Petits châteaux de Bohême, 1853· Premier château· Odelettes
Politique
1852
Dans Sainte-Pélagie,Sous ce règne élargie,Où, rêveur et pensif,Je vis captif,
Pas une herbe ne pousseEt pas un brin de mousseLe long des murs grillésEt frais taillés.
Oiseau qui fends l’espace…Et toi, brise, qui passeSur l’étroit horizonDe la prison,
Dans votre vol superbeApportez-moi quelque herbe,Quelque gramen, mouvantSa tête au vent !
Qu’à mes pieds tourbillonneUne feuille d’automnePeinte de cent couleursGomme les fleurs !
Pour que mon âme tristeSache encor qu’il existeUne nature, un DieuDehors ce lieu.
Faites-moi cette joie,Qu’un instant je revoieQuelque chose de vertAvant l’hiver !
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits châteaux de Bohême, Paris, E. Didier, 1853· numérisation gallica.fr· Sources