Poèmes de l’Amour, 1924
XIV. « Jadis je me sentais unique »
Jadis je me sentais unique,Je vivais sous mes propres lois.Aujourd’hui j’échange avec toiLa vie orageuse et mystique.Songe à ce transfert magnifique !
Par ce tendre appauvrissementJe n’ai plus rien qui soit vraimentMa solitude et ma défense ;Et même quand la nuit commence,Solitaire, avec le fardeauDe ta vague et pesante absence,Le glissant enchevêtrementDes sombres cheveux sur mon dosN’appartient plus à mon repos,Mais me rattache à toi. — Je penseÀ ta suave bienfaisance,Quand tu jettes à demi-mot,À travers la grâce et l’offense,Sur mon cœur bandé de sanglots,Un chant moins long que mon écho…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abbaa] 2[aa] 1[aabab] 1[abbab]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a unique / mystique / magnifique féminine, classiqueb lois / toi masculine, non classiquea appauvrissement / vraiment masculine, classiqueb défense / commence féminine, classiquec fardeau / dos masculine, classiqued absence / pense féminine, non classiquee repos / demi-mot masculine, classiquef bienfaisance / l’offense féminine, non classiqueg sanglots / écho masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 2.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources