Poésies posthumes, 1857
Sonnet
A MADAME ***
Jeune ange aux doux regards,‖ à la douce parole,Un instant près de vous‖ je suis venu m’asseoir,Et, l’orage apaisé,‖ comme l’oiseau s’envole,Mon bonheur s’en alla,‖ n’ayant duré qu’un soir.
Et puis, qui voulez-vous‖ après qui me console ?L’éclair laisse, en fuyant,‖ l’horizon triste et noir.Ne jugez pas ma vie‖ insouciante et folle ;Car, si j’étais joyeux,‖ qui ne l’est à vous voir ?
Hélas ! je n’oserais‖ vous aimer, même en rêve !C’est de si bas vers vous‖ que mon regard se lève !C’est de si haut sur moi‖ que s’inclinent vos yeux !
Allez, soyez heureuse ;‖ oubliez-moi bien vite,Comme le chérubin‖ oublia le léviteQui l’avait vu passer‖ et traverser les cieux !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a parole / s’envole féminine, classiqueb m’asseoir / soir masculine, classiquea console / folle féminine, classiqueb noir / voir masculine, classiquea rêve / lève féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea vite / lévite féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard,Paris, 1951· numérisation poesies.net· Sources