Poésies d’Humilis, 1881· Vers inédits
Au Musée des Antiques
Elle veille en sa chaise étroite ;Quelque roi d’Égypte a sculptéDans l’extase et la gravitéLe corps droit et la tête droite.
Moitié coiffe et moitié bandeau,Fond pur à des lignes vermeilles,Un pan tourne autour des oreilles.Sa robe est la prison du Beau.
Ses yeux, de profonds péristylesOù ne passe rien de réel,De toute la largeur d’un cielS’ouvrent aux visions stériles ;
Et le menton rit tel qu’un fruit,Et la joue est une collineQuant à l’aile de la narine,C’est l’ibis envolé sans bruit.
De l’épaule menue et grasseLes bras courent le long des reinsJusques à ses genoux sereinsQue chacune des mains embrasse.
Et le plat des cuisses est telQu’il vous trouble et qu’il vous apaisePar des attirances de chaiseEt des solennités d’autel !
La fraîcheur du visage antiqueLaisse au vague appétit des yeuxDeviner les seins précieuxDans un pli trop énigmatique,
Et sous l’impur raffinementD’un profil qu’on rêve à des chèvres,C’est pour des dieux que vont les lèvresSouriant indéfiniment.
Pièce parue à la République des Lettres, le 13 août 1876.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a étroite / droite féminine, classiqueb sculpté / gravité masculine, classiquea bandeau / Beau masculine, classiqueb vermeilles / oreilles féminine, classiquea péristyles / stériles féminine, classiqueb réel / ciel masculine, classiquea fruit / bruit masculine, classiqueb colline / narine féminine, classiquea grasse / embrasse féminine, classiqueb reins / sereins masculine, classiquea tel / d’autel masculine, classiqueb apaise / chaise féminine, classiquea antique / énigmatique féminine, classiqueb yeux / précieux masculine, classiquea raffinement / indéfiniment masculine, classiqueb chèvres / lèvres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies d’Humilis et Vers Inédits, Paris, Albert Messein, Éditeur, 1924· numérisation poesies.net· Sources