Les hortensias bleus, 1896· IV Chambre obscure· Mater alma
CLIV. Sunt Lacrymæ Hominum
Je possède un lacrymatoire‖ plein de larmesAntiques, dans un jour‖ de tristesse rempli.Il fait se prolonger,‖ parmi nous, les alarmesD'un chagrin, de durer‖ encore, enorgueilli.
Oh ! pourquoi nous avoir‖ privés de ce mensongeQui, sous un ciel lointain,‖ créa l'enchantementDe croire que le deuil‖ à jamais se prolonge,Et que le pleur en lui‖ coule éternellement ?
N'était-ce pas‖ une magnifique chimère ;Et fut-il un plus bel‖ éloge des sanglots :Prétendre que, sans fin,‖ la douleur agglomèreDans un flacon léger,‖ ses minuscules flots ?
Les voilà, sous l'iris‖ de leurs lacrymatoires,Des yeux qui les versaient,‖ depuis mille ans, sortis,Ces riens inconsolés,‖ incroyables victoires,De l'amour, sur le temps,‖ infiniment petits,
Vastes infiniment,‖ plus grands que tout au monde,Et contenant un peu‖ de l'espoir éternel,Parce que la douleur‖ qui sait être profondeConsole jusqu'aux morts‖ qui ne sont pas au ciel. !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a larmes / alarmes féminine, classiqueb rempli / enorgueilli masculine, classiquea mensonge / prolonge féminine, classiqueb l'enchantement / éternellement masculine, classiquea chimère / agglomère féminine, classiqueb sanglots / flots masculine, classiquea lacrymatoires / victoires féminine, classiqueb sortis / petits masculine, classiquea monde / profonde féminine, classiqueb éternel / ciel masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources