Œuvres complètes (poésies), 1826‑1846· Poésies diverses
Le relais
En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.
Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un ruisseau qui murmure entre les peupliers,Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !
On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,Et sans penser à rien on regarde les cieux.Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »
1831.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Michel Lévy frères, 1877· numérisation gallica.fr· Sources