Petits Poèmes d’Automne, 1895· Âme d’automne
VI. « Je suis ce roi des anciens temps »
Je suis ce roi des anciens tempsDont la cité dort sous la merAux chocs sourds des cloches de ferQui sonnèrent trop de printemps.
Je crois savoir des noms de reinesDéfuntes depuis tant d’années,O mon âme ! et des fleurs fanéesSemblent tomber des nuits sereines.
Les vaisseaux lourds de mon trésorOnt tous sombré je ne sais où,Et désormais je suis le fouQui cherche sur les flots son or.
Pourquoi vouloir la vieille gloireSous les noirs étendards des villesOù tant de barbares servilesHurlaient aux astres ma victoire ?
Avec la lune sur mes yeuxCalmes, et l'épée à la main,J’attends luire le lendemainQui tracera mon signe aux cieux.
Pourtant l’espoir de la conquêteMe gonfle le cœur de ses rages :Ai-je entendu, vainqueur des âges,Des trompettes dans la tempête ?
Ou sont-ce les cloches de ferQui sonnèrent trop de printemps ?Je suis ce roi des anciens tempsDont la cité dort sous la mer.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a temps / printemps masculine, classiqueb mer / fer masculine, classiquea reines / sereines féminine, classiqueb d’années / fanées féminine, classiquea trésor / or masculine, classiqueb où / fou masculine, classiquea gloire / victoire féminine, classiqueb villes / serviles féminine, classiquea yeux / cieux masculine, classiqueb main / lendemain masculine, classiquea conquête / tempête féminine, classiqueb rages / âges féminine, classiquea fer / mer masculine, classiqueb printemps / temps masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources