉFÉLÉ· Sources