Contes Épiques, 1876
Le Lion
Comme elle était chrétienne‖ et n'avait pas voulu,Pour de vains dieux d'argile‖ ou de bois vermoulu,Allumer de l'encens‖ ni célébrer des fêtes,Le préteur ordonna‖ de la livrer aux bêtes ;Et comme elle était jeune‖ et vierge, et rougissaitQuand l'œil du juge impur‖ sur elle se fixait,Une clause formelle‖ en l'édit contenuePrécisa qu'au supplice‖ on la livrerait nue.Nue, et le sein voilé‖ de ses chastes cheveux,Elle entra dans le cirque.
En quatre bonds nerveuxUn lion famélique‖ et rugissant de joieJaillit de la carcère‖ et vint flairer la proie.Le peuple regardait,‖ étrangement jaloux,Palpiter ce corps blanc‖ près de ce muffle roux.Et montrait, allumé‖ d'une affreuse luxure,Des rictus de baiser,‖ peut-être de morsure.Elle, chaste, tirait‖ ses cheveux sur son sein.
Cependant le lion,‖ instinctif assassin,Entrebâillait déjà‖ sa gueule carnassière.
Alors, dans la poussièreOn le vit se coucher,‖ doux et silencieux ;Et comme elle était nue,‖ il ferma les deux yeux.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 11((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a voulu / vermoulu masculine, classiqueb fêtes / bêtes féminine, classiquec rougissait / fixait masculine, classiqued contenue / nue féminine, classiquee cheveux / cirque / nerveux masculine, classiqueb joie / proie féminine, classiquec jaloux / roux masculine, classiqued luxure / morsure féminine, classiquee sein / assassin masculine, classiqueb carnassière / chrétienne / poussière féminine, classiqueb silencieux / yeux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Conts épiques, Paris, Paul Ollendorf, 1885· numérisation poesies.net· Sources