Poésies d’Humilis, 1881· Poésies d’Humilis
Les Musées
Entrez dans les palais‖ grands ouverts à la foule ;Un jour limpide y luit,‖ l'heure paisible y coule,Le pied rit au miroir‖ des parquets précieux,Et loin, dans le plafonds‖ aussi hauts que les cieux,Bleu séjour de la muse‖ et du Dieu sous les voiles,L'œil voit trembler des chars,‖ des luths et des étoiles.
Sous la voûte, sur les paliers,Par les rampes en fleurs‖ et les grands escaliers,Un courant d'air vaste circule,Et douce est la fraîcheur où vous marchez,Parmi le peuple blanc‖ des marbres recherchés :Saluez, c'est Vénus ;‖ admirez, c'est Hercule !
Comme vous reposez les yeux,O blancheur sombre des musées !La fièvre de nos sens‖ expire dans ces lieux,Et nos âmes y sont‖ largement amusées.
O génie, ô lent créateur,Comme Dieu fait courir‖ la sève dans les arbres,Tu fais courir la vie‖ aux lignes des beaux marbres ;Et sur la pierre, à la hauteurDes bras de la statue‖ ou du col de l'amphore,L'œil croit voir voltiger encoreLes mains illustres du sculpteur.
Alors notre cœur se rappelleLe temps d'Auguste, l'âge‖ où florissait Apelle !Tout ceux dont un laurier‖ pressait le front puissant,Le pnyx sonore où rit‖ la troupe des esclaves,Les toges du forum,‖ les plis des laticlaves,César spirituel !‖ Sophocle éblouissant !
Rome, Athène ! O palais‖ que la colline élève !Vous, Romains, vous sculptez‖ à la pointe du glaive ;Et vous qui soupez chez les dieux,Vous possédez la grâce‖ et vous la versez toute,Athéniens, et c'est‖ chez vous que l'âme écouteLe grand hymne muet‖ qui chante pour les yeux,Le long des lignes, sous la voûteDe vos temples mélodieux.
Des anciens, endormis‖ au bruit frais des fontaines,Les âmes en rêvait‖ se promènent ici,Caressant tous les fronts‖ d'un regret adouci,Et font, sur les lèvres hautainesDes Romains et des Grecs‖ et de Tibère aussi,Chuchoter un long flot‖ de paroles lointaines.
O belle antiquité,‖ toute nouvelle encor !Berce-nous de tes bons murmures,Comme une abeille d'or,Que l'été de Paris‖ prendrait aux roses mûresPour la jeter en Prairial,GriséeEt bourdonnante, autour‖ de la salle apaisée,Où, visiteur royal,Par la vitre embrasée‖ au feu de ses prouesses,Le baiser du soleil‖ vient dorer les déesses.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(aabbcc) 1(aabaab) 1(abab) 1(abbacca) 1(aabccb) 1(aabccbcb) 1(abbaba) 1(ababcddcee)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (34 de 12, 15 de 8, 2 de 6, 1 de 2, 1 de 10)· profil 6, 8, 10, 6+6
- Strophes
- 4 sizains, 1 quatrain, 1 septain, 1 huitain, 1 dizain
- Mots à la rime
- a foule / coule féminine, classiqueb précieux / cieux masculine, classiquec voiles / étoiles féminine, classiquea paliers / escaliers masculine, classiqueb circule / Hercule féminine, classiquec marchez / recherchés masculine, classiquea yeux / lieux masculine, classiqueb musées / amusées féminine, classiquea créateur / hauteur / sculpteur masculine, classiqueb arbres / marbres féminine, classiquec l'amphore / encore féminine, classiquea rappelle / Apelle féminine, classiqueb puissant / éblouissant masculine, classiquec esclaves / laticlaves féminine, classiquea élève / glaive féminine, classiqueb dieux / yeux / mélodieux masculine, classiquec toute / écoute / voûte féminine, classiquea fontaines / hautaines / lointaines féminine, classiqueb ici / adouci / aussi masculine, classiquea encor / d'or masculine, classiqueb murmures / mûres féminine, classiquec Prairial / royal masculine, classiqued Grisée / apaisée féminine, classiquee prouesses / déesses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
53 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies d’Humilis et Vers Inédits, Paris, Albert Messein, Éditeur, 1924· numérisation poesies.net· Sources