Poèmes de l’Amour, 1924
CXLVIII. « Parfois, quand j’aperçois mon flamboyant visage »
Parfois, quand j’aperçois‖ mon flamboyant visage,Lorsqu’il vient d’échapper‖ à ta bouche et tes doigts,Je ne reconnais pas‖ cette exultante image,Et je contemple avec‖ un déférent effroiCette beauté que je te dois !
Comme de bleus raisins‖ mes noirs cheveux oscillent,Ma joue est écarlate‖ et mon œil qui jubileMêle à sa calme joie‖ un triomphant maintien ;Je n’ai vu ce regard‖ florissant et païenQue chez les chèvres de Sicile !
Moment fier et sacré‖ où, sevré de désir,Mon cœur méditatif‖ dans l’espace contempleLa seule vérité,‖ dont nous sommes le temple ;Car que peut-il rester‖ dans le monde à saisirPour ceux qui, possédant‖ leur univers ensemble,Ont mis l’honneur dans le plaisir ?…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(ababb) 1(aabba) 1(abbaba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (13 de 12, 3 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 quintils, 1 sizain
- Mots à la rime
- a visage / image féminine, classiqueb doigts / effroi / dois masculine, non classiquea oscillent / jubile / Sicile féminine, non classiqueb maintien / païen masculine, non classiquea désir / saisir / plaisir masculine, classiqueb contemple / temple / ensemble féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 3.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources