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un seul est le mot juste.

Petits Poèmes d’Automne, 1895· Âme d’automne

XIII. « Rouge en la cathèdre royale »

Stuart Merrill· 12 quatrains, octosyllabes, 48 vers

Rouge en la cathèdre royaleParmi les trompettes de fer,Elle impose en reine d’enferSes lois à la gent déloyale.

D'un bandeau de pourpre à clous d’orS’écroule l’azur de ses bouclesJusqu’à ses doigts lourds d’escarbouclesQui serrent la clef du trésor.

Sur sa simarre à larges barresRayonne au soleil des orfroisLe féroce blason des roisQui massacrèrent les barbares.

Dans la salle des étendardsC’est soir d’affolante épouvante ;Sur les routes il pleut et vente,Au gibet dansent les pendards.

Une trompette sonne et tonneAu haut de la tour du manoir,Et l'on entend au fond du noirLes pas du bourreau qui l'étonne.

Ce qu’oyant, le fou de la cour,Dont tinte en tremblant la marotte,Chante de sa voix qui chevroteUn ancien virelai d’amour.

Sur la couche à lourdes courtinesQue froisse son singe badin,La Reine étrangle un baladinDe ses étreintes serpentines.

Dans l’ombre des couloirs couvertsD’où jaillit un éclair de baguesSifflent, hors des fourreaux, les daguesDes pages pervers aux yeux verts.

Et les flambeaux chus des pilastresOnt mis feu, sous le veut des pas,Aux plis frissonnants des lampasFleuris d'or comme les vieux astres.

C’est la révolte et les bûchersEn la nuit de la décadenceOù le peuple aux yeux jaunes danseAutour du tocsin des clochers.

Et du haut d’une hallebardeOù s’enroule un obscène écrit,La tète de la Reine ritAux crachats sanglants de sa garde ;

Rit ! car en le secret trésorQu'ont à jamais sacré les flammes,Sous la cendre des oriflammesResplendit sa couronne d'or !

Versification

Forme
12 quatrains (quatrains)
Rimes
12(abba)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
12 quatrains
Mots à la rime
a royale / déloyale féminine, classiqueb fer / d’enfer masculine, classiquea d’or / trésor masculine, classiqueb boucles / d’escarboucles féminine, classiquea barres / barbares féminine, classiqueb orfrois / rois masculine, classiquea étendards / pendards masculine, classiqueb épouvante / vente féminine, classiquea tonne / l'étonne féminine, classiqueb manoir / noir masculine, classiquea cour / d’amour masculine, classiqueb marotte / chevrote féminine, classiquea courtines / serpentines féminine, classiqueb badin / baladin masculine, classiquea couverts / verts masculine, classiqueb bagues / dagues féminine, classiquea pilastres / astres féminine, classiqueb pas / lampas masculine, classiquea bûchers / clochers masculine, classiqueb décadence / danse féminine, classiquea hallebarde / garde féminine, classiqueb écrit / rit masculine, classiquea trésor / d'or masculine, classiqueb flammes / oriflammes féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

48 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources