Poésies, 1801‑1815· Poëmes
Emma et Éginard
Muse d'amour‖ et de mélancolie,Qui, dédaignant‖ les frivoles concertsDu luth badin‖ monté par la Folie,Cherches au loin,‖ rêveuse et recueillie,L'ombre des bois‖ et la paix des déserts,Inspire-moi !‖ Rends ma voix douce et pureComme les flots‖ du ruisseau qui murmure !Or, écoutez,‖ cœurs tendres, cœurs aimants !Mon fabliau,‖ de deux jeunes amants,Va vous conter‖ la touchante aventure,Et d'un grand roi‖ qu'admire l'universLe nom fameux‖ ennoblira mes vers.
Partout vainqueur,‖ le puissant CharlemagneAvait enfin‖ écrasé tout entierCe Vitikind,‖ l'aigle de l'Allemagne,D'Arminius‖ ce terrible héritier.Laissant enfin‖ respirer la victoire,Le grand monarque,‖ au milieu de sa gloire,Goûtait dans Aix‖ un repos fortuné.De paladins‖ sans cesse environné,Aux jeux guerriers‖ il formait leurs courages :Tantôt, des bois‖ parcourant les ombrages,Il renversait‖ sous un épieu sanglant .Le daim rapide‖ et le chevreuil tremblant,Les sangliers‖ et les buffles sauvages ;Tantôt dressait‖ sur le terrain poudreuxLes destriers‖ réservés aux batailles ;Tantôt fendait‖ de ses bras vigoureuxLe flot captif‖ en des bassins nombreux ;Ou plus tranquille,‖ au sein de ses murailles,Interrogeait‖ du Celte et du GauloisLes simples mœurs‖ et les naïves lois.Il reproduit‖ ces hymnes inspiréesQui sur la harpe,‖ aux vieux jours d'Israël,Montaient vers Dieu‖ des hauteurs du Carmel,Et du Jourdain‖ charmaient les eaux sacrées.Autour de lui‖ les arts obéissantsOnt prodigué‖ les travaux renaissants :Des tiers Romains‖ la noble architectureVient décorer‖ la demeure des rois,De la chapelle‖ étend la voûte obscure,L'arceau gothique‖ et les parvis étroits.Par cent canaux‖ cette onde sulfureuseQue lentement‖ jaunirent les métaux,Multipliant‖ sa vertu généreuse,Soutient la vie,‖ et détourne les maux.Tout se revêt‖ d'une pompe inconnue :La tour s'allonge‖ et monte dans la nue ;Le cirque s'ouvre‖ en son immensité ;Où s'enfonçaient‖ de profondes tanières,Du pavillon‖ s'agitent les bannières,Et le désert‖ se transforme en cité.Digne ornement‖ de la cour paternelle,La jeune Emma,‖ si naïve et si belle,Depuis six mois‖ brillait dans ce séjour.Princes et rots‖ vont la priant d'amour.Par des hauts faits‖ et de grands coups de lance,Maint chevalier‖ sollicite son choix,Et, prodiguant‖ carrousels et tournois,Sous ses couleurs‖ dans les joules s'élanceVœux superflus !‖ Éginard a charméCe cœur sans art‖ qui s'ignorait encore.Humble est sou nom,‖ mais l'honneur le décore :Il est aimable,‖ il aime, il est aimé.
Sujet zélé‖ d'un prince magnanime,De Charlemagne‖ il a toute l'estime.Soit au conseil,‖ soit au champ des combats,Il suit partout‖ ce maître qu'il révère,Et tour à tour‖ du glaive arme son bras,Et de Clio‖ lient la plume sévère.
Tant que brillait‖ l'astre enflammé du jour,Des deux amants‖ la tendresse captiveTrompait les yeux‖ d'une cour attentive ;Le froid respect‖ déguisait leur amour.( Amour caché‖ devient encor plus tendre. )Mais quand des nuits‖ le crêpe allait s'étendre,Emma fuyait‖ le royal appareil,Et regagnait‖ l'asile du sommeil.Là, chaque soir,‖ vers cet humble ermitage,Que des jardins‖ protégeait le feuillage,Sous les balcons,‖ Éginard de retourLui racontait‖ les longs ennuis du jour ;EL dans l'espoir‖ d'un consolant mensonge,Ils se quittaient‖ pour se revoir en songe.
Oh ! que le jour‖ s'écoulait lentement !Quand le soleil‖ sur la nature entièreDarde ses feux,‖ Éginard tristementAccuse, hélas !‖ sa jalouse lumière.Astre plus doux,‖ astre pâle et charmant !Sur l'univers‖ il t'invite à descendre,Et par ce chant‖ mélancolique et tendreSa voix t'invoque‖ et te dit son tourment :
Heure du soir !‖ heure paisible et sombre,Descends des cieux‖ sur ton char nébuleux !Du jour trop lent‖ viens éteindre les feux,Et verse-nous‖ les bienfaits de ton ombre !Pour qui d'absence‖ a gémi tout le jour,Heure du soir‖ est aurore d'amour.
Dos qu'entr'ouvrant‖ la porte orientaleL'aube vermeille‖ a réjoui les cieux,Do nos forêts‖ l'hôte mélodieuxVient saluer‖ l'étoile matinale ;Mais, pour deux cœurs‖ séparés tout le jour,Heure du soir‖ est aurore d'amour.
L'astre éclatant,‖ sur son trône de flamme,Des nuits en vain‖ bannit l'obscurité ;Quand sur le monde‖ il répand sa clarté,L'ombre des nuits‖ est en cor dans mon âme.Pour un amant‖ qui languit tout le jour,Heure du soir‖ est aurore d'amour.
Trois fois déjà‖ la nocturne courrièreAvait rempli‖ sa paisible carrière ;Au front des cieux,‖ le troisième croissantArrondissait‖ son disque pâlissant,Depuis qu'Amour‖ d'une chaîne fleurieAvait uni‖ ces fidèles amants,Et que du soir‖ l'ombre douce et chérieFavorisait‖ leurs rendez-vous charmants.Voilà qu'un jour,‖ jour de gloire et d'alarmes, .Du jeune amant‖ le roi s'approche et dit :« Brave Éginard,‖ cours préparer tes armes !De mon repos‖ Irène s'enhardit ;J'ai pénétré‖ sa sombre politique.Le froid Germain,‖ l'orgueilleux Bavarois,Le fier Saxon,‖ terrassé tant de fois,Vendent leurs bras‖ à sa querelle antique ;Et l'habitant‖ des bords de la Baltique,Et d'Attila‖ le descendant grossier,A ses destins‖ viennent s'associerTous périront.‖ Point de paix, point de trêve !Je n'aurai pas‖ en vain repris le glaive.A ta valeur,‖ à ton zèle assidu,Brave Éginard,‖ un noble prix est dû ;Viens l'obtenir :‖ aux champs de la victoire,Je te promets‖ les périls et la gloire. »Il dit, s'éloigne :‖ Éginard confonduReste sans voix ;‖ sa douleur est tranquille.Morne et pensif,‖ il demeure immobile,Pareil au flot‖ durci par les hivers,Et dans ses yeux‖ roulent des pleurs amers.Quitter Emma !‖ languir séparé d'elle !Dans ses faveurs‖ que la gloire est cruelle !L'espoir si doux‖ de revenir vainqueurEn d'autres temps‖ eût enivré son cœur ;Mais juge, Emma,‖ si sa flamme est sincère !Môme à la gloire‖ Éginard te préfère.Le lendemain,‖ dès le réveil du jour,S'est déployé‖ l'étendard des conquêtes ;Et Charlemagne‖ au milieu de sa courA des combats‖ prélude par des fêtes.De toutes parts‖ brillent les boucliers ;De toutes parts‖ les jeunes chevaliers,Rêvant déjà‖ les hautes aventures,L'œil enflammé,‖ polissent leurs armures.La lance au poing,‖ l'un exerce en champ closSon destrier‖ fatigué du repos ;L'autre, aux caveaux‖ des vieilles basiliques,De ses aïeux‖ vient toucher les reliques,Ou visiter‖ la tombe des héros.
Loin des regards,‖ beautés mélancoliques !Vous achevez,‖ en les baignant de pleurs,Les tendres nœuds‖ de rubans et de fleurs,De nœuds plus doux‖ images symboliques.Plus d'une aussi,‖ pour l'ami de son cœur,Porte une offrande‖ à la sainte chapelle,Priant tout haut‖ qu'il revienne vainqueur,Priant tout bas‖ qu'il revienne fidèle.
Le ménestrel‖ commence ses chansons.Du flageolet,‖ de la tendre guitarePour les héros‖ il renforce les sons,Et sa romance‖ au combat les prépare :
Preux chevaliers,‖ honneur du vieux pavois !De Charlemagne‖ entendez-vous la voix ?Servants d'amour,‖ la guerre vous réclame.Que chacun s'arme,‖ et défende à la foisSon Dieu, son roi,‖ son pays et sa dame.
Lance en arrêt,‖ marchez, vaillants rivaux !Le fier Roland‖ préside à vos travaux,Le fier Roland‖ qui rendit sa grande ÂmeEn détendant,‖ aux champs de Roncevaux,Son Dieu . son roi,‖ son pays et sa dame.
Vous reviendrez‖ briller dans les tournois ;Les ménestrels‖ rediront vos exploits ;Et vous verrez‖ celle qui vous enflammePresser la main‖ qui servit à la foisSon Dieu, son roi,‖ son pays et sa dame.
Les cris du brave‖ et l'hymne des combats,Triste Éginard,‖ ne te raniment pas ;Et leur signal‖ redouble encor tes larmes.Tel un coursier‖ qu'amour vient assaillir.Mort pour la gloire,‖ entend sans tressaillirL'aigre clairon‖ qui l'appelle aux alarmes :Tel Éginard‖ languit au bruit des armes.N'importe, hélas !‖ il faut partir DemainDe la Baltique‖ il suivra le chemin.
De son départ‖ l'affligeante nouvelleN'a point encor‖ d'une amante fidèleDéchiré l'âme :‖ heureuse par l'espoir,Elle attendait‖ le rendez-vous du soir.
C'était aux jours‖ où le printemps frissonne,Craignant l'hiver‖ qui revient quelquefoisD'une main brusque‖ arracher sa couronne.De la tempête‖ au loin mugit la voix,Et dans les airs‖ l'ouragan tourbillonne.Éginard, seul,‖ au vaste sein des nuits,Marche escorté‖ de ses muets ennuis,Et la nature,‖ un moment gémissante,A ses douleurs‖ semble compatissante.
Des lieux aimés‖ s'approchant lentement,Il les regarde,‖ et s'arrête, et soupire.« O mon Emma !‖… n dit-il : sa voix expire.Emma lui parle,‖ et parle vainement ;De l'aquilon‖ le long rugissementCouvre à grand bruit‖ le faible et doux langage.« Ta voix chérie‖ expire dans l'orage,Crie Éginard ;‖ l'ouragan sans pitiéDe tes accents‖ me ravit la moitié.Oh ! laisse-moi‖ de ta retraite obscureFranchir le seuil‖ d'un pied respectueux.Comme ton cœur‖ ma flamme est noble et pure :Amour sincère‖ est toujours vertueux. »Emma l'écoute,‖ hésite… la tempêteGronde en fureur ;‖ Éginard sur sa têteEntend rouler‖ les vents impétueux.D'épais frimas‖ la bruyère se couvre.Emma le plaint.‖ La porte enfin s'entr'ouvre,Et la pudeur‖ se confie à l'amour.
Peindrai-je, Emma,‖ ton paisible séjour ?Des saints martyrs‖ les figures gothiquesOrnent des murs‖ les pilastres antiques ;Le chapelet,‖ et l'eau sainte, et la croix,Sont suspendus‖ aux modestes parois.Vierge du ciel !‖ ton image chérieEst pour Emma‖ le plus riche trésor :C'est devant toi,‖ douce et chaste Marie,Qu'à son réveil‖ chaque jour elle prie…Demain, hélas !‖ l'osera-t-elle encor ?Un seul flambeau,‖ qui, Je ses clartés sombres,Perce à demi‖ l'obscurité du soir,Luit doucement :‖ tel un rayon d'espoirDu noir chagrin‖ vient éclaircir les ombres ;Faible rayon‖ qui, pour quelques moments,A d'Éginard‖ suspendu les tourments !Qu'à ses regards‖ son Emma paraît belle !Ses yeux longtemps‖ restent fixés sur elle.Trouble enchanteur !‖ muets ravissements !Ils se parlaient‖ jusque dans leur silence,Car les soupirs‖ sont la voix des amants.
Mais Éginard‖ aux pieds d'Emma s'élance.De son Emma‖ sa main presse la main.Un souffle ardent‖ s'échappe de leur âme ;Il se confond,‖ et leurs lèvres de flammeSans se chercher‖ se rencontrent soudainDans tous leurs sens‖ court et se précipiteUn feu rapide.‖ Emma son sein palpite ;Elle rougit‖ et pâlit tour à tour.Une ombre humide,‖ un nuage d'amourVoile ses yeux ;‖ elle tremble, chancelle ;Mais tout à coup :‖ « Fuis, Éginard ! dit-elle,Pour ton Emma‖ montre-toi généreux.Fuis, Éginard,‖ sauve-moi de moi-même !— Te fuir, Emma !‖ te fuir !… Ah ! malheureux !Trop tôt, hélas !‖ je perdrai ce que j'aime ;Demain… — Qu'entends-je ?‖ — Hélas ! tel est mon sort,Demain je pars‖ à la voix de mon maître,Je cours chercher‖ la victoire ou la mort.Cet entretien‖ est le dernier peut-être. »Emma frissonne.‖ « Ah ! poursuit Éginard,Peut-on jamais‖ se séparer trop tard !O mon Emma !‖ que les feux de l'auroreA tes genoux‖ me retrouvent encore ! »
Ainsi parlait‖ Éginard éperdu.Emma se tait :‖ c'est avoir répondu.Son cœur pourtant‖ n'était pas sans alarmes,Et murmurait‖ des reproches confus.Un long baiser,‖ triste, mais plein de charmes,Fit sur sa bouche‖ expirer le refus,Et le bonheur‖ naquit du sein des larmes.
Ne craignez point‖ mes accords indiscrets,Couple amoureux !‖ ma lyre sait se taire :La poésie,‖ amante du mystère,Au dieu du jour‖ voilera vos secrets.Dans ces instants‖ d'ivresse renaissanteLes deux amants‖ oubliaient l'univers ;Et cependant‖ la neige éblouissanteAvec lenteur‖ descend du haut des airs.A peine aux cieux‖ la lumière est rendue,L'amant d'Emma,‖ sur la morne étendue,Silencieux,‖ fixe l'œil : « De mes pas,Dit-il enfin,‖ si l'empreinte perfideAllait guider‖ le soupçon trop rapide ? »Emma répond :‖ « A travers les frimas,Forte d'amour,‖ ne puis-je pas moi-mêmeLoin de ces lieux‖ porter celui que j'aime ?Viens, Éginard,‖ fuyons, ne tardons pas ! »Et, soulevant‖ son amant dans ses bras,En frissonnant‖ d'amour et d'épouvante,Elle l'emporte,‖ et la neige mouvanteCrie et fléchit‖ sous ses pieds délicats.Dans le trajet‖ l'amour les accompagne.Ils approchaient‖ du terme ; Charlemagne,Laissant errer‖ ses regards incertains,De l'Occident‖ méditait les destins.Il voit… Un songe,‖ une vaine chimère,L'abusent-ils ?‖ O trop malheureux père !Que feras-tu ?‖ Quel supplice assez promptSur Éginard‖ vengera ton affront ?
Lorsque le jour‖ eut coloré la nue,Les deux amants‖ par son ordre appelés,L'effroi dans l'âme,‖ interdits et troublés,Baissant les yeux,‖ paraissent à sa vue ;Et sur leur front‖ une vive couleurA remplacé‖ l'amoureuse pâleur.Il les regarde ;‖ et d'un accent sévère :« Levez les yeux,‖ répondez sans détour ;Je veux surtout,‖ je veux qu'on soit sincère :Si, possédé‖ d'un criminel amour,Un serviteur‖ d'une obscure naissanceCroyait pouvoir‖ avec impunitéTrahir l'honneur‖ et la reconnaissanceEt les saints nœuds‖ de l'hospitalitéSi cet ingrat,‖ .lâchement téméraire,Déshonorait‖ la fille de son roi,Prenez ma place,‖ et prononcez pour moi ;Au criminel‖ assignez son salaire,Parlez ! » Tous deux‖ embrassent ses genoux.« C'en est assez,‖ poursuit-il, levez-vous !Je vois l'arrêt‖ qu'il faut que je prononce :Dans un instant‖ vous saurez ma réponse. »Il sort. Emma,‖ d'une mourante voix :« Embrassons-nous‖ pour la dernière fois,Objet chéri‖ que j'ai rendu coupable !Dans un instant‖ on va nous séparer ;Et pour jamais.‖ — Ah ! plutôt expirer !Nous séparer !‖ non, rien n'en est capable ;Le tombeau seul‖ Si le ciel veut ma mort,O mon Emma !‖ par un dernier effort,Pour me pleurer‖ consens à me survivre,Et jure-moi —‖ Je jure de te suivre. »
Mais Charlemagne‖ est déjà de retour.Des paladins,‖ des barons de sa courA ses côtés‖ parait la noble élite.Tous, l'observant‖ d'un regard curieux,Cherchent en vain‖ sur son front sérieuxA démêler‖ quel projet il médite.La jeune Emma‖ captive aussi les yeux.Pudeur ! amour !‖ votre incarnat coloreSes traits charmants‖ de douleur obscurcis ;Et la douleur‖ les embellit encore.Le roi des preux‖ au trône s'est assis :« Nobles seigneurs,‖ compagnons de ma gloire,Vous me suivrez‖ aux champs de la victoire !Vous, Archambaut,‖ propagez toutefoisCe code utile,‖ ami de l'innocence,Dont j'ai dicté‖ les prévoyantes lois ;Et que mes lois‖ régnent en mon absence !Vous, Adelard,‖ par vos efforts constants,De l'ignorance‖ écartez les nuages ;Éclairez-nous‖ des flambeaux que les sagesOnt allumés‖ sur la route des temps !Vous tous, du Dieu‖ que l'univers adoreParez le temple‖ et parfumez l'autel ;Que l'hymne saint,‖ plus solennel encore,Arrive au pied‖ de son trône immortel !Rendons le ciel‖ à nos armes propicePar la valeur,‖ surtout par la justice.Juste est l'arrêt‖ que je vais prononcer ;Je sais punir ;‖ je sais récompenser.A mes bienfaits‖ si quelqu'un doit prétendre,C'est Éginard !‖ Éginard, sois mon gendre ! »Les chevaliers,‖ jaloux d'un tel honneur,Mais conservant‖ loyauté pour devise,Confessent tous‖ avec grâce et franchiseQue leur rival‖ mérite son bonheur.L'heureux coupable‖ et sa douce compagneViennent baiser‖ la main de Charlemagne,Non sans rougir ;‖ et dès le même jourLe chaste hymen‖ consacra leur amour.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[abaab] 5[aabba] 67[aa] 19[abab] 19[abba] 3[abbaa] 2[aabab] 1[ababb] 2[ababa] 1[ababccb] 1[abbab]
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- a mélancolie / Folie / recueillie féminine, classiqueb concerts / déserts masculine, classiquec pure / murmure / aventure féminine, classiqued aimants / amants masculine, classiquee l'univers / vers masculine, classiquea Charlemagne / l'Allemagne féminine, classiqueb entier / héritier masculine, classiquec victoire / gloire féminine, classiqued fortuné / environné masculine, classiquee courages / ombrages / sauvages féminine, classiquef sanglant / tremblant masculine, classiqueg poudreux / vigoureux / nombreux masculine, classiqueh batailles / murailles féminine, classiquei Gaulois / lois masculine, classiquej inspirées / sacrées féminine, classiquek d'Israël / Carmel masculine, classiquel obéissants / renaissants masculine, classiquem architecture / obscure féminine, classiquen rois / étroits masculine, classiqueo sulfureuse / généreuse féminine, classiquep métaux / maux masculine, classiqueq inconnue / nue féminine, classiquer immensité / cité masculine, classiques tanières / bannières féminine, classiquet paternelle / belle féminine, classiqueu séjour / d'amour masculine, classiquev lance / s'élance féminine, classiquew choix / tournois masculine, classiquex charmé / aimé masculine, classiquey encore / décore féminine, classiquea magnanime / l'estime féminine, classiqueb combats / bras masculine, classiquec révère / sévère féminine, classiquea jour / amour masculine, classiqueb captive / attentive féminine, classiquec tendre / s'étendre féminine, classiqued appareil / sommeil masculine, classiquee ermitage / feuillage féminine, classiquef retour / jour masculine, classiqueg mensonge / songe féminine, classiquea lentement / tristement masculine, classiqueb entière / lumière féminine, classiquec charmant / tourment masculine, classiqued descendre / tendre féminine, classiquea sombre / ombre féminine, classiqueb nébuleux / feux masculine, classiquec jour / d'amour masculine, classiquea orientale / matinale féminine, classiqueb cieux / mélodieux masculine, classiquea flamme / âme féminine, classiqueb l'obscurité / clarté masculine, classiquea courrière / carrière féminine, classiqueb croissant / pâlissant masculine, classiquec fleurie / chérie féminine, classiqued amants / charmants masculine, classiquee d'alarmes / armes féminine, classiquef dit / s'enhardit masculine, classiqueg politique / antique / Baltique féminine, classiqueh Bavarois / fois masculine, classiquei grossier / s'associer masculine, classiquej trêve / glaive féminine, classiquek assidu / dû / confondu masculine, classiquem tranquille / immobile féminine, classiquen hivers / amers masculine, classiqueo d'elle / cruelle féminine, classiquep vainqueur / cœur masculine, classiqueq sincère / préfère féminine, classiquer jour / cour masculine, classiques conquêtes / fêtes féminine, classiquet boucliers / chevaliers masculine, classiqueu aventures / armures féminine, classiquev clos / repos / héros masculine, classiquew basiliques / reliques féminine, classiquea mélancoliques / symboliques féminine, classiqueb pleurs / fleurs masculine, classiquec cœur / vainqueur masculine, classiqued chapelle / fidèle féminine, classiquea chansons / sons masculine, classiqueb guitare / prépare féminine, classiquea pavois / voix / fois masculine, classiqueb réclame / dame féminine, classiquea rivaux / travaux / Roncevaux masculine, classiqueb Âme / dame féminine, classiquea tournois / exploits masculine, classiqueb enflamme / dame féminine, classiquec fois / combats / pas masculine, classiqueb larmes / alarmes / armes féminine, classiquec assaillir / tressaillir masculine, classiqued Demain / chemin masculine, classiquea nouvelle / fidèle féminine, classiqueb l'espoir / soir masculine, classiquea frissonne / couronne / tourbillonne féminine, classiqueb quelquefois / voix masculine, classiquec nuits / ennuis masculine, classiqued gémissante / compatissante féminine, classiquea lentement / vainement / rugissement masculine, classiqueb soupire / expire féminine, classiquec langage / l'orage féminine, classiqued pitié / moitié masculine, classiquee obscure / pure féminine, classiquef respectueux / vertueux / impétueux masculine, classiqueg tempête / tête féminine, classiqueh couvre / s'entr'ouvre féminine, classiquei l'amour / séjour masculine, classiqueb gothiques / antiques féminine, classiquec croix / parois masculine, classiqued chérie / Marie / prie féminine, classiquee trésor / encor masculine, classiquef sombres / ombres féminine, classiqueg soir / d'espoir masculine, classiqueh moments / tourments masculine, classiquei belle / elle féminine, classiquej ravissements / amants masculine, classiquek silence / s'élance féminine, classiqueb main / soudain masculine, classiquec âme / flamme féminine, classiqued précipite / palpite féminine, classiquee tour / d'amour masculine, classiquef chancelle / dit-elle féminine, classiqueg généreux / malheureux masculine, classiqueh moi-même / j'aime féminine, classiquei sort / mort masculine, classiquej maître / peut-être féminine, classiquek Éginard / tard masculine, classiquel l'aurore / encore féminine, classiquea éperdu / répondu masculine, classiqueb alarmes / charmes / larmes féminine, classiquec confus / refus masculine, classiquea indiscrets / secrets masculine, classiqueb taire / mystère féminine, classiquec renaissante / éblouissante féminine, classiqued l'univers / airs masculine, classiquee rendue / étendue féminine, classiquef pas / frimas masculine, classiqueg perfide / rapide féminine, classiquei pas / bras / délicats masculine, classiquej d'épouvante / mouvante féminine, classiquek accompagne / Charlemagne féminine, classiquel incertains / destins masculine, classiquem chimère / père féminine, classiquen prompt / affront masculine, classiquea nue / vue féminine, classiqueb appelés / troublés masculine, classiquec couleur / pâleur masculine, classiqued sévère / sincère féminine, classiquee détour / amour masculine, classiquef naissance / reconnaissance féminine, classiqueg impunité / l'hospitalité masculine, classiqueh téméraire / salaire féminine, classiquei roi / moi masculine, classiquej genoux / levez-vous masculine, classiquek prononce / réponse féminine, classiquel voix / fois masculine, classiquem coupable / capable féminine, classiquen séparer / expirer masculine, classiqueo mort / effort masculine, classiquep survivre / suivre féminine, classiquea retour / cour masculine, classiqueb élite / médite féminine, classiquec curieux / sérieux / yeux masculine, classiqued colore / encore féminine, classiquee obscurcis / assis masculine, classiquef gloire / victoire féminine, classiqueg toutefois / lois masculine, classiqueh l'innocence / absence féminine, classiquei constants / temps masculine, classiquej nuages / sages féminine, classiquek adore / encore féminine, classiquel l'autel / immortel masculine, classiquem propice / justice féminine, classiquen prononcer / récompenser masculine, classiqueo prétendre / gendre féminine, classiquep honneur / bonheur masculine, classiqueq devise / franchise féminine, classiquer compagne / Charlemagne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
378 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de, PARIS, CHARPENTIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1865· numérisation Bibliothèque numérique de Lyon· Sources