Œuvres complètes (poésies), 1826‑1846· Les chimères
La tête armée
Napoléon mourant vit une Tête armée.Il pensait à son fils déjà faible et souffrant :La Tête, c’était donc sa France bien-aimée,Décapitée, aux pieds du César expirant.
Dieu, qui jugeait cet homme et cette renommée,Rappela Jésus-Christ ; mais l’abîme, s’ouvrant,Ne rendit qu’un vain souffle, un spectre de fumée :Le demi-dieu, vaincu, se releva plus grand.
Alors on vit sortir du fond du purgatoireUn jeune homme inondé des pleurs de la Victoire,Qui tendit sa main pure aux monarques des cieux ;
Frappés au flanc tous deux par un double mystère,L’un répandait son sang pour féconder la terre,L’autre versait au ciel la semence des dieux !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Michel Lévy frères, 1877· numérisation gallica.fr· Sources