Petits Poèmes d’Automne, 1895· Âme d’automne
VII. « Je suis mort au bord de la grève »
Je suis mort au bord de la grèveD’un pays dont je fus roiLas moi ! qu’ai-je trompé le rêveDes blancs guerriers le la foi ?
Leurs trompettes d’or dans l’automneTonnent, et leurs cris de deuilVibrent dans le vent monotoneQui souffle sur mon cercueil.
Dans ma main se rouille l’épéeQui flamba sur maints combatsQuand les chantres de l’épopéeSuivaient l’éclair de mes pas.
Tout est fini. La RenomméeNe sacrera plus ce frontDes fraîches palmes d’IduméeQui sauvent de tout affront.
Et les vierges qui par les routesSemaient sous mon char des lys,Je crois qu’elles vont s’enfuir toutes,Riant des jours de jadis.
Pourquoi pleurer les infidèlesEn mon éternel sommeil ?Je sais que quand les hirondellesVoleront vers le soleil,
Ta viendras, ô Reine du rêve,De l’hiver des mers du Nord,Ravir mon âme vers la grèveOù tout souvenir s'endort.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes et octosyllabes (14 de 7, 14 de 8)· profil 7, 8
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a grève / rêve féminine, classiqueb roi / foi masculine, classiquea l’automne / monotone féminine, classiqueb deuil / cercueil masculine, classiquea l’épée / l’épopée féminine, classiqueb combats / pas masculine, classiquea Renommée / d’Idumée féminine, classiqueb front / affront masculine, classiquea routes / toutes féminine, classiqueb lys / jadis masculine, classiquea infidèles / hirondelles féminine, classiqueb sommeil / soleil masculine, classiquea rêve / grève féminine, classiqueb Nord / s'endort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources