Petits Poèmes d’Automne, 1895· Amour d’automne
VI. « — Viens, très douce, rêver aux heure »
— Viens, très douce, rêver aux heure.Où nous effeuillâmes les lysAu clair de la lune. Tu pleures ?
— Je fus la fille du roi d'Ys,Mon amant, et je sais à peineCe que nous nous dîmes, jadis.
— N’es-tu pas la petite reineQui s’en venait, chantant tout bas,Mirer ses yeux en la fontaine ?
— Si légers devaient choir mes pasSur le givre des nuits d’automne,Que tu ne les entendis pas.
— Hélas ! mais sa voix monotoneÉtait la tienne, et ses chers yeuxAvaient ton regard qui s’étonne.
— Dupe ! Par une loi des dieuxLa cité n’est plus sur la dune,Et je vais vers de nouveaux cieux.
— Pourtant je sais que j’aimais uneQui parlait ainsi de malheursEn lançant des lys à la lune.
— O toi qui te souviens, ces pleursSont le signe en effet de celleQui survit à la mort des fleurs.
— Je savais bien que tu fus elle,Avec ta peur des lendemains,Cet air mortel qui m’ensorcelle,
Versification
- Forme
- Terza rima classique (terza rima)
- Rimes
- 9(aba) b
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a heure / pleures féminine, non classiqueb lys / d'Ys / jadis masculine, classiqueb peine / reine / fontaine féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiqueb d’automne / monotone / s’étonne féminine, classiqueb yeux / dieux / cieux masculine, classiqueb dune / une / lune féminine, classiqueb malheurs / pleurs / fleurs masculine, classiqueb celle / elle / m’ensorcelle féminine, classiqueb lendemains / mains masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources