Poëmes, 1855
Sonnet
À Leconte De Lisle
J'ai lu, je ne sais où,‖ la légende amoureuseDe Raymond Lulle. On dit‖ qu'un jour il rencontraUne femme fort belle,‖ et l'amour pénétraDans son cœur calme et vint‖ troubler sa vie heureuse.
Il quitta, comme Faust,‖ la route ténébreuseDe l'austère science,‖ et son amour duraJusqu'au jour où l'objet‖ qu'il aimait lui montraUn sein que dévorait‖ une lèpre hideuse.
Miroirs de volupté,‖ beaux lacs aux flots d'azur,Où se cache toujours‖ quelque reptile impur,Anges d'illusion,‖ démons aux corps de femme,
Sirènes et Circés,‖ qu'il est triste le jourOù, pour guérir nos cœurs‖ des poisons de l'amour,Vous nous montrez à nu‖ la lèpre de vos âmes !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a amoureuse / heureuse féminine, classiqueb rencontra / pénétra masculine, classiquea ténébreuse / hideuse féminine, classiqueb dura / montra masculine, classiquea d'azur / impur masculine, classiqueb femme / âmes féminine, non classiquea jour / l'amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poëmes, Paris, Charpentier, libraire-éditeur, 1863· numérisation poesies.net· Sources