Les Triolets des Parisiennes de Paris, 1900
Triolets des petites parisiennes
Qu'elle marche, ne marche pas,Rien ne vaut la Parisienne.Quand elle marche, on boit ses pas,Qu'elle marche, ne marche pasOn ferait ses quatre repas,De l'insigne magicienne.Qu'elle marche, ne marche pas,Rien ne vaut la Parisienne.
Elle va, vient comme un oiseau,Elle est mignonne, exquise et rareDe la cheville au frais museau.Elle va, vient comme un oiseau,Elle a, fine comme un roseau,Le sein en marbre de Carrare.Elle va, vient comme un oiseau,Elle est mignonne, exquise et rare.
On la connaît rien qu'à ses yeux,Très souvent noirs quand elle est blonde,Méchants jamais, malicieux.On la connaît rien qu'à ses yeux,Moqueurs, riants ou soucieux,Toujours les plus plaisants du monde.On la connaît rien qu'à ses yeux,Très souvent noirs quand elle est blonde.
L'étoile des yeux de ParisEst une bien jolie étoile,Qu'ils soient bruns ou noirs, bleus ou gris,L'étoile des yeux de Paris.C'est dans mon cœur un parti pris,Un goût d'amour que je dévoile.L'étoile des yeux de ParisEst une bien jolie étoile.
Pour elle l'esprit n'est qu'un jeu,Le mot drôle luit et s'envole.A ses lèvres nous prenons feu.Pour elle l'esprit n'est qu'un jeu.Il ne lui manque, grâce à Dieu,Ni la langue, ni la parolePour elle l'esprit n'est qu'un jeu,Le mot drôle luit et s'envole.
Tout en elle est clair et mignonEt sa grâce nous cherche noise ;Des bottines jusqu'au chignon,Tout en elle est clair et mignon.L'astre n'est plus qu'un lumignon,Qu'il soit d'ailleurs ou de Pontoise.Tout en elle est clair et mignonEt sa grâce nous cherche noise.
Trois fleurs, et voilà son chapeauQu'elle invente et fait elle-même,Et qui sied au grain de sa peau.Trois fleurs et voilà son chapeau.On se rallie à ce drapeau ;Sa devise est : « Qui me suit m'aime ! »Trois fleurs, et voilà son chapeauQu'elle invente et fait elle-même.
Elle s'habille d'un couponDe rien du tout qui la fait reine.Le plus brave devient capon.Elle s'habille d'un coupon.La voix timide du chaponDéplaît à cette souveraine.Elle s'habille d'un couponDe rien du tout qui la fait reine.
Elle se déshabille aussi,Bien plus gentiment que les autres,O mon amour et mon souci !Elle se déshabille aussi.Heureux celui-là, celui-ci,Qui n'a de baisers que les vôtres,Elle se déshabille aussiBien plus gentiment que les autres.
Versification
- Forme
- 9 triolets (strophes variées)
- Rimes
- 9(ABaAabAB)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 triolets
- Mots à la rime
- a pas masculine, classiqueb Parisienne / magicienne féminine, classiquec pas / repas masculine, classiquea oiseau / museau masculine, classiqueb rare / Carrare féminine, classiquec oiseau / roseau masculine, classiquea yeux / malicieux masculine, classiqueb blonde / monde féminine, classiquec yeux / soucieux masculine, classiquea Paris / gris masculine, classiqueb étoile / dévoile féminine, classiquec Paris / pris masculine, classiquea jeu / feu masculine, classiqueb s'envole / parole féminine, classiquec jeu / Dieu masculine, classiquea mignon / chignon masculine, classiqueb noise / Pontoise féminine, classiquec mignon / lumignon masculine, classiquea chapeau / peau masculine, classiqueb elle-même / m'aime féminine, classiquec chapeau / drapeau masculine, classiquea coupon / capon masculine, classiqueb reine / souveraine féminine, classiquec coupon / chapon masculine, classiquea aussi / souci masculine, classiqueb autres / vôtres féminine, classiquec aussi / celui-ci masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
72 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Triolets des Parisiennes de Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1900· numérisation wikisource.org· Sources