Poésies nouvelles, 1852
A Lydie
HORACE
Du temps où tu m'aimais, Lydie,De ses bras nul autre que moiN'entourait ta gorge arrondie ;J'ai vécu plus heureux qu'un roi.
LYDIE
Du temps où j'étais ta maîtresse,Tu me préférais à Chloé ;Je m'endormais à ton côtéPlus heureuse qu'une déesse.
HORACE
Chloé me gouverne à présent,Savante au luth, habile au chant,La douceur de sa voix m'enivre.Je suis prêt à cesser de vivreS'il fallait lui donner mon sang.
LYDIE
Je me consume maintenantPour Calaïs, mon jeune amant,Qui dans mon cœur a pris la place.Je mourrais deux fois, cher Horace,S'il fallait lui donner mon sang.
HORACE
Eh quoi ! si dans notre penséeL'ancien amour se ranimait ?Si ma blonde était délaissée ?Si demain Vénus offenséeA la porte me ramenait ?
LYDIE
Calaïs est jeune et fidèle,Et loi, poëte, ton désirEst plus léger que l'hirondelle,Plus inconstant que le zéphir ;Pourtant, s'il t'en prenait envie,Avec loi j'aimerais la vie,Avec loi je voudrais mourir.
1837.
Versification
- Forme
- Quintils
- Rimes
- 1(abab) 1(abba) 2(aabba) 1(abaab) 1(ababccb)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 quintils, 2 quatrains, 1 septain
- Mots à la rime
- a Lydie / arrondie féminine, classiqueb moi / roi masculine, classiquea maîtresse / déesse féminine, classiqueb Chloé / côté masculine, classiquea présent / chant masculine, classiqueb m'enivre / vivre féminine, classiquec sang / maintenant masculine, non classiqueb amant / sang masculine, non classiquec place / Horace féminine, classiquea pensée / délaissée / offensée féminine, classiqueb ranimait / ramenait masculine, classiquea fidèle / l'hirondelle féminine, classiqueb désir / zéphir / mourir masculine, classiquec envie / vie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies nouvelles, Paris, Texte établi par Maurice Allem, Paris, Garnier Frères, 1967, publié par les éditions Classiques Garnier, 1967· numérisation Enclitt· Sources