Petits châteaux de Bohême, 1853· Premier château· Odelettes
Le point noir
Quiconque a regardé le soleil fixementCroit voir devant ses yeux voler obstinémentAutour de lui, dans l’air, une tache livide.
Ainsi tout jeune encore et plus audacieux,Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :Un point noir est resté dans mon regard avide.
Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon œil,Je la vois se poser aussi, la tache noire !
Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur !Oh ! c’est que l’aigle seul – malheur à nous, malheur ! –Contemple impunément le Soleil et la Gloire.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits châteaux de Bohême, Paris, E. Didier, 1853· numérisation gallica.fr· Sources