Petits Poèmes d’Automne, 1895· Amour d’automne
XII. « Je ne sais plus par quelle contrée »
Je ne sais‖ plus par quelle contréeD’étoiles et de roses‖ de luneJe t’ai perdue en cette‖ vespréeOù nos voix se‖ turent l'une après l’une.
Au loin, c’est‖ comme un murmure d’ondesCoulant vers une mer‖ inconnue.
Nos yeux suivaient le rêve‖ des mondes,Et notre âme‖ attendait la venueDu Christ ou‖ de la Vierge MarieDans les roses de lune‖ et les étoiles.
Au loin, le‖ vent, comme un Dieu qui prie,Souffle vers‖ la mer l’essor des voiles.
Nos mains cherchaient l'ancienne‖ caresseEt nos lèvres la vieille‖ parole ;Mais nos gestes étaient‖ de détresse,Et nos mots tels‖ un oiseau qui s’envole.
Au loin, comme des oublis, les feuillesVoguent vers la mer où‖ dort l’automne.
Ses yeux et‖ ses lèvres que tu cueilles,Dieu d’hiver‖ dont le soleil s’étonne,Refleuriront-ils comme‖ les rosesEt les étoiles que‖ nous aimâmes ?
Au loin, l’air‖ est plein de voix morosesEt la mer‖ chante la mort des âmes.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 6[abab]
- Mètre
- Ennéasyllabes et décasyllabes (21 de 9, 3 de 10)· profil 3÷6, 4=6
- Mots à la rime
- a contrée / vesprée féminine, classiqueb lune / l’une féminine, classiquea d’ondes / mondes féminine, classiqueb inconnue / venue féminine, classiquec Marie / prie féminine, classiqued étoiles / voiles féminine, classiquea caresse / détresse féminine, classiqueb parole / s’envole féminine, classiquea feuilles / cueilles féminine, classiqueb l’automne / s’étonne féminine, classiquec roses / moroses féminine, classiqued aimâmes / âmes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources