Compléments, 1872‑1918· Premiers poèmes (1872-1879)
Fin d’automne
C’est le soir au jardin‖ du Luxembourg ; les portesVont se fermer ; le jour‖ qui meurt à l’horizonSemble un dernier adieu‖ de la douce saison ;Le pied foule un tapis‖ mourant de feuilles mortes.
La nuit lente descend ;‖ on entend s’apaiserDes passants attardés‖ les pas et les murmures ;Les groupes, sur leur socle,‖ au milieu des ramures,Pour conjurer le froid‖ échangent un baiser.
Car voici que l’Hiver‖ s’avance, triste et sombre !Vous allez être seuls,‖ ô pauvres marbres nus !Les amoureux discrets,‖ à vous tous bien connus,Ne viendront de longtemps‖ s’abriter à votre ombre.
Un brouillard gris et fin‖ s’estompe dans les airs ;Le mystère se fait‖ dans les mornes alléesQue hanteront bientôt‖ les bises désolées ;Les moineaux sont partis‖ et les bancs sont déserts.
Oh ! le triste retour‖ des saisons enrhumées !Déjà sur votre épaule‖ un frisson vient courir ;Déjà le cœur se serre‖ et, comme pour s’ouvrir,Aspire au chaud parfum‖ des chambres bien fermées.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a portes / mortes féminine, classiqueb l’horizon / saison masculine, classiquea s’apaiser / baiser masculine, classiqueb murmures / ramures féminine, classiquea sombre / ombre féminine, classiqueb nus / connus masculine, classiquea airs / déserts masculine, classiqueb allées / désolées féminine, classiquea enrhumées / fermées féminine, classiqueb courir / s’ouvrir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Figaro : journal non politique, Paris, Figaro, 1931-01-17· numérisation poetica.fr· Sources