Œuvres complètes (poésies), 1826‑1846· Poésies diverses
Nobles et valets
Les nobles d’autrefois, dont parlent les romans,Ces preux à fronts de bœuf, à figures dantesques,Dont les corps charpentés d’ossements gigantesquesSemblaient avoir au sol racine et fondement ;
S’ils revenaient au monde, et qu’il leur prît l’idéeDe voir les héritiers de leurs noms immortels,Race de laridons, encombrant les hôtelsDes ministres, — rampante, avide et dégradée ;
Êtres grêles, à buscs, plastrons et faux mollets : —Certes, ils comprendraient alors, ces nobles hommes,Que, depuis les vieux temps, au sang des gentilshommesLeurs filles ont mêlé bien du sang de valets !
1831.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Michel Lévy frères, 1877· numérisation gallica.fr· Sources