Œuvres, 1890· Poésie
Tristesse De Septembre
À madame Élisabeth Dayre
Quand le vent automnal‖ sonne le deuil des chênes,Je sens en moi, non le‖ regret du clair été,Mais l’ineffable horreur‖ des floraisons prochaines.
C’est par l’avril futur‖ que je suis attristé ;Et je plains les forêts‖ puissantes, condamnéesA verdir tous les ans‖ pendant l’éternité.
Car, depuis des milliers‖ innombrables d’années,Ce sont des blés pareils‖ et de pareilles fleurs,Invariablement‖ écloses et fanées ;
Ce sont les mêmes vents‖ susurrants ou hurleurs,La même odeur parmi‖ les herbes reverdies,Et les mêmes baisers‖ et les mêmes douleurs.
Maintenant les forêts‖ vont s’endormir, raidiesPar les givres, pour leur‖ sommeil de peu d’instants.Puis, sur l’immensité‖ des plaines engourdies,
Sur la rigidité‖ blanche des grands étangs,Je verrai reparaître‖ à l’heure convenue —Comme un fantôme‖ impitoyable — le printemps ;
Versification
- Forme
- Terza rima classique (terza rima)
- Rimes
- 6(aba) b
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a chênes / prochaines féminine, classiqueb été / attristé / l’éternité masculine, classiqueb condamnées / d’années / fanées féminine, classiqueb fleurs / hurleurs / douleurs masculine, classiqueb reverdies / raidies / engourdies féminine, classiqueb d’instants / étangs / printemps masculine, classiqueb convenue / inconnue féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
19 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, édition Lemerre, 1890· numérisation poesies.net· Sources