Les Syrtes, 1884
Les bonnes souvenances
Irisant le ciel gris‖ de nos mornes pensées,Ravivant les soleils‖ éteints des renouveaux,Elles passent toujours‖ au fond de nos cerveaux,Un bon souris sur des‖ lèvres jamais plissées.
Leur prunelle est l'aurore,‖ et leur natte tresséeEst fulgurante ainsi‖ que l'éclat des flambeaux.Leur prunelle est la nuit,‖ et, sur le cou massée,Leur chevelure est bleue‖ ainsi que les corbeaux.
Aux accords pénétrants‖ d'anciennes ritournelles,Elles bercent nos cœurs‖ pleins d'ennui ; ce sont ellesQui pansent doucement‖ nos blessures mortelles,
Elles qui, sur nos cils,‖ viendront sécher nos pleurs.— Et le temps, émondeur‖ de beautés et de fleurs,Met sur leur front vieilli‖ de plus fraîches couleurs.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cbcb ddd eee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a pensées / plissées féminine, classiqueb renouveaux / cerveaux masculine, classiquea tressée / massée féminine, classiqueb flambeaux / corbeaux masculine, classiquea ritournelles / elles / mortelles féminine, classiquea pleurs / fleurs / couleurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Syrtes, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1892· numérisation poesies.net· Sources