Contes Épiques, 1876
La Charité
Sans relâche, depuis‖ mille et huit cents années,Sous tous les ciels, le long‖ des routes étonnéesDe ce passant ancien‖ qui revenait toujours,Ahasvérus marchait,‖ la tête et les pieds lourds.L'antique lassitude‖ écrasait ce pauvre homme ;Et, tandis que, sans halte‖ et sans espoir de somme,Il se traînait comme un‖ blessé qui voudrait fuir,Cinq sous tintaient dans son‖ escarcelle de cuir.
Un jour, il gravissait‖ une côte, en Norwège.La barbe dans la bise‖ et les pieds dans la neige,Il cria vers les cieux,‖ marcheur désespéré :« Qu'il sera doux, le roc‖ où je m'endormirai,Dût la neige y glacer‖ la sueur de ma face !Dieu qui me châtias,‖ n'est-il donc rien qui fasseQue je puisse m'asseoir,‖ ô Dieu bon, et mourir ? »
En ce moment, non loin‖ du Juif las de souffrir,Un mendiant passait,‖ blanc vieillard qui chancelle.Ahasvérus tendit‖ au vieux son escarcelleEt lui mit son manteau‖ sur l'épaule en marchant.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 10((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a années / étonnées féminine, classiqueb toujours / lourds masculine, classiquec homme / somme féminine, classiqued fuir / cuir masculine, classiquea Norwège / neige féminine, classiqueb désespéré / m'endormirai masculine, non classiquec face / fasse féminine, équivalented mourir / souffrir masculine, classiqueb chancelle / escarcelle féminine, classiquec marchant / sur-le-champ masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Conts épiques, Paris, Paul Ollendorf, 1885· numérisation poesies.net· Sources