Petits châteaux de Bohême, 1853· Troisième château· Mysticisme
Daphné
Jam redit et virgo…
La connais-tu, Daphné, cette ancienne romance,Au pied du sycomore, ou sous les mûriers blancs,Sous l’olivier, le myrthe, ou les saules tremblants,Cette chanson d’amour, qui toujours recommence !
Reconnais-tu le Temple au péristyle immense,Et les citrons amers où s’imprimaient tes dents,Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,Où du dragon vaincu dort l’antique semence ?…
Ils reviendront, ces Dieux, que tu pleures toujours…Le temps va ramener l’ordre des anciens jours,La terre a tressailli d’un souffle prophétique :
Cependant la sybille, au visage latin,Est endormie encor sous l’arc de Constantin…Et rien n’a dérangé le sévère Portique.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits châteaux de Bohême, Paris, E. Didier, 1853· numérisation gallica.fr· Sources