Les vignes du seigneur, 1854
En médoc
I.
Le pays de Médoc,‖ c'est la verte oasisQui s'élève au milieu‖ des landes de Gascogne ;Elle a des bois épais‖ et des étangs fleuris,Et des nappes de vigne‖ aux sentiers infinis,Belles à réjouir‖ le poëte et l'ivrogne.
Elle repose et tremble‖ entre deux vastes eaux ;L'Océan la dévore‖ et le fleuve la berce ;La Garonne l'endort‖ au chant de ses roseaux ;De son pied irrité‖ la mer la bouleverseEt change tous les jours‖ les dunes en tombeaux.
Le Médoc est charmant :‖ il réjouit la vue ;J'aime ses bourgs ombreux‖ dans l'horizon noyés,Ses brouillards du matin‖ et ses bas-fonds rayés,Ses pins toujours tremblants‖ que traverse la nue,Ses innombrables ceps‖ qui croissent par milliersComme au pays normand‖ font les petits pommiers.L'âge d'or dans son sein‖ a renoué la trameDes anciens jours de paix,‖ de labeur et de foi ;Ses clochers ont des sons‖ qui vont remuer l'âme ;On y croit aux sorciers,‖ on adore le roi.Ce ne sont, au soleil,‖ que joyeuses familles,Jeunes femmes, enfants,‖ brunes et fortes fillesDans les sillons rougis‖ suivant les chariots ;Alertes compagnons‖ aiguillonnant l'allureDes grands bœufs mugissants,‖ qui portent pour parureDes grappes à leur tête‖ en guise de grelots.Ce ne sont tous les jours‖ que danses et délires,Que chansons appelant‖ un chœur d'éclats de rires,Un tableau rencontré‖ de Léopold Robert !
C'est le pays fertile.‖ Alentour, le désert.Alentour, l'étendue‖ immobile et brûlante,La terre qui se tait‖ quand la lumière chante,Le néant qui fait peur‖ à l'âme et peur aux yeux.Alentour, la misère‖ et sa nudité pâle,Le hâve paysan,‖ frileux et souffreteux,Hissé sur ses grands bois,‖ avec son chien honteux,Pourchassant en silence‖ un noir troupeau qui râle,Le pêcheur dont on voit‖ le talon s'essayerSur le sable endormi‖ qui peut se réveiller…Un jour sera, dit-on,‖ où le vieux dieu NeptuneCessera de briser‖ ses leviers souverainsEt d'ébrêcher son sceptre‖ aux cailloux de la dune :Jadis il a juré,‖ par sa barbe aux longs crins,Qu'il viendrait engloutir‖ le Médoc, à la lune,Avec tous ses tritons‖ et ses vassaux marins !
II
Près du fleuve gascon,‖ urne aux ondes moqueusesEntre Dignac, Loirac,‖ Queyrac, Seurac, Cyvrac,Au milieu des grands crus‖ et des villas fameuses,S'égare en vingt détours‖ le bourg de Valeyrac.
De loin, on le pressent‖ à ses plaines bénies,A ses oiseaux bavards,‖ à ses poudreux buissons,A sa blanche fumée‖ aux torsades bleuies.C'est ce riant hameau‖ que tous nous connaissons.
Les meules de foin vert‖ à l'horizon groupées,Les vaches, les canards‖ et les petits garçons,Des charrettes gisant‖ dans un coin, éclopées ;La place aux huit ormeaux ;‖ l'église, vis-à-vis,Où nous avons, enfants,‖ communié jadis ;Le bois, des deux côtés‖ emprisonnant la vue,Qui penche sans un bruit‖ ses massifs noirs et lourdsEt finit au tournant‖ de la maison prévue,La maison du berceau‖ qui sait nos heureux jours,Et les jardins déserts‖ où veillent nos amours !
On était en automne,‖ et, par une embellie,L'aurore se levait,‖ frissonnante et pâlie :Ses voiles teints de pourpre,‖ échappés à ses doigts,Balançaient vaguement,‖ comme une large écume,Les coteaux d'orient‖ endormis dans la brume,Et jetaient cent lueurs‖ aux tuiles des vieux toits.Tout dans le fond du parc‖ et parmi la grande herbe,Ils allaient à pas lents,‖ l'un sur l'autre appuyés,Elle, les yeux baissés,‖ lui, le regard superbe,A travers la bruyère‖ et les bleuets ployés.
Ses blonds cheveux étaient‖ noués à la Diane,Un lien de velours rouge‖ en dessinait le tour ;Et leurs anneaux tombant‖ sur sa chair diaphaneOmbrageaient son épaule‖ au limpide contour.Un ruban, qui flottait,‖ serrait sa taille fine ;Elle avait mis à nu‖ ses petits bras soyeux ;Et, le long du chemin‖ étroit et sinueux,Passait et repassait‖ la blanche mousseline,Entre les arbrisseaux,‖ entre les troncs noueux,Comme une jeune fée‖ à l'œil qui la devine.Ces deux amants marchaient‖ et se parlaient si bas,Que les lézards peureux‖ ne s'en détournaient pas ;Coquelicots et lys‖ saluaient leur passage,Branches de s'agiter ;‖ et, du haut du feuillageOù d'invisibles nids‖ dérobent leur séjour,Il leur tombait des chants‖ de bonheur et d'amour !
Mais les parents suivaient.‖ Leur entretien, sans doute,A ce que je suppose,‖ était moins attachant,Car ils parlaient très-fort,‖ et d'instant en instantCoupaient par les sentiers‖ pour abréger la route.On devinait soudain,‖ à les apercevoir,La mère de Lucien‖ et l'oncle de Nicette :L'une au maintien pieux,‖ toujours vêtue en noir,Veuve encore attrayante‖ et de mine discrète ;L'autre, obèse et rougeaud,‖ campagnard enrichi,Façon de Carabas‖ engraissé par l'ennui.
Ces gens-là possédaient‖ une ancienne futaie,Séparée autrefois‖ par une vive haieOù s'épanouissait‖ Avril à son retour,Et par où les enfants‖ s'entrevirent un jour.Ils étaient bien petits,‖ la haie était bien close ;« Les paroles passaient, mais c’était peu de chose. »Mais au printemps prochain,‖ quand les rayons premiersRevinrent entr'ouvrir‖ les fleurs fraîches écloses,O bonheur ! leurs deux fronts‖ gagnèrent les rosiersEt leur premier baiser‖ s'échangea dans les roses.
Lucien partit un jour,‖ sa mère l'ordonna.Il allait à Paris‖ terminer ses études.Que de pleurs, de serments,‖ de gages on donnaDe part et d'autre ! Adieu‖ nos chères solitudes !Adieu notre Médoc,‖ notre bonheur ancien !Nos chiffres enlacés‖ sur l'écorce des chênes !Adieu, jusques au jour‖ des vendanges prochaines !
Nicette soupira‖ tous les jours. ‒ Et Lucien ?
III
Vingt ans et voir Paris !‖ Fuir la province aimée,Cette vieille nourrice‖ au front doux et songeur,Voir derrière ses pas‖ la porte refermée,Sentir sécher l'adieu‖ sur sa lèvre embaumée,Et s'en aller où va‖ tout enfant voyageur !C'est le destin fatal.‖ ‒ Là-bas est la merveille,Dit une voit trompeuse‖ à qui l'on tend l'oreille.
Lucien connut Paris ;‖ et, comme la plupart,Il se laissa gagner‖ par de vaines chimèresQui, la rose aux cheveux‖ et la flamme au regard,S'en vinrent le chercher,‖ un matin qu'à l'écartLe souvenir faisait‖ ses heures plus amères.Il ne posa d'abord‖ qu'un pied indifférentDans ce monde joyeux,‖ qui le trouva de glace ;Mais bientôt, ‒ je ne sais‖ quel charme l'attirant ‒Il entra tout entier‖ et demanda sa place.
Et ce fut de ce jour‖ qu'à des épines d'orIl déchira son cœur‖ et perdit la sagesse ;Et qu'à ce sol étroit‖ attachant son essor,Il ne s'occupa plus‖ qu'à vieillir sa jeunesse.
Il connut de ce temps‖ la sottise et les mœurs,Dépouilla désormais‖ ses anciennes humeurs,Les femmes de toujours,‖ les folles Cydalises,Dont les jours ne sont rien‖ qu'un vif enivrement,Salamandres d'amour,‖ de toute flamme éprises,Passèrent près de lui‖ dans leur essaim charmant.Elles ne mettent plus,‖ ainsi que les marquises,Ces mouches sur le teint‖ qui faisaient l'œil moqueur,Les mouches d'à présent‖ se portent sur le cœur.Ce furent celles-là,‖ Lucien, qui te perdirent,Lorsque à ton cou d'enfant‖ elles se suspendirent,Et que de tes trésors‖ de tendresse amassésElle t'eurent tout pris,‖ sans t'avoir dit : Assez !
Si bien qu'à la vendange‖ où l'attendait Nicette,Quand s'en revint Lucien,‖ espéré si longtemps,Il n'était plus le même,‖ ‒ ô surprise inquiète ! ‒Il avait vu Paris,‖ il n'avait plus vingt ans.
IV
Allons, les vendangeurs,‖ la cloche vous appelle.Debout, et travaillez ;‖ c'est l'heure du réveil ;L'horizon que sillonne‖ une jeune étincelleS'ouvre comme un cratère‖ et vomit un soleil !
Et tous, dans le hangar‖ où le maître les parque,Comme un bétail grossier‖ sur la paille étendu,Hommes, femmes, enfants,‖ ‒ sans donner une marqueDe mécontentement,‖ de sommeil suspendu, ‒Se lèvent pour avoir‖ le pain qui leur est dû.Ce sont des paysans‖ aux formes athlétiques,Taillés sur le patron‖ des montagnards antiques,Avec des nerfs d'acier‖ et des poitrails velus ;Un sayon en lambeaux‖ couvre à peine leur torse ;Leur chair, comme le buffle,‖ est d'une épaisse écorce,Et sans crainte de l'air‖ ils pourraient aller nus.
Partons, mes vendangeurs,‖ car le coteau ruisselle.Il se dresse éclatant,‖ ses flancs semblent fumer,Il gémit sous la vigne :‖ on dirait qu'il recèleUne haleine puissante‖ et prompte à s'enflammer.Le cadavre géant‖ de l'antique Cybèle,Qu'au fond du sol ardent‖ va chercher le rayon,Se ranime et tressaille ;‖ ‒ aux fentes du sillonOn croirait voir percer‖ le bout de sa mamelle.
On part, musique en tête.‖ On gravit le coteau,On pose un pied glissant‖ sur le sable qui grince ;Puis, à chaque sentier,‖ la troupe se fait mince :Ceux-ci sur le versant,‖ ceux-là sur le plateau,S'égarent à loisir‖ parmi les feuilles vertes ;La vigne a remué‖ ses branches entr'ouvertes,Et tous ont disparu‖ comme sous un manteau.
Le bœuf regarde au loin,‖ traînant l'essieu qui crie,Car la charrette est pleine ;‖ et j'entends le bouvierTraîner ses sabots lourds‖ sur la terre amollie.Le chien aboie et court,‖ ‒ on arrive au cuvier.
C'est une cave immense,‖ ou plutôt c'est un antreOù le vin en courroux‖ monte au nez dès qu'on entre,Courant des piliers noirs‖ au cintre surbaissé,‒ Un temple de Bacchus‖ dans le sable enfoncé. ‒Comme un chœur de Titans,‖ là sont d'énormes cuvesOù la liqueur mugit‖ comme dans des étuves.Douze à quinze garçons,‖ du matin jusqu'au soir,Nu-jambes et nu-pieds‖ dansent dans le pressoir,Une étrange vigueur‖ en leurs veines circule :On les dirait piqués‖ par une tarentule ;Sous leurs talons nerveux,‖ rouges et ruisselants,Dans la mare de bois‖ les grappes s'éparpillent ;Les raisins égorgés‖ éclatent et pétillent ;Ils courent éperdus,‖ noyés, demi-saignants ;Toujours monte et descend‖ la brutale cheville,Le danseur infernal‖ les brise sans les voir,La grappe aux longs bras nus‖ comme un serpent sautille,La boisson turbulente‖ écume, ‒ tourne, ‒ brille,Et s'égoutte en chantant‖ au fond du réservoir !
V
On n'avait pas encore‖ atteint ces jours d'octobreOù de bruit et d'éclat‖ la terre se fait sobre.
La chaleur était grande.‖ Au lit de l'occidentLe soleil retrempait‖ son disque fécondant,Fier encor, rejetant‖ son manteau par derrièreSur le seuil, où reluit‖ une pourpre dernière,‒ Tête sans diadème‖ et lente à s'effacer ; ‒Tandis que, dans un coin‖ du ciel lourd de l'automne,L'autre roi réveillé‖ qui murmure et qui tonne,La foudre se rangeait‖ pour le laisser passer !La prairie arrêtait‖ ses herbes ondoyantes ;Immobiles, sans bruit,‖ les vagues haletantesBrûlaient et flamboyaient‖ à ses derniers rayons,Et la colline aussi,‖ d'arbres échelonnée,Et de rouges vapeurs‖ bordée et couronnée,Dressait ses peupliers‖ en muets bataillons ; ‒Si qu'un vent étourdi‖ les fouettant de ses ailesJaillissaient aussitôt‖ des milliers d'étincelles !
Et le soir s'abaissait.‖ Par la plaine et les monts,Sous les cieux imprégnés‖ d'une couleur orange,Il courait en tous lieux‖ une harmonie étrange,De ces ranz inconnus‖ et doux que nous aimons.C'étaient des bêlements,‖ des sifflets, des clochettes,C'étaient des angélus,‖ des grillons, des musettes,Une hymne sainte et grave,‖ un bruit sévère et lent ;C'était le bruit que fait‖ le jour en s'en allant.
Tout dans le fond du parc,‖ et parmi la grande herbe,Ils allaient à pas lents,‖ joyeux, ‒ heureux déjà ;Elle, les yeux baissés,‖ lui, le regard superbe,Comme si rien d'amer‖ n'avait passé par là.Des bonheurs d'autrefois‖ ils renouaient la gerbe.
Comme on se séparait,‖ Lucien saisit soudainUne main qu'on laissa‖ reposer dans sa main,Et puis dit, d'un accent‖ que le regard achève :‒ Ce soir, près de l'étang…‖ ‒ Nicette avait frémi,Sa blanche main s'était‖ retirée à demi ;Et, son œil s'entr'ouvrant‖ comme au milieu d'un rêve,Elle le regarda.‖ Lucien la salua,Et de l'air d'un Don Juan‖ à grands pas s'éloigna.
Plus tard, si vous eussiez‖ suivi la sombre alléeVers la pointe du bourg,‖ au fond de la vallée,Vous eussiez vu sans doute‖ une ancienne maisonNoirâtre sous le lierre‖ et de chênes voilée ;Une croix de Saint-Jean‖ orne son vieux blason ;Elle est haute et bardée‖ en style de prison.On la dirait déserte.‖ Une seule croiséeDerrière s'ouvre un peu,‖ petite, treillissée,Des vases sur le bord,‖ penchant sur un bassin.On entendait alors‖ le son d'un clavecin.
Nicette alla livrer‖ sa tête rose et chaudeAu vent de la croisée ;‖ et, le front dans les doigts,Elle regarda fuir‖ les horizons étroits.Un ver-luisant dardait‖ sa flamme d'émeraude ;Un vent plaintif courait‖ dans un air vaporeux,Un linot réveillé‖ chantait, fermant les yeux ;Les feuilles bruissaient,‖ les ronces endormiesS'agitaient comme au pas‖ des gazelles amies.Sous ces parfums d'amour‖ sa tête s'inclina ‒Quand sept fois lentement‖ la pendule sonna…Elle eut peur et trembla.‖ La fenêtre fermée,Elle prit sa mantille‖ et se mit à genoux.Dans un brun cadre d'or‖ la Vierge bien aiméeÉpanchait sur son front‖ son regard le plus doux.
‒ Vierge, faut-il aller‖ ce soir au rendez-vous ?
VI
Sous les sombres tilleuls‖ j'ai vu passer Nicette.Elle marchait sans bruit‖ et semblait inquiète.On eût dit que ses pas‖ l'effrayaient, et souventElle se détournait‖ pour écouter le vent.
C'était près de l'étang‖ où se mire, étonnée,La lune dans les joncs‖ de vapeurs couronnée,Et qui semble flotter,‖ ‒ fantastique tableau, ‒Allongée et plissée‖ à chaque rond de l'eau.
L'heure du rendez-vous‖ était pourtant venue.Nicette ressentait‖ une crainte inconnue,Et disait fréquemment,‖ cherchant à contenirLe trouble de son cœur :‖ ‒ Comme il tarde à venir !
Puis elle s'asseyait‖ au bord d'un banc de pierre ;Et, sa main s'en prenant‖ à des touffes de lierre,Elle les effeuillait,‖ et d'un pied agitéLes enterrait au fond‖ du gazon argenté.
Lucien n'arrivait pas.‖ ‒ O mon Dieu ! disait-elle,D'où vient que mon front brûle‖ et que ma foi chancelle ?Patience ! Sans doute‖ il n'est pas assez tard.Il ignore le mal‖ que me fait son retard.
Elle essayait alors‖ de chasser sa tristesse.La nuit versait partout‖ une limpide ivresse ;Et les plantes ouvraient,‖ à son tiède baiser,Leur sein d'or où la mouche‖ aime à se reposer.
‒ C'est étrange pourtant,‖ pensait la jeune fille,Dont un tressaillement‖ soulevait la mantille ;La campagne est ce soir‖ si douce à l'entretien,Cette nuit est si belle‖ et rayonne si bien !
C'est qu'il ne m'aime plus ;‖ et je suis effacéeDe son cœur, à présent,‖ comme de sa pensée.Notre amour a duré‖ notre enfance, c'est tout.Le ciel n'a pas voulu‖ m'entendre jusqu'au bout.
Et Nicette penchait,‖ entre ses mains voilée,Sa jeune tête pâle‖ et toute débouclée.La brise s'en jouait,‖ et courait par momentSous les sombres tilleuls‖ harmonieusement.
Déjà, bande joyeuse !‖ au bas de la valléeLes vendangeurs dansaient‖ sous la treille étoilée,Mais, traversant les prés,‖ la danse et la chansonExpiraient auprès d'elle‖ ainsi qu'un faible son.
Pourtant, la pauvre enfant,‖ elle espérait sans cesse.Comme des diamants‖ tombés dans l'herbe épaisse,Ses pleurs longtemps tenus‖ se répandaient tout bas,Elle attendait toujours.‖ ‒ Lucien ne venait pas.
C'est qu'à l'heure où, cédant‖ à sa pensée indigne,Il accourait vers elle,‖ en traversant la vigne,Un remords généreux,‖ au détour du chemin,Comme un ange du ciel‖ l'avait pris par la main.
Tout à coup, du milieu‖ de son insouciance,S'éleva contre lui‖ sa jeune conscience ;Et, dans la nuit sereine,‖ il se sentit broncherLorsqu'il se demanda‖ ce qu'il allait chercher.
Alors il reporta‖ ses regards en arrière ;Sa jeunesse à son cœur‖ remonta tout entière ;Et, retrouvant soudain‖ son amour d'autrefois,Il s'enfuit en cachant‖ sa tête entre ses doigts.
VII
Un petit cabinet ‒‖ nu, ‒ blanc ; ‒ une croiséeOuverte, ‒ un lourd rideau‖ tout trempé de rosée ;Devant un noir pupitre ‒‖ un jeune homme, ‒ c'est tout.Au dehors la campagne,‖ et le calme partout.Il travaille. Un rayon‖ égaré s'éparpilleDans un coin du plancher‖ dont la poudre scintille ;Une brise suave‖ agite l'air tiédiQu'emplit de son bourdon‖ un frelon étourdi.L'angélus argentin‖ tinte au fond du village,Dans un arbre, ‒ à côté,‖ ‒ les oiseaux font tapage.
Il écrit. Son front clair‖ est à demi-penché,Comme fait un poëte‖ à son livre attaché.C'est Lucien ; il écrit‖ une lettre à Nicette,Une lettre d'excuse‖ et d'amour, ainsi faite :« ‒ Il faut me pardonner,‖ Nicette. Vois-tu bien,Au rendez-vous d'hier‖ comme j'allais me rendre,Une voix, qui priait,‖ à moi s'est fait entendre.Sais-tu ? c'était la voix‖ de ton ange gardien.Je n'ai pu résister.‖ C'est parce que je t'aimeQue je suis, ce soir-là,‖ revenu sur mes pas ;Cela te semble étrange‖ et peu croyable même,Nicette ; mais un jour‖ tu me pardonneras.
»Ce n'est pas tout non plus.‖ Ton front égal encore,Qu'ont rarement terni‖ de soucieux instants,S'éclaire aux blancs rayons‖ d'une durable aurore :Dans ta jeune pensée‖ il est toujours printemps.Néanmoins, tu n'es plus‖ une enfant, ma Nicette :La beauté de la femme‖ en tes traits se reflète,Et celui qui te voit,‖ beau lys épanoui,S'arrête, et bien longtemps‖ te regarde, ébloui.Or, moi, je suis jaloux‖ de cette candeur sainte,Je veux la préserver‖ de toute sombre atteinte,Écarter d'alentour‖ tout soupçon alarmant,Car c'est mon bien, d'ailleurs,‖ et je veux constammentGarder cette beauté‖ sereine et fortunéeQue te donna le ciel‖ et que tu m'as donnée… »
Lucien s'interrompit.‖ Le vent frais du matinSoulevait le rideau‖ qui voilait sa fenêtre.Les exploits des chasseurs‖ s'entendaient au lointain ;Cramponné par dehors,‖ et regardant en traître,Se penchait dans la chambre‖ un liseron mutin.
Il reprit : ‒ « Maintenant,‖ il faut plus de réserveDans nos mystérieux‖ et tendres rendez-vous.‒ Cela me coûtera ‒‖ pour que Dieu nous conserveSon indulgent regard‖ qui fait les jours plus doux.Nicette, il ne faut plus,‖ dans les vastes prairies,Ainsi que nous faisions,‖ nous égarer le soir.L'heure est trop dangereuse‖ aux vagues rêveries ;Il ne faut plus aller‖ sur le banc nous asseoir.Te souvient-il du jour‖ où, sous l'épais ombrage,Nous marchions, côte à côte‖, en chemin attardés ?Nous voyant seuls tous deux,‖ un homme du villageNous a ‒ se détournant ‒‖ plusieurs fois regardés.Cela te fit monter‖ la rougeur au visage.Il ne faut plus rougir,‖ Nicette ; et pour celaIl faut être ma femme ;‖ or, mon bonheur est là.
»J'ai voulu te parler‖ de la sorte, Nicette ;J'ai fini. Mon souci,‖ je l'ai dit tout entier ;Et j'ai laissé tomber‖ mon cœur sur ce papier.J'ai l'âme maintenant‖ légère et satisfaite,C'est le ciel qui m'a fait‖ cette douce leçon.A mes yeux, désormais,‖ la nature est plus belle ;J'entends passer dans l'air‖ comme un battement d'aile,Et l'amour chante en moi‖ sa plus jeune chanson ! »
VIII
Dans tous les environs‖ la vendange était faite.Du bourg de Valeyrac,‖ ce soir, c'était la fête ;Les vendangeurs partaient,‖ on fêtait leur départ,Adieu paniers : ‒ dansons‖ et chantons sans retard !
On arrivait déjà‖ d'une lieue à la ronde.Les hommes avaient mis‖ leur belle veste ronde,Les femmes avaient mis‖ leur plus rouge jupon ;Et, gravement pimpants‖ et la mine essoufflée,Ils couraient, car déjà‖ derrière la valléeOn entendait le bruit‖ rauque d'un violon.
Je ne vous dirai pas,‖ ‒ à la façon flamande, ‒L'enseigne de l'auberge‖ et la folle guirlandeQue l'on avait ce soir‖ appendue au brandon ;Je ne vous dirai pas‖ les rondes, les quadrilles,Les buveurs accoudés‖ et les joueurs de quilles :Je ne vous ferai pas‖ le tour du rigaudon.
Ah ! parlez-moi plutôt‖ des temps mythologiquesOù le ciel se peuplait‖ de héros et de dieux,Où le monde passait‖ dans des splendeurs magiques,Où l'Olympe entr'ouvrait‖ son cycle radieux ! ‒C'était sur quelque mont‖ solitaire et sauvage,A l'heure où le soleil‖ déserte le rivage ;On voyait accourir,‖ partis dès le matin,Les bergers empressés‖ de maint vallon lointain.Sous l'odorant fardeau‖ des roses d'IdalieLa façade du temple‖ était ensevelie ;Un satyre cornu‖ sculpté sur le fronton,Aux lèvres un hautbois,‖ riait sous le feston ;Et les nymphes, autour‖ du satyre pressées,Ployaient sous les raisins‖ leurs têtes renversées.
Est-ce une vision,‖ poëte, où sommes-nous ?Ardente, l'œil pourpré,‖ la bacchanale antiqueSe dresse devant moi‖ sous le sacré portique.Voici le sanctuaire‖ et le peuple à genoux !
Évohé ! Évohé !‖ quel feu divin m'embrase !Je sens bouillir mon front‖ sous l'éclair qui le rase,Dans le fond de mon cœur‖ je sens gronder ma voix :Le voile de mes yeux‖ se déchire et je vois !
En marche ! promenez‖ devant nous les corbeilles,Que le son des tambours‖ disperse les abeilles,Et que l'oiseau qui vient‖ picorer le pépinS'enfuie au vent bruyant‖ de nos branches de pin !Mêlons à nos cheveux‖ de douces violettes ;Musiciens, prenez‖ votre casque d'aigrettes,Et d'une voix unie‖ au mode lydienDites-nous les exploits‖ de Bacchus l'Indien !Allez, versez le miel‖ de la muse lyrique ;Ceignons nos ceinturons‖ et dansons la pyrrhique.Venez, les Égipans,‖ les Faunes des jardins,Les Satyres barbus‖ avec vos peaux de daims ;Venez, les chèvres-pieds ;‖ accourez, les Bacchides ;Ajustez vos bandeaux,‖ rattachez vos chlamydes ; ‒Et dansons ! ébranlons‖ sous nos pieds la forêt !Comme déjà le sol‖ tournoie et disparaît !L'arbre semble alourdi‖ comme un autre Silène ;Brandissons nos roseaux,‖ dansons à perdre haleine ;De notre cercle immense‖ ardent à fendre l'airEmbrassons la forêt‖ dans nos anneaux de chair !Tout fuit autour de nous,‖ mon front vibre et ruisselle,Dansons ! ‒ Hécate luit‖ sur les pâles marais,Le vent du soir se lève‖ impétueux et frais ;Je vois, je vois là-bas‖ le temple qui chancelle.Dansons ! ‒ Et vous Cinthie,‖ Euphrosine, Aglaé,Versez-nous à pleins flots‖ vos brûlantes rasades,Notre patère est vide ;‖ encore, mes thyades !Et buvons et dansons !‖ ‒ Évohé ! Évohé !…
IX
Je sais une maison,‖ du côté de Lesparre,Qu'un fossé seulement‖ de la route sépare.‒ On y voit un perron‖ et deux lions devant. ‒Seul, à la regarder‖ je m'arrêtais souvent ;Elle a ces volets verts‖ que désirait Jean-JacquesEt fleurit d'aubépin‖ son grand portail, à Pâques.
Cet enclot printanier,‖ propice aux heureux jours,Enferme deux époux‖ que vous savez, ‒ Madame,Ils n'ont plus que la joie‖ et le calme dans l'âme,Et le ciel a béni‖ leurs charmantes amours.Tout dans le fond du parc‖ et parmi la grande herbeJe les ai vus passer,‖ l'un sur l'autre appuyés,A travers la bruyère‖ et les bleuets ployés,Elle, les yeux baissés,‖ lui, le regard superbe.‒ Un tout petit enfant‖ se jouait à leurs pieds. ‒Quand nous voyagerons,‖ l'été prochain peut-être,Nous passerons par là,‖ car il faut les connaître.
Lucien est un chasseur‖ habile dans son art,Et puis un agronome.‖ Il a mainte visitePour ses beaux dahlias‖ en serre, que l'on cite,Nul doute qu'on n'en fasse‖ un préfet ‒ mais plus tard.
Nicette a dix-neuf ans,‖ elle est jolie et belle ;J'ai dansé cet hiver‖ une valse avec elle.Un procureur du roi‖ se montrait assiduSur ses pas ; ‒ vous pensez‖ si c'était temps perdu !
Mais me voici, je crois,‖ au bout de mon histoire.Madame, vous avez‖ fait acte méritoireEn l'écoutant ainsi,‖ les pieds sur les chenets,Comme s'il s'agissait‖ de deux ou trois sonnetsAussi, puisqu'à présent‖ vous n'attendez personne,Restons encore une heure,‖ et souffrez que je sonne,Afin que vos laquais,‖ en rallumant le feu,Apportent vos albums‖ sur la table de jeuEt puis nous causerons ‒‖ près de la cheminéeQui bourdonne en lançant‖ sa flamme mutinée ‒De tout ce qui n'est pas‖ sérieux ou profond,De l'amour toujours jeune‖ et des vers qui s'en vont.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 5[abaab] 5[ababa] 22[abba] 113[aa] 19[abab] 1[ababab] 1[ababcbc] 2[ababb] 1[abbaba] 2[abbacca] 1[abaabb] 1[abbab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a oasis / fleuris / infinis masculine, classiqueb Gascogne / l'ivrogne féminine, classiquea eaux / roseaux / tombeaux masculine, classiqueb berce / bouleverse féminine, classiquea vue / nue féminine, classiqueb noyés / rayés masculine, classiquec milliers / pommiers masculine, classiqued trame / l'âme féminine, classiquee foi / roi masculine, classiquef familles / filles féminine, classiqueg chariots / grelots masculine, classiqueh l'allure / parure féminine, classiquei délires / rires féminine, classiquej Robert / désert masculine, classiqueb brûlante / chante féminine, classiquec yeux / souffreteux / honteux masculine, classiqued pâle / râle féminine, classiquee s'essayer / réveiller masculine, classiquef Neptune / dune / lune féminine, classiqueg souverains / crins / marins masculine, classiquea moqueuses / fameuses féminine, classiqueb Cyvrac / Valeyrac masculine, classiquea bénies / bleuies féminine, classiqueb buissons / connaissons / garçons masculine, classiquea groupées / éclopées féminine, classiquec vis-à-vis / jadis masculine, classiqued vue / prévue féminine, classiquee lourds / jours / amours masculine, classiquea embellie / pâlie féminine, classiqueb doigts / toits masculine, classiquec écume / brume féminine, classiqued herbe / superbe féminine, classiquee appuyés / ployés masculine, classiquea Diane / diaphane féminine, classiqueb tour / contour masculine, classiquec fine / mousseline / devine féminine, classiqued soyeux / sinueux / noueux masculine, classiquee bas / pas masculine, classiquef passage / feuillage féminine, classiqueg séjour / d'amour masculine, classiquea doute / route féminine, classiqueb attachant / instant masculine, classiquec apercevoir / noir masculine, classiqued Nicette / discrète féminine, classiquee enrichi / l'ennui masculine, classiquea futaie / haie féminine, classiqueb retour / jour masculine, classiquec close / chose féminine, classiqued premiers / rosiers masculine, classiquee écloses / roses féminine, classiquea l'ordonna / donna masculine, classiqueb études / solitudes féminine, classiquec ancien / Lucien masculine, classiqued chênes / prochaines féminine, classiquea aimée / refermée / embaumée féminine, classiqueb songeur / voyageur masculine, classiquec merveille / l'oreille féminine, classiquea plupart / regard / l'écart masculine, classiqueb chimères / amères féminine, classiquec indifférent / l'attirant masculine, classiqued glace / place féminine, classiquea d'or / essor masculine, classiqueb sagesse / jeunesse féminine, classiquea mœurs / humeurs masculine, classiqueb Cydalises / éprises / marquises féminine, classiquec enivrement / charmant masculine, classiqued moqueur / cœur masculine, classiquee perdirent / suspendirent féminine, classiquef amassés / Assez masculine, classiquea Nicette / inquiète féminine, classiqueb longtemps / ans masculine, classiquea appelle / étincelle féminine, classiqueb réveil / soleil masculine, classiquea parque / marque féminine, classiqueb étendu / suspendu masculine, classiquec dû / velus / nus masculine, classiqued athlétiques / antiques féminine, classiquee torse / écorce féminine, classiquea ruisselle / recèle féminine, classiqueb fumer / s'enflammer masculine, classiquec Cybèle / mamelle féminine, classiqued rayon / sillon masculine, classiquea coteau / plateau / manteau masculine, classiqueb grince / mince féminine, classiquec vertes / entr'ouvertes féminine, classiquea crie / amollie féminine, classiqueb bouvier / cuvier masculine, classiquea antre / entre féminine, non classiqueb surbaissé / enfoncé masculine, classiquec cuves / étuves féminine, classiqued soir / pressoir masculine, classiquee circule / tarentule féminine, classiquef ruisselants / demi-saignants masculine, classiqueg s'éparpillent / pétillent féminine, classiqueh cheville / sautille / brille féminine, classiquei voir / réservoir masculine, classiquea d'octobre / sobre féminine, classiquea l'occident / fécondant masculine, classiqueb derrière / dernière féminine, classiquec s'effacer / passer masculine, classiqued l'automne / tonne féminine, classiquee ondoyantes / haletantes féminine, classiquef rayons / bataillons masculine, classiqueg échelonnée / couronnée féminine, classiqueh ailes / d'étincelles féminine, classiquea monts / aimons masculine, classiqueb orange / étrange féminine, classiquec clochettes / musettes féminine, classiqued lent / allant masculine, classiquea herbe / superbe / gerbe féminine, classiqueb déjà / là masculine, classiquea soudain / main masculine, classiqueb achève / rêve féminine, classiquec frémi / demi masculine, classiqued salua / s'éloigna masculine, classiquea allée / vallée féminine, classiqueb maison / blason / prison masculine, classiquec voilée / croisée / treillissée féminine, classiqued bassin / clavecin masculine, classiquea chaude / d'émeraude féminine, classiqueb doigts / étroits masculine, classiquec vaporeux / yeux masculine, classiqued endormies / amies féminine, classiquee s'inclina / sonna masculine, classiquef fermée / aimée féminine, classiqueg genoux / doux / rendez-vous masculine, classiqueb souvent / vent masculine, classiquea étonnée / couronnée féminine, classiqueb tableau / l'eau masculine, classiquea venue / inconnue féminine, classiqueb contenir / venir masculine, classiquea pierre / lierre féminine, classiqueb agité / argenté masculine, classiquea disait-elle / chancelle féminine, classiqueb tard / retard masculine, classiquea tristesse / ivresse féminine, classiqueb baiser / reposer masculine, classiquea fille / mantille féminine, classiqueb l'entretien / bien masculine, classiquea effacée / pensée féminine, classiqueb tout / bout masculine, classiquea voilée / débouclée féminine, classiqueb moment / harmonieusement masculine, classiquea vallée / étoilée féminine, classiqueb chanson / son masculine, classiquea cesse / épaisse féminine, classiquea indigne / vigne féminine, classiqueb chemin / main masculine, classiquea insouciance / conscience féminine, classiqueb broncher / chercher masculine, classiquea arrière / entière féminine, classiqueb d'autrefois / doigts masculine, classiquea croisée / rosée féminine, classiqueb tout / partout masculine, classiquec s'éparpille / scintille féminine, classiqued tiédi / étourdi masculine, classiquee village / tapage féminine, classiquea demi-penché / attaché masculine, classiqueb Nicette / faite féminine, classiquec bien / gardien masculine, classiqued rendre / entendre féminine, classiquee t'aime / même féminine, classiquef pas / pardonneras masculine, classiquea encore / aurore féminine, classiqueb instants / printemps masculine, classiquec Nicette / reflète féminine, classiqued épanoui / ébloui masculine, classiquee sainte / atteinte féminine, classiquef alarmant / constamment masculine, classiqueg fortunée / donnée féminine, classiquea matin / lointain / mutin masculine, classiqueb fenêtre / traître féminine, classiquea réserve / conserve féminine, classiqueb rendez-vous / doux masculine, classiquec prairies / rêveries féminine, classiqued soir / asseoir masculine, classiquee ombrage / village / visage féminine, classiquef attardés / regardés masculine, classiqueg cela / là masculine, classiquea Nicette / satisfaite féminine, classiqueb entier / papier masculine, classiquec leçon / chanson masculine, classiqued belle / d'aile féminine, classiquea faite / fête féminine, classiqueb départ / retard masculine, classiquea ronde féminine, classiqueb jupon / violon masculine, classiquec essoufflée / vallée féminine, classiquea flamande / guirlande féminine, classiqueb brandon / rigaudon masculine, classiquec quadrilles / quilles féminine, classiquea mythologiques / magiques féminine, classiqueb dieux / radieux masculine, classiquec sauvage / rivage féminine, classiqued matin / lointain masculine, classiquee d'Idalie / ensevelie féminine, classiquef fronton / feston masculine, classiqueg pressées / renversées féminine, classiquea sommes-nous / genoux masculine, classiqueb antique / portique féminine, classiquea m'embrase / rase féminine, classiqueb voix / vois masculine, classiquea corbeilles / abeilles féminine, classiqueb pépin / pin masculine, classiquec violettes / d'aigrettes féminine, classiqued lydien / l'Indien masculine, classiquee lyrique / pyrrhique féminine, classiquef jardins / daims masculine, classiqueg Bacchides / chlamydes féminine, classiqueh forêt / disparaît masculine, classiquei Silène / haleine féminine, classiquej l'air / chair masculine, classiquek ruisselle / chancelle féminine, classiquel marais / frais masculine, classiquem Aglaé / Évohé masculine, classiquen rasades / thyades féminine, classiquea Lesparre / sépare féminine, classiqueb devant / souvent masculine, classiquec Jean-Jacques / Pâques féminine, classiquea jours / amours masculine, classiqueb Madame / l'âme féminine, classiqued appuyés / ployés / pieds masculine, classiquee peut-être / connaître féminine, classiquea art / tard masculine, classiqueb visite / cite féminine, classiquea belle / elle féminine, classiqueb assidu / perdu masculine, classiquea histoire / méritoire féminine, classiqueb chenets / sonnets masculine, classiquec personne / sonne féminine, classiqued feu / jeu masculine, classiquee cheminée / mutinée féminine, classiquef profond / vont masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
494 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vignes du Seigneur, PARIS, VICTOR LECOU, ÉDITEUR, 1854· numérisation Project Gutenberg· Sources