Poésies nouvelles, 1852
A mademoiselle ***
Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire,Vous avez le fatal pouvoirDe nous jeter par un sourireDans l'ivresse ou le désespoir.
Oui, deux mots, le silence même,Un regard distrait ou moqueur,Peuvent donner à qui vous aimeUn coup de poignard dans le cœur.
Oui, votre orgueil doit être immense ;Car, grâce à notre lâcheté,Rien n'égale votre puissance,Sinon votre fragilité.
Mais toute puissance sur terreMeurt quand l'abus en est trop grand,El qui sait souffrir et se taireS'éloigne de vous en pleurant.
Quel que soit le mal qu'il endure,Son triste rôle est le plus beau.J'aime encor mieux notre torture,Que votre métier de bourreau.
Mars 1839.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a dire / sourire féminine, classiqueb pouvoir / désespoir masculine, classiquea même / aime féminine, classiqueb moqueur / cœur masculine, classiquea immense / puissance féminine, classiqueb lâcheté / fragilité masculine, classiquea terre / taire féminine, classiqueb grand / pleurant masculine, classiquea endure / torture féminine, classiqueb beau / bourreau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies nouvelles, Paris, Texte établi par Maurice Allem, Paris, Garnier Frères, 1967, publié par les éditions Classiques Garnier, 1967· numérisation Enclitt· Sources