Œuvres complètes, 1775‑1806
La journée champêtre
On m'a conté‖ qu'autrefois dans Palerme,Ville où l'Amour‖ eut toujours des autels,L'Amitié sut‖ d'un nœud durable et fermeUnir entre eux‖ quatre jeunes mortels.Égalité‖ de biens et de naissance,Conformité‖ d'humeur et de penchans,Tout s'y trouvait ;‖ l'habitude et le tempsDe ces liens‖ assuraient la puissance.L'aîné d'entre eux‖ ne comptait pas vingt ans ;C'était Volmon,‖ de qui l'air doux et sageMontrait un cœur‖ naïf et sans détour,Et qui jamais‖ des erreurs du bel âgeN'avait connu‖ que celle de l'Amour.Loin du fracas‖ et d'un monde frivole,Dans un réduit‖ préparé de leurs mains,Nos jeunes gens‖ venaient tous les matinsDe l'amitié‖ tenir la douce écoleOvide un jour‖ occupait leurs loisirs.Florval lisait‖ d'une voix attendrieCes vers touchans‖ où l'amant de JulieDe l'âge d'or‖ a chanté les plaisirs «Cet âge heureux‖ ne serait-il qu'un songe ?Reprit Talcis,‖ quand Florval eut fini.N'en doutez point,‖ lui répondit Volny ;Tant de bonheur‖ est toujours un mensonge. »
« Et pourquoi donc ?‖ toute l'antiquité,Plus près que nous‖ de cet âge vanté,En a transmis‖ et pleuré la mémoire. »
« L’antiquité ment un peu, comme on saitIl faut plutôt‖ l'admirer que la croire.Ouvre les yeux,‖ vois l'homme ; et ce qu'il estDe ce qu'il fut‖ te donnera l'histoire. »
« L'enfant qui plut‖ par ses jeunes attraitsA soixante ans‖ conserve-t-il ses traits ?L'homme a vieilli ;‖ sans doute en son enfance.Il ne fut point‖ ce qu'il est aujourd'hui.Si l'univers‖ a jamais pris naissance,Ces jours si beaux‖ ont dû naître avec lui. »
« Rien ne viellit…‖ » Volmon alors se lève : «Mes chers amis,‖ tous trois vous parlez d'or ;Mais je prétends‖ qu'il vaudrait mieux encorRéaliser‖ entre nous ce beau rêve.Loin de Palerme‖ à l'ombre dès vergers,Pour un seul jour‖ devenons tous bergers.Mai* gardons-nous‖ d'oublier nos bergères.De l'innocence‖ elles ont tous les goûts :Parons leurs mains‖ de houlettes légères ;L'amour champêtre‖ est, dit-on, le plus doux. »Avec transports‖ cette offre est écoutée ;On la répète,‖ et chacun d'applaudir :Laure et Zulmis‖ voudraient déjà partirÉglé sourit,‖ Naïs est enchantée ;On fixe un jour ;‖ et ce jour attenduCommence à peine,‖ on part, on est rendu.
Sur le penchant‖ d'une haute montagneLa main du Goût‖ construisit un château',D'où l'œil au loin‖ se perd dans la campagne.De ses côtés‖ part un double coteau.L'un est couvert‖ d'un antique feuillage »Que la cognée‖ a toujours respecté ;Du voyageur‖ il est peu fréquenté,Et n'offre aux yeux‖ qu'une beauté sauvage.L'autre présente‖ un tableau plus riant :L'épi jaunit ;‖ Zéphyre, en s'égayant,Aime à glisser‖ sur la moisson dorée ;Et tout auprès‖ la grappe coloréeFait succomber‖ le rameau chancelant.Ces deux coteaux,‖ arrondis en ovale,Forment au loin‖ un vallon spacieux,Dont la Nature,‖ admirable en ces jeux,A bigarré‖ la surface inégale.Ici s'élève‖ un groupe d'orangersDont les fruits d'or‖ pendent sur des fontaines ;Plus loin fleurit,‖ sous l'abri des vieux chênes,Le noisetier‖ si chéri des bergers ;A quelques pas‖ se forme une éminence,D'où le pasteur‖ appelle son troupeau ;De là sou œil‖ suit avec complaisanceTous les détours‖ d'un paisible ruisseau :En serpentant,‖ il baigne la prairie,Il fuit, revient‖ dans la plaine fleurieOù tour à tour‖ il murmure et se tait,Se rétrécit‖ et coule avec vitesse,Puis s'élargit‖ et reprend sa paresse,Pour faire encor‖ le chemin qu'il a fait :Mais un rocher‖ barre son onde pure ;Triste, il parait‖ étranger dans ces lieux ;Son ombre au loin‖ s'étend sur la verdure,Et l'herbe croît‖ sur son front sourcilleux.L'onde, à ses pieds,‖ revient sur elle-même,Ouvre deux bras‖ pour baigner ses contours,S'unit encore,‖ et dans ces champs qu'elle aimeVa sous les fleurs‖ recommencer son cours.
Voilà l'asile‖ où la troupe amoureuseVient accomplir‖ le projet de Volmon.Là n'entrent point‖ l'Étiquette orgueilleuse,Et les Ennuis‖ attachés au bon ton.La Liberté‖ doit régner au village.Un jupon court,‖ parsemé de feuillage,A remplacé‖ l'enflure des paniers ;Le pied mignon‖ sort des riches souliersPour mieux fouler‖ la verdure fleurie ;La robe tombe,‖ et la jambe arrondieA l'œil charmé‖ se découvre à moitié ;De la toilette‖ on renverse l'ouvrage ;Dans sa longueur‖ le chignon déployéFlotte affranchi‖ de son triste esclavage ;La propreté‖ succède aux ornemens ;Du corps étroit‖ on a brisé la chaîne ;Le sein se gonfle‖ et s'arrondit sans peineDans un corset‖ noué par les amans ;Le front, caché‖ sous un chapeau de roses,Ne soutient plus‖ le poids des diamans ;La beauté gagne‖ à ces métamorphoses ;Et nos amis,‖ dans leur fidélité,Du changement‖ goûtent la volupté.
Dans la vallée‖ on descend au plus vite,Et des témoins‖ on fuit l'œil indiscret ;La Liberté,‖ l'Amour, et le Secret,De nos bergers‖ forment toute la suite.
Déjà du ciel‖ l'azur était voilé.Déjà la Nuit‖ de son char étoiléSur ces beaux lieux‖ laissait tomber son ombre ;D'un pied léger‖ on franchit le coteau,Et ces chansons‖ vont réveiller l'ÉchoQui reposait‖ dans la caverne sombre :
« Couvre le muet univers,Parais, Nuit propice et tranquille,Et fais tomber sur cet asileLa paix qui règne dans les airs.
Ton sceptre impose à la natureUn silence majestueux ;On n'entend plus que le murmureDu ruisseau qui coule en ces lieux.
Sois désormais moins diligente,Belle avant-courière du jour ;La Volupté douce et tremblanteFuit et se cache à ton retour.
Tu viens dissiper les mensongesQui berçaient les tristes mortels :Et la foule des jolis songesS'enfuit devant les maux réels.
Pour nous, réveillons-nous sans cesse,Et sacrifions à Vénus.Il vient un temps, ô ma maîtresse,Où l'on ne se réveille plus. »
Le long du bois‖ quatre toits de feuillageSont élevés‖ sur les bords du ruisseau ;Et le Sommeil,‖ qui se plaît au village,N'oublia point‖ cet asile nouveau.L'ombre s'enfuit ;‖ l'amante de CéphaleDe la lumière‖ annonçait le retour,Et. s'appuyant‖ sur les portes du jour,Laissait tomber‖ le rubis et l'opale.Les habitans‖ des paisibles hameauxSe répandaient‖ au loin dans la campagneLa cornemuse‖ éveillait les troupeaux ;En bondissant‖ les folâtres agneauxAllaient blanchir‖ le flanc de la montagne ;De mille oiseaux‖ le ramage éclatantDe ce beau jour‖ saluait la naissance.Volmon se lève,‖ et Zulmis le devance :Leurs yeux charmés‖ avec étonnementA son réveil‖ contemplent la nature.Ce doux spectacle‖ était nouveau pour eux ;Et des cités‖ habitons paresseux,Ils s'étonnaient‖ de fouler la verdure,A l'instant même‖ où tant d'êtres oisifs,Pour échapper‖ à l'ennui qui des presseSur des carreaux‖ dressés par la MollesseCherchent en vain‖ quelques pavots tardifs.
Reine un moment,‖ déjà la jeune AuroreAbandonnait‖ l'horizon moins vermeil ;Volny soupire,‖ et détourne sur LaureDes yeux chargés‖ d'amour et de sommeil.A ses côtés‖ la belle demi-nueDormait encore ;‖ une jambe étendueSemble chercher‖ l'aisance et la fraîcheur,Et laisse voir‖ ces charmes dont la vueEst pour l'amant‖ la dernière faveur.Sur une main‖ sa tête se repose ;L'autre s'allonge,‖ et, pendant hors du lit,A chaque doigt‖ fait descendre une roseSa bouche encore‖ et s'entr'ouvre et sourit.Mais tout-à-coup‖ son paisible visageS'est coloré‖ d'un vermillon brillant.Sans doute alors‖ un songe caressantDes voluptés‖ lui retraçait l'image.Volny, qui voit‖ son sourire naissant,Parmi les fleurs‖ qui parfument sa couchePrend une rose,‖ et, près d'elle à genoux,Avec lenteur‖ la passe sur sa bouche,En y joignant‖ le baiser le plus doux.
Pour consacrer‖ la nouvelle journée,On dut choisir‖ un cantique à l'Amour ;Il exauça‖ l'oraison fortunée,Et descendit‖ dans ce riant séjour.Voici les vers‖ qu'on chantait tour à tour :
« Divinités que je regrette,Hâtez-vous d'animer ces lieux.Êtres charmans et fabuleux,Sans vous la nature est muette.
Jeune épouse du vieux Tithon,Pleure sur la rose naissante ;Écho, redeviens une amante ;Soleil, sois encore Apollon.
Tendre Io, paissez la verdure ;Naïades, habitez ces eaux,Et de ces modestes ruisseaux,Ennoblissez la source pure.
Nymphes, courez au fond des bois,Et craignez les feux du satyre ;Que Philomèle une autre foisA Progné conte son martyre.
Renaissez, Amours ingénus ;Reviens, volage époux de Flore ;Ressuscitez, Grâces, Vénus ;Sur des païens régnez encore.C'est aux champs que l'Amour naquit ;L'Amour se déplaît à la ville.Un bocage fut son asile,Un gazon fut son premier lit ;El les bergers et les bergèresAccoururent à son berceau ;L'azur des cieux devint plus beau ;Les vents de leurs ailes légèresOsaient à peine raser l'eau ;Tout se taisait jusqu'à Zéphyre ;Et, dans ce moment enchanteur,La Nature sembla sourire,Et rendre hommage à son auteur. »
Zulmis alors‖ ouvre la bergerie,Et le troupeau‖ qui s'échappe soudainCourt deux à deux‖ sûr l'herbe rajeunie.Volmon le suit,‖ la houlette à la main.Un peu plus loin‖ Florval et son amanteGardent aussi‖ les dociles moutons.Ils souriaient‖ quand leur bouche ignoranteSur le pipeau‖ cherchait en vain des son*.Dans un verger‖ planté par la Nature,Où tous les fruits‖ mûrissent sans culture,La jeune Églé‖ porte déjà ses pas.Quand les rameaux‖ s'éloignent de ses bras,L'heureux Talcis‖ l'enlève avec mollesse :Il la soutient,‖ et ses doigts délicatsVont dégarnir‖ la branche qu'elle abaisse.A d'autres soins‖ Volny s'est arrêté.Entre ses mains‖ le lait coule et ruisselle ;Et près de lui‖ son amante fidèle.Durcit ce lait‖ en fromage apprêté.
Aimables soins !‖ travaux doux et faciles !Vous occupez‖ en donnant le repos ;Biens différens‖ du tumulte des villes,Où les plaisirs‖ deviennent des travaux.
Le dieu du jour,‖ poursuivant sa carrière,Règne en tyran‖ sur l'univers soumis.Son char de feu‖ brûle autant qu'il éclaire,Et ses rayons,‖ en faisceaux réunis,D'un pôle à l'autre‖ embrasent l'hémisphère.Heureux alors,‖ heureux le voyageurQui sur sa route‖ aperçoit un bocageOù le Zéphyr,‖ soupirant la fraîcheur,Fait tressaillir‖ le mobile feuillage !
Un bassin pur‖ s'étendait sous l'ombrage ;Je vois tomber‖ les jaloux vêtemens,Qui, dénoués‖ par la main des amans,Restent épars‖ sur l'herbe du rivage.Un voile seul‖ s'étend sur les appas :Mais il les couvre‖ et ne les cache pas.Des vêtemens‖ tel fut jadis l'usage.Laure et Talcis,‖ en dépit des chaleurs,A la prairie‖ ont dérobé ses fleurs,Et du bassin‖ ils couvrent la surface.L'onde gémit ;‖ tous les bras dépouillésGlissent déjà‖ sur les flots émaillés,Et le nageur‖ laisse après lui sa trace.En vain mes vers‖ voudraient peindre leurs jeux.Bientôt du corps‖ la toile obéissanteSuit la rondeur‖ et les contours moelleuxL'amant sourit‖ et dévore des yeuxDe mille attraits‖ la forme séduisante,Lorsque Zulmis‖ s'élança hors du bain,L'heureux Volmon‖ l'essuya de sa main.Qu'avec douceur‖ cette main téméraireSe promenait‖ sur la jeune bergère,Qui la laissa‖ recommencer trois fois !Qu'avec transport‖ il pressait sous ses doigtsEt la rondeur‖ d'une cuisse d'ivoire,Et ce beau sein‖ dont le bouton naissantCherche à percer‖ le voile transparent !Ce doux travail‖ fut long, comme on peut croire ;Mais il finit :‖ bientôt de toutes partsLa Modestie‖ élève des rempartsEntre l'amante‖ et l'amant qui soupire.Volmon les voit,‖ et je l'entends maudireCet art heureux‖ de cacher la laideur,Qu'on décora‖ du beau nom de pudeur.Volny s'avance,‖ et prenant la parole : »Par la chaleur‖ retenus dans ces lieux,Trompons du moins‖ le temps par quelques jeux,Par des récits,‖ par un conte frivole.On sait qu'Hercule‖ aima le jeune HylasDans ses travaux,‖ dans ses courses pénibles,Ce bel enfant‖ suivait toujours ses pas ;Il le prenait‖ dans ses mains invincibles ;Ses yeux alors‖ se montraient moins terribles ;Le fer cruel‖ ne couvrait plus son bras ;Et l'univers,‖ et Vénus, et la gloire,Étaient déjà‖ bien loin de sa mémoire.Tous deux un jour‖ arrivent dans un boisOù la chaleur‖ ne pouvait s'introduire,En attendant‖ le retour de Zéphyre,Le voyageur‖ y dormait quelquefois.Notre héros‖ sur l'herbe fleurissanteLaisse tomber‖ son armure pesante,Et puis s'allonge‖ et respire le frais,Tandis qu'Hylas,‖ d'une main diligente,D'un dîner simple‖ ayant fait les apprêts,Dans le vallon‖ qui s'étendait auprèsS'en va puiser‖ une eau rafraîchissante.Il voit de loin‖ un bosquet d'orangers,Et d'une source‖ il entend le murmure ;Il court, il vole‖ où cette source pureDans un bassin‖ conduit ses flots légers.De ce bassin‖ les jeunes souverainesQuittaient alors‖ leurs grottes souterraines ;Sur le cristal‖ leurs membres déployésS'entrelaçaient‖ et jouaient avec grâce ;Ils fendaient l'onde,‖ et leurs jeux variés,Sans la troubler‖ agitaient sa surface.Hylas arrive,‖ une cruche à la main,Ne songeant guère‖ aux Nymphes qui l'admirent ;Il s'agenouille,‖ il la plonge, et soudainAu fond des eaux‖ les Naïades l'attirent.Sous un beau ciel,‖ lorsque la nuit parait,Avez-vous vu‖ l'étoile étincelante.Se détacher‖ de sa voûte brillante,Et dans les flots‖ s'élancer comme un trait ?Dans un verger,‖ sur la fin de l'automne,Avez-vous vu‖ le fruit, dès qu'il mûrit,Quitter la branche‖ où long-temps il pendit,Pour se plonger‖ dans l'onde qui bouillonne ?Soudain il part,‖ et l'œil en vain le suit.Tel disparaît‖ le favori d'Alcide.Entre leurs bras‖ les Nymphes l'ont reçu ;Et, l'échauffant‖ sur leur sein demi-nu,L'ont fait entrer‖ dans le palais humide.Bientôt Hercule,‖ inquiet et troublé,Accuse Hylas‖ dans son impatience,Il craint, il tremble,‖ et son cœur désoléConnaît alors‖ le chagrin de l'absence.Il se relève,‖ il appelle trois fois,Et par trois fois,‖ comme un souffle insensible,Du sein des flots‖ sort une faible voix.Il rentre et court‖ dans la forêt paisible,Il cherche Hylas ;‖ ô tourment du désir !Le jour déjà‖ commençait à s'enfuir ;Son âme alors‖ s'ouvre toute à la rage ;La terre au loin‖ retentit sous ses pas ;Des pleurs brûlans‖ sillonnent son visage ;Terrible, il crie :‖ Hylas ! Hylas ! Hylas !Du fond des bois‖ Écho répond : Hylas !Et cependant‖ les folâtres déessesSur leurs genoux‖ tenaient l'aimable enfant,Lui prodiguaient‖ les plus douces caresses,Et rassuraient‖ son cœur toujours tremblant. »
Volny se tut ;‖ les naïves bergèresÉcoutaient bien,‖ mais ne comprenaient guères.L'antiquité,‖ si charmante d'ailleurs,Dans ses plaisirs‖ n'était pas scrupuleuse.De ses amours‖ la peinture odieuseDépare un peu‖ ses écrits enchanteurs.Lorsque, ennuyé‖ des baisers de sa belle,Anacréon,‖ dans son égarement,Porte à Bathyle‖ un encens fait pour elle,Sa voix afflige‖ et n'a rien de touchant.Combien de fois,‖ vif et léger Catulle,En vous lisant‖ je rougissais pour vous !Combien de fois,‖ voluptueux Tibulle ;J'ai repoussé‖ dans mes justes dégoûtsCes vers heureux‖ qui devenaient moins doux !Et vous encore,‖ ô modeste Virgile !Votre âme simple,‖ et naïve, et tranquille,A donc connu‖ là fureur de ces goûts ?Pour Cupidon‖ quand vous quittez les Grâces,Cessez vos chants‖ et rougissez du moinsOn suit encor‖ vos leçons efficaces ;Mais, pour les suivre,‖ on prend de justes soins,Et l'on se cache‖ en marchant sur vos traces.Vous m'entendez,‖ prêtresses de Lesbos,Vous, de Sapho‖ disciples renaissantes ?Ah ! croyez-moi,‖ retournez à Paphos,Et choisissez‖ des erreurs plus touchantes.De votre cœur‖ écoulez mieux la voix ;Ne cherchez point‖ des voluptés nouvelles.Malgré vos vœux‖ la Nature a ses lois,Et c'est pour nous‖ que sa main vous fit belles.
Mais revenons‖ à nos premiers plaisirs,Tournons les yeux‖ sur la troupe amoureuseQui dans un bois,‖ refuge des Zéphirs,Et qu'arrosait‖ une onde paresseuse,Vient d'apprêter‖ le. rustique repas.La propreté‖ veillait sur tous les plats.La jeune Flore,‖ avec ses doigts de rose,Avait de fleur‖ tapissé le gazon.Le dieu du vin‖ dans le ruisseau déposeCe doux nectar‖ qui trouble la raison.A son aspect‖ l'appétit se réveille ;Le fruit parait ;‖ de feuilles couronné,En pyramide‖ il remplit la corbeille ;Et dans l'osier‖ le lait emprisonnéBlanchit auprès‖ de la pêche vermeille.De ce repas‖ on bannit avec soinLes froids bons mots‖ toujours prévus de loin,Les longs détails‖ de l'intrigue nouvelle,Les calembours‖ si goûtés dans Paris,Des complimens‖ la routine éternelle,Et les fadeurs‖ et les demi-souris.La Liberté‖ n'y voulut introduireQue les plaisirs‖ en usage à Paphos ;Le Sentiment‖ dictait tous les propos,Et l'on riait‖ sans projeter de rire.On termina‖ le festin par des chants.La voix d'Églé,‖ molle et voluptueuse,Fit retentir‖ ses timides accens ;El les soupirs‖ de la flûte amoureuse,Mêlés aux siens,‖ paraissaient plus touchans.L'eau qui fuyait,‖ pour la voir et l'entendre,Comme autrefois‖ n'arrêta point son cours ;Le chêne altier‖ n'en devint pas plus tendre,Et les rochers‖ n'en étaient pas moins sourds ;Rien ne changea :‖ mais l'oreille attentiveJusques au cœur‖ transmettait tous ses sons ;En les peignant,‖ sa voix douce et naïveFaisait germer‖ les tendres passions.L'heureux Volny,‖ placé vis-à-vis d'elle,Volny, charmé‖ de sa grâce nouvelle,Et de ses chants‖ fidèle admirateur,Applaudissait‖ avec trop de chaleur.Églé se tait,‖ Volny l'écoute encore,Et tient fixés‖ ses regards attendrisSur celte bouche‖ où voltigent les Ris,Et d'où sortait‖ une voix si sonore.Laure voit tout ;‖ que ne voit point l'Amour !De cet oubli‖ son âme est offensée ;Et pour venger‖ sa Vanité blessée,Elle prétend‖ l'imiter à son tour.Au seul Talcis‖ elle affecte de prendreUn intérêt‖ qu'elle ne prenait pas ;Sa voix pour lui‖ voulait devenir tendre ;Ses yeux distraits‖ voulaient suivre ses pas ;Et Quand Volny‖ revint à sa maîtresse,Un froid accueil‖ affligea sa tendresse.Il nomme Laure,‖ elle ne l'entend plus ;Il veut parler,‖ on lui répond à peine.C'en est assez ;‖ mille soupçons confusOnt pénétré‖ dans son âme incertaine.Amans, amans,‖ voilà votre portrait !Un sort malin‖ vous promène sans cesseDes pleurs aux ris,‖ des ris à la tristesse ;Un rien vous choque,‖ un rien vous satisfait ;Un rien détruit‖ ce qu'un rien a fait naître !Tous vos plaisirs‖ sont voisins d'un tourment,Et vos tourmens‖ sont des plaisirs peut-être.Ah ! l'on dit vrai,‖ l'Amour n'est qu'un enfant.
Volny rêvait,‖ à sa douleur en proie ;Et ses amis,‖ égayés par le vin,Remarquaient peu‖ son trouble et son chagrin.Pour modérer‖ les excès de leur joie,Zulmis s'assied,‖ et leur fait ce récit,Amour dictait,‖ Amour me l'a redit. «Dans ces. beaux lieux‖ où paisible et fidèleL'heureux Ladon‖ coule parmi les fleurs,Du dieu dé Gnide‖ une jeune immortelleFuyait, dit-on,‖ les trompeuses douceurs ;C'était Syrinx.‖ Pan soupira près d'elle,Et pour ses soins‖ n'obtint que des rigueurs.Au bord du fleuve,‖ un jour que l'inhumaineSe promenait‖ au milieu de ses sœurs,Pan l'aperçoit,‖ et vole dans la plaine,Bien résolu‖ d'arracher ses faveursQue l'Amour donne‖ et ne veut pas qu'on prenne.A cet aspect,‖ tremblant pour ses appas,La nymphe fuit,‖ et ses pieds délicatsSans la blesser‖ glissent sur la verdure.Déjà la fleur‖ qui formait sa parureTombe du front‖ qu'elle crut embellir ;Et, balancés‖ sur l'aile du Zéphyr,Ses longs cheveux‖ flottent à l'aventure.Tremblez, Syrinx :‖ vos charmes demi-nusVont se faner‖ sous une main profane,Et vous allez‖ des autels de DianePasser enfin‖ aux autels de Vénus.Dieu de ces bords,‖ sauve-moi d'un outrage !Elle avait dit ;‖ sur l'humide rivageSon pied léger‖ s'arrête et ne fuit plus ;Au fond des eaux‖ l'un et l'autre se plongent ;Sa voix expire ;‖ et dans l'air étendusDéjà ses bras‖ en feuilles se prolongent ;Son sein caché‖ sous un voile nouveauPalpite encore‖ en changeant de nature ;Ses cheveux noirs‖ se couvrent de verdure ;Et sur son corps‖ qui s'effile en roseauLes nœuds pareils,‖ arrondis en anneau,Des membres nus‖ laissent voir la jointure.Le dieu, saisi‖ d'une soudaine horreur,S'est arrêté ;‖ sous la feuille tremblanteSes yeux séduits‖ et trompés par son cœurCherchent encor‖ sa fugitive amante.Mais tout-à-coup‖ le Zéphyre empresséVient se poser sur la tige naissante,Et par ses jeux‖ le roseau balancé.Forme dans l'air‖ une plainte mourante.Ah ! dit le dieu,‖ ce soupir est pour moi ;Trop tard, hélas !‖ son cœur, devient sensible.Nymphe chérie‖ et toujours inflexibleJ'aurai du moins‖ ce qui reste de toi.Parlant ainsi,‖ du roseau qu'il embrasseSes doigts tremblans‖ détachent les tuyaux ;Il les polit,‖ et la cire tenaceUnit entre eux‖ les dîfférens morceaux.Bientôt sept trous‖ de largeur inégaleDes tons divers‖ ont fixé l'intervalle.Sa bouche alors‖ s'y colle avec ardeur.Des sons nouveaux‖ l'heureuse mélodie,De ses soupirs‖ imitant la douceur,Retentissait‖ dans son âme attendrie.Reste adoré‖ de ce que j'aimais tant,S'écria-t-il,‖ résonne dans ces plaines ;Soir et matin‖ tu rediras mes peines,Et des amours‖ tu seras l'instrument. »« Je le vois trop,‖ reprit la jeune Laure,On ne saurait‖ commander aux Amour .Apollon même‖ et tous ses beaux discoursNe touchent point‖ la Nymphe qu'il adore.Non, dit Florval,‖ et sur le Pinde encoreSes nourrissons,‖ de lauriers couronnés ;Trouvent souvent‖ de nouvelles Daphnés.La Vanité‖ sourit à leur hommage ;On leur prodigue‖ un éloge flatteur ;Mais rarement‖ de l'amour de l'ouvrageLa beauté passe‖ à l'amour de l'auteur.Lorsque Sapho prenait sa lyre,Et lui confiait ses douleurs,Tous les yeux répandaient des pleurs,Tous les cœurs sentaient son martyre.Mais ses chants aimés d'Apollon,Ses chants heureux, pleins de sa flammeEt du désordre de son âme,Ne pouvaient attendrir Phaon.Gallus, dont la muse touchantePeignait si bien la volupté,Gallus n'en fut pas moins quitté ;Et sa Lycoris inconstanteSuivit, en dépit des hivers,Un soldat robuste et sauvageQui faisait de moins jolis vers,Et n'en plaisait que mieux, je gage.Pétrarque ( à ce mot un soupirÉchappe à tous les cœurs sensibles ),Pétrarque, dont les chants flexiblesInspiraient partout le plaisir,N'inspira jamais rien à Laure ;Elle fut sourde à ses accens ;Et Vaucluse répète encoreSa plainte et ses gémissemens.Waller soupira pour sa belleLes sons les plus mélodieux ;Il parlait la langue des dieux,El Sacliarissa fut cruelle.
Ainsi ces peintres enchanteursQui des Amours tiennent l'écoleDe l'Amour qui fut leur idoleN'éprouvèrent que les rigueurs.Mais leur voix touchante et sonoreS'est fait entendre à l'univers ;Les Grâces ont appris leurs vers,Et Paphos les redit encore.Leurs peines, leurs chagrins d'un jourLaissent une longue mémoire ;Et leur muse, en cherchant l'Amour,A du moins rencontré la Gloire. »Florval ainsi‖ critique les erreursDont il ne peut‖ garantir sa jeunesse :Car trop souvent‖ aux rives du PermessePour le laurier‖ il néglige les fleurs.
De ces récits‖ l'enchaînement paisibleDu triste amant‖ redoublait le chagrin ;Il observait‖ un silence pénible.De sa maîtresse‖ il se rapproche enfin : «Rassurez-vous‖ je vais par mon absenceFavoriser‖ vos innocens projets.— Il n'est plus temps‖ d'éviter ma présence ;J'ai pénétré‖ vos sentimens secrets.— Un autre plaît,‖ et Laure est infidèle.— A vos regards‖ une autre est la plus belle.— En lui parlant‖ vous avez soupiré.— Vous l'écoutiez,‖ et vous n'écoutiez qu'elle.— Aimez en paix‖ ce rival adoré.— Soyez heureux‖ dans votre amour nouvelle.— Oubliez-moi.‖ — Je vous imiterai. »Volny s'éloigne,‖ et pour cacher ses larmesDu bois voisin‖ il cherche l'épaisseur.Laure en gémit ;‖ les plus vives alarmesVont la punir‖ d'un moment de rigueur.La Vanité‖ se trouvant satisfaite,Bientôt l'amour‖ parle en maître à son cœur :Elle maudit‖ sa colère indiscrète,S'accuse seule,‖ et cache de sa mainLes pleurs naissans‖ qui mouillent son beau sein.
Le regard morne‖ et fixé sur la terre,Volny déjà,‖ seul avec son ennui,Était entré‖ dans la même chaumièreQue sa maîtresse‖ habitait avec lui.Faible, il s'assied‖ sur ce lit de feuillageSi bien connu‖ par un plus doux usage.Là tout-à-coup,‖ au milieu des sanglots,Son cœur trop plein‖ s'ouvre, et laisse un passageA la douleur‖ qui s'exhale en ces mots : «Ah ! je lirais‖ d'un œil sec et tranquilleDe mon trépas‖ l'arrêt inattendu ;Mais je succombe‖ à ce coup imprévu,Et sous son poids‖ je demeure immobile.Oui, pour jamais‖ je renonce aux Amours,A l'Amitié‖ cent fois plus criminelle,Et dans un bois‖ cachant mes tristes jours,Je haïrai ;‖ la haine est moins cruelle. »Tousses amis‖ entrent dans ce moment.Le cœur rempli‖ de crainte et d'espérance,Laure suivait ;‖ elle voit son amant,Et dans ses bras‖ soudain elle s'élance.L'ingrat Volny,‖ pressé de toutes parts,Ne voulut point‖ se retourner vers Laure ;Il savait trop‖ qu'un seul de ses regardsEût obtenu‖ ce pardon qu'elle implore. «Ah ! dans tes yeux‖ mets au moins tes refus. —Je suis trahi,‖ non, vous ne m'aimez plus. »Sa main alors‖ repousse cette amanteQui d'un seul mot‖ attendait son bonheur ;Mais aussitôt‖ condamnant sa rigueur,Il se retourne‖ et la voit expirante.A cet aspect‖ quelle fut sa douleur !Il la saisit,‖ dans ses bras il la presse,Étend ses doigts‖ pour réchauffer son cœur,Lui parle en vain,‖ la nomme sa maîtresse,Et de baisers‖ la couvre avec ardeur.De ces baisers‖ l'amoureuse chaleurRappelle enfin‖ la bergère à la vie ;Elle renaît,‖ et se voit dans ses bras.Quel doux moment !‖ son âme trop ravieRetourne encore‖ aux portes du trépas ;Mais son ami‖ par de vives caressesLui rend encor‖ l'usage de ses sens.Qui peut compter‖ leurs nouvelles promesses,Leurs doux regrets,‖ leurs transports renaissans ?Chaque témoin‖ en devint plus fidèle.Églé surtout‖ regardait son amant,Et soupirait‖ après une querelle,Pour le plaisir‖ du raccommodement.
La troupe sort,‖ et chacun dans la plaineS'en va tresser‖ des guirlandes de. fleurs.Avec plus d'art‖ mariant les couleurs,Déjà Talcis avait fini la sienne ;Quand sa maîtresse,‖ épiant le moment,D'entre ses doigts‖ l'arrache adroitement.La jette au loin,‖ sourit, et prend la fuite ;Puis en arrière‖ elle tourne des yeuxQui lui disaient :‖ Viens donc à ma poursuite.Il la comprit,‖ et n'en courait que mieux.Mais un faux pas‖ fit tomber la bergère,Et du zéphyr‖ le souffle téméraireVint dévoiler‖ ce qu'on voile si bien.On vit, Églé !‖… mais non, l'on ne vit rien ;Car ton amant,‖ réparant toutes choses,Jeta sur toi‖ des fleurs à pleines mains,Et dans l'instant‖ tous ces charmes divinsFurent cachés‖ sous un monceau de roses.De ses deux bras‖ le berger qui souritEntoure Églé‖ pour mieux cacher sa honte ;Et ce taux pas‖ rappelle à son espritCe récit court,‖ et qui n'est point un conte.
« Symbole heureux de la candeur,Jadis plus modeste et moins belle,Du lis qui naissait auprès d'elleLa rose eut, dit-on, la blancheur.Elle était alors sans épine,C'est un fait. Écoutez commentLui vint la couleur purpurine :J'aurai conté dans un moment.
Dans ce siècle de l'innocenceOù les dieux un peu. plus humains,Regardaient avec complaisanceL'univers sortant de leurs mains,Où l'homme sans aucune étude.Savait tout ce qu'il faut savoir,Où l'amour était un devoir,Et le plaisir une habitude,Au temps où Saturne régna,Une belle au matin de l'âge,Une seule, notez cela,Fut cruelle malgré l'usage.L'histoire ne dit pas pourquoi ;Mais elle avait rêvé, je gage,Et crut après de bonne foi,Qu'être vierge c'est être sage.Je ne veux point vous raconterPar quel art l'enfant de CythèreConduisit la simple bergèreA ce pas si doux à sauter :Dans une aventure amoureuse.Pour le conteur et pour l'amantToute préface est ennuyeuse,Venons bien vite au dénoûment.Elle y vint donc, et la verdureReçut ses charmes faits au tourQu'avait arrondis la NatureExprès pour les doigts de l'Amour.Alors une bouche brûlanteEffleure et rebaise à loisirCes appas voués au plaisir,Mais qu'une volupté naissanteN'avait jamais fait tressaillir.La pudeur voit, et prend la fuite ;Le berger fait ce qu'il lui plaît ;La bergère tout interdite.Ne conçoit rien à ce qu'il fait :Il saisit sa timide proie ;Elle redoute son bonheur,Et commence un cri de douleurQui se termine en cris de joie.
Cependant du gazon naissantQue foulait le couple folâtre,Une rose était l'ornement :Une goutte du plus beau sangRougit tout-à-coup son albâtre.Dans un coin le fripon d'AmourS'applaudissait de sa victoire,Et voulant de cet heureux jourLaisser parmi nous la mémoire : «Conserve à jamais ta couleur,Dit-il à la rose nouvelle ;De tes sœurs deviens la plus belle ;D'Hébé sois désormais la fleur ;Ne crois qu'au mois où la natureRenaît au souffle du printemps,Et d'une beauté de quinze ansSois le symbole et la peinture.Ne te laisse donc plus cueillirSans faire éprouver ton épine ;Et qu'en te voyant on devineQu'il faut acheter le plaisir. ».
Ce récit n'est point mon ouvrage,Et mes yeux l'ont lu dans PaphosA mon dernier pèlerinage.En apostille étaient ces mots :Tendres amans, si d'aventure.Vous trouvez un bouton naissant,Cueillez ; le bouton en s'ouvrantVous guérira de la piqûre. »
Florval alors‖ s'assied contre un ormeau.Sur ses genoux‖ ses deux mains rapprochéesTiennent d'Églé‖ les paupières cachées,Et de son front‖ portent le doux fardeau.Tous à la fois‖ entourent la bergèreQui leur présente‖ une main faite au tour,Et les invite‖ à frapper tour-à-tour.Naïs approche‖ et frappe la première.Pour mieux tromper,‖ elle écarte les doigts,Et sur le coup‖ fortement elle appuie.La main d'albâtre‖ en fut un peu rougie.Églé se tourne,‖ examine trois fois,Et sur Volmon‖ laisse tomber son choix.— Ce n'est pas lui ;‖ replacez-vous encore.Elle obéit,‖ et soudain son amantAvec deux doigts‖ la touche obliquement.— Oh ! pour le coup,‖ j'ai bien reconnu Laure.— Vous vous trompez,‖ lui dit-on sur-le-champ,Et l'on sourit‖ de sa plainte naïve.Déjà Zulmis‖ lève une main furtive ;Mais le joueur,‖ moins juste que galant,Ouvre ses doigts',‖ et permet à la belleDe l'entrevoir‖ du coin de la prunelle.Cette fois donc‖ Églé devine enfin.L'autre à son tour‖ prend la place, et soudainSur ses beaux doigts‖ qui viennent de s'étendreEst déposé‖ le baiser le plus tendre.Oh ! c'est Volmon,‖ je le reconnais là.Volmon se tut,‖ mais son souris parla.Sur le gazon‖ la troupe disperséeGoûtait le frais‖ qui tombait des rameaux.Volmon rêvait‖ à des plaisirs nouveaux,Et ce discours‖ dévoila sa pensée :
« L'histoire dit‖ qu'à la cour de CyprisOn célébrait‖ une fête annuelle,Où du baiser‖ l'on disputait le prix.On choisissait‖ des belles la plus belle,Jeune toujours,‖ et n'ayant point d'amant.Devant l'autel‖ sa main prêtait serment ;Puis sous un dais‖ de myrte et de feuillageDes combattans‖ elle animait l'ardeur,Et dans ses doigts‖ elle tenait la fleurQui du succès‖ devait être le gage.Tous les rivaux‖ inquiets et jaloux,Formant des vœux,‖ arrivaient à la file ;Devant leur juge‖ ils ployaient les genoux ;Et chacun d'eux‖ sur sa bouche docileDe ses baisers‖ imprimait le plus doux.Heureux celui‖ dont la lèvre brûlantePlus mollement‖ avait su se poser !Heureux celui‖ dont le simple baiserDu tendre juge‖ avait fait une amante !Soudain sur lui‖ les regards se fixaient,Et tous peignaient‖ le désir et l'envie ;A ses côtés‖ les fleurs tombaient en pluie ;Les cris joyeux‖ qui dans l'air s'élançaientLe faisaient roi‖ de l'amoureux empire ;Son nom chéri,‖ mille fois répété,De bouche en bouche‖ était bientôt porté,Et chaque belle‖ aimait à le redire.Le lendemain,‖ les filles à leur tourRecommençaient‖ le combat de la veille.Que de baisers‖ prodigués en ce jour !L'heureux vainqueur‖ sur sa bouche vermeilleDe ses baisers‖ comparait la douceur ;Plusieurs d'entre eux‖ surpassaient son attente ;Ses yeux remplis‖ d'une flamme mouranteLaissaient alors‖ deviner son bonheur ;Ses sens noyés‖ dans une longue ivresseSous le plaisir‖ languissaient abattus :Aussi le soir‖ sa bouche avec mollesseS'ouvrait encore,‖ et ne se fermait plus.
Renouvelons‖ la fête de Cythère ;De nos baisers‖ essayons le pouvoir ;Dans l'art heureux‖ de jouir et de plaireOn a toujours‖ quelque chose à savoir. »
« Non, dit Églé,‖ ce galant badinageNe convient plus‖ dès qu'on a fait un choix ;Le tendre Amour‖ ne veut point de partage ;Et tout ou rien‖ est une de ses lois. »
Zéphyre alors‖ commençant à renaître,Vient modérer‖ les feux brûlans du jour ;Chacun retourne‖ à son travail champêtre ;Disons plutôt‖ à celui de l'amour.Bois favorable,‖ et qui jamais peut-êtreN'avais prêté‖ ton ombre à des heureux,Tu fus alors‖ consacré par leurs jeux.Couché sur l'herbe‖ entre les bras de Laure,Volny mourait‖ et renaissait encore ;Et sous ses doigts‖ la pointe du couteauGrava ces vers‖ sur le plus bel ormeau : «Vous, qui venez dans ce bocage,A mes rameaux qui vont fleurirGardez-vous bien de faire outrage,
Respectez mon jeune feuillage ;Il a protégé le plaisir. »Un lit de fleurs‖ s'étendait sous l'ombrage ;Ce peu de mots‖ en expliquait l'usage : «Confident de mon ardeur,Bosquet, temple du bonheur,Sois toujours tranquille et sombre :Et puisse souvent ton ombreCacher aux yeux des jalouxUne maîtresse aussi belle,Un amant aussi fidèle,Et des plaisirs aussi doux ! »
De ses rayons‖ précipitant le reste,Phébus touchait‖ aux bornes de son cours,Et s'en allait‖ dans le sein des AmoursSe consoler‖ de la grandeur céleste ;Son disque d'or‖ qui rougit l'horizonNe se voit plus‖ qu'à travers le feuillage ;Et du coteau‖ s'éloignant davantage,L'ombre s'allonge‖ et court dans le vallon.Enfin la troupe‖ au château retournéeDe la cité‖ prend le chemin poudreux ;Mais tous les ans‖ elle vient dans ces lieuxRenouveler‖ la champêtre journée.
C'était ainsi‖ que ma muse autrefois,Fuyant la ville‖ et cherchant la nature,De l'âge d'or‖ retraçait la peinture,Et s'égarait‖ sous l'ombrage des bois.Pour y chanter,‖ je reprenais encoreCe luth facile,‖ oublié de nos jours,Et qui jadis‖ dans la main des AmoursFit résonner‖ le nom d'Éléonore.Mon cœur naïf,‖ mon cœur simple et trompé,N'ayant alors‖ que les goûts de l'enfance,A tous les cœurs‖ prêtait son innocence.Ce rêve heureux‖ s'est bientôt dissipé.D'un doigt léger‖ pour moi la Parque fileDepuis vingt ans‖ de cinq autres suivis ;La Raison vient,‖ j'entrevois les EnnuisQui sur ses pas‖ arrivent à la file.Mes plus beaux jours‖ sont donc évanouis !Illusions,‖ qui trompez la jeunesse,Amours naïfs,‖ transports, première ivresse,Ah ! revenez.‖ Mais hélas ! je vous perds ;Et sur le luth‖ mes mains appesantiesVeulent enfin‖ former de, nouveaux airs.Il n'est qu'un temps‖ pour les douces folies ;Il n'est qu'un temps‖ pour les aimables vers.
Versification
- Mètre
- Décasyllabes et octosyllabes (717 de 10, 176 de 8, 8 de 7)· profil 7, 8, 4+6
- Mots à la rime
- a Palerme / ferme féminine, classiqueb autels / mortels masculine, classiquec naissance / puissance féminine, classiqued penchans / temps / ans masculine, classiquee sage / âge féminine, classiquef détour / l'Amour masculine, classiqueg frivole / école féminine, classiqueh mains / matins masculine, classiquei loisirs / plaisirs masculine, classiquej attendrie / Julie féminine, classiquek songe / mensonge féminine, classiquel fini / Volny masculine, classiquea l'antiquité / vanté / sait masculine, classiqueb mémoire / croire / l'histoire féminine, classiquec est / attraits / traits masculine, classiqueb enfance / naissance féminine, mixtec aujourd'hui / lui masculine, non classiquea lève / rêve féminine, classiqueb d'or / encor masculine, classiquec vergers / bergers masculine, classiqued bergères / légères féminine, classiquee goûts / doux masculine, classiquef écoutée / enchantée féminine, classiqueg d'applaudir / partir masculine, classiqueh attendu / rendu masculine, classiquea montagne / campagne féminine, classiqueb château / coteau masculine, classiquec feuillage / sauvage féminine, classiqued respecté / fréquenté masculine, classiquee riant / s'égayant / chancelant masculine, classiquef dorée / colorée féminine, classiqueg ovale / inégale féminine, classiqueh spacieux / jeux masculine, classiquei d'orangers / bergers masculine, classiquej fontaines / chênes féminine, classiquek éminence / complaisance féminine, classiquel troupeau / ruisseau masculine, classiquem prairie / fleurie féminine, classiquen tait / fait masculine, classiqueo vitesse / paresse féminine, classiquep pure / verdure féminine, classiqueq lieux / sourcilleux masculine, classiquer elle-même / aime féminine, classiques contours / cours masculine, classiquea amoureuse / orgueilleuse féminine, classiqueb Volmon / ton masculine, classiquec village / feuillage féminine, classiqued paniers / souliers masculine, classiquee fleurie / arrondie féminine, classiquef moitié / déployé masculine, classiqueg l'ouvrage / esclavage féminine, classiqueh ornemens / amans / diamans masculine, classiquei chaîne / peine féminine, classiquej roses / métamorphoses féminine, classiquek fidélité / volupté masculine, classiquea vite / suite féminine, classiqueb indiscret / Secret masculine, classiquea voilé / étoilé masculine, classiqueb ombre / sombre féminine, classiquec coteau / l'Écho masculine, classiquea univers / airs masculine, classiqueb tranquille / asile féminine, classiquea nature / murmure féminine, classiqueb majestueux / lieux masculine, classiquea diligente / tremblante féminine, classiqueb jour / retour masculine, classiquea mensonges / songes féminine, classiqueb mortels / réels masculine, classiquea cesse / maîtresse féminine, classiqueb Vénus / plus masculine, classiquea feuillage / village féminine, classiqueb ruisseau / nouveau masculine, classiquec Céphale / l'opale féminine, classiqued retour / jour masculine, classiquee hameaux / troupeaux / agneaux masculine, classiquef campagne / montagne féminine, classiqueg éclatant / étonnement masculine, classiqueh naissance / devance féminine, classiquei nature / verdure féminine, classiquej eux / paresseux masculine, classiquek oisifs / tardifs masculine, classiquel presse / Mollesse féminine, classiquea Aurore / Laure féminine, classiqueb vermeil / sommeil masculine, classiquec demi-nue / étendue / vue féminine, classiqued fraîcheur / faveur masculine, classiquee repose / rose féminine, classiquef lit / sourit masculine, classiqueg visage / l'image féminine, classiqueh brillant / caressant / naissant masculine, classiquei couche / bouche féminine, classiquej genoux / doux masculine, classiquea journée / fortunée féminine, classiqueb l'Amour / séjour / tour masculine, classiquea regrette / muette féminine, classiqueb lieux / fabuleux masculine, classiquea Tithon / Apollon masculine, classiqueb naissante / amante féminine, classiquea verdure / pure féminine, classiqueb eaux / ruisseaux masculine, classiquea bois / fois masculine, classiqueb satyre / martyre féminine, classiquea ingénus / Vénus masculine, classiqueb Flore / encore féminine, classiquec naquit / lit masculine, classiqued ville / asile féminine, classiquef berceau / beau / l'eau masculine, classiqueg Zéphyre / sourire féminine, classiqueh enchanteur / auteur masculine, classiquea bergerie / rajeunie féminine, classiqueb soudain / main masculine, classiquec amante / ignorante féminine, classiqued moutons / son masculine, classiquee Nature / culture féminine, classiquef pas / bras / délicats masculine, classiqueg mollesse / abaisse féminine, classiqueh arrêté / apprêté masculine, classiquei ruisselle / fidèle féminine, classiquea faciles / villes féminine, classiqueb repos / travaux masculine, classiquea carrière / éclaire / l'hémisphère féminine, classiqueb soumis / réunis masculine, classiquec voyageur / fraîcheur masculine, classiqued bocage / feuillage féminine, non classiquea l'ombrage / rivage / l'usage féminine, classiqueb vêtemens / amans masculine, classiquec appas / pas masculine, classiqued chaleurs / fleurs masculine, classiquee surface / trace féminine, classiquef dépouillés / émaillés masculine, classiqueg jeux / moelleux / yeux masculine, classiqueh obéissante / séduisante féminine, classiquei bain / main masculine, classiquej téméraire / bergère féminine, classiquek fois / doigts masculine, classiquel d'ivoire / croire féminine, classiquem naissant / transparent masculine, classiquen parts / remparts masculine, classiqueo soupire / maudire féminine, classiquep laideur / pudeur masculine, classiqueq parole / frivole féminine, classiquer lieux / jeux masculine, classiques Hylas / pas masculine, classiquet pénibles / invincibles / terribles féminine, classiqueu bras / bois / quelquefois masculine, classiquev gloire / mémoire féminine, classiquew s'introduire / Zéphyre féminine, classiquex fleurissante / pesante féminine, classiquey frais / apprêts / auprès masculine, classiquez diligente / rafraîchissante féminine, classiquea d'orangers / légers masculine, classiqueb murmure / pure féminine, classiquec souveraines / souterraines féminine, classiqued déployés / variés masculine, classiquee grâce / surface féminine, classiquef main / soudain masculine, classiqueg l'admirent / l'attirent féminine, classiqueh parait / trait masculine, classiquei étincelante / brillante féminine, classiquej l'automne / bouillonne féminine, classiquek mûrit / pendit / suit masculine, classiquel d'Alcide / humide féminine, classiquem reçu / demi-nu masculine, classiquen troublé / désolé masculine, classiqueo impatience / l'absence féminine, classiquep fois / voix masculine, classiqueq insensible / paisible féminine, classiquer désir / s'enfuir masculine, classiques rage / visage féminine, classiquet pas / Hylas masculine, classiqueu déesses / caresses féminine, classiquev enfant / tremblant masculine, classiquea bergères / guères féminine, classiqueb d'ailleurs / enchanteurs masculine, classiquec scrupuleuse / odieuse féminine, classiqued belle / elle féminine, classiquee égarement / touchant masculine, classiquef Catulle / Tibulle féminine, classiqueg vous / dégoûts masculine, classiqueh doux / goûts masculine, classiquei Virgile / tranquille féminine, classiquej Grâces / efficaces / traces féminine, classiquek moins / soins masculine, classiquel Lesbos / Paphos masculine, classiquem renaissantes / touchantes féminine, classiquen voix / lois masculine, classiqueo nouvelles / belles féminine, classiquea plaisirs / Zéphirs masculine, classiqueb amoureuse / paresseuse féminine, classiquec repas / plats masculine, classiqued rose / dépose féminine, classiquee gazon / raison masculine, classiquef réveille / corbeille / vermeille féminine, classiqueg couronné / emprisonné masculine, classiqueh soin / loin masculine, classiquei nouvelle / éternelle féminine, classiquej Paris / demi-souris masculine, classiquek introduire / rire féminine, classiquel Paphos / propos masculine, classiquem chants / accens / touchans masculine, classiquen voluptueuse / amoureuse féminine, classiqueo l'entendre / tendre féminine, classiquep cours / sourds masculine, classiqueq attentive / naïve féminine, classiquer sons / passions masculine, classiques d'elle / nouvelle féminine, classiquet admirateur / chaleur masculine, classiqueu encore / sonore féminine, classiquev attendris / Ris masculine, classiquew l'Amour / tour masculine, classiquex offensée / blessée féminine, classiquey prendre / tendre féminine, classiquez pas masculine, classiquea maîtresse / tendresse féminine, classiqueb plus / confus masculine, classiquec peine / incertaine féminine, classiqued portrait / satisfait masculine, classiquee cesse / tristesse féminine, classiquef naître / peut-être féminine, classiqueg tourment / enfant masculine, classiquea proie / joie féminine, classiqueb vin / chagrin masculine, classiquec récit / redit masculine, classiqued fidèle / immortelle / d'elle féminine, classiquee fleurs / douceurs masculine, classiquef rigueurs / sœurs / faveurs masculine, classiqueg l'inhumaine / plaine / prenne féminine, classiqueh appas / délicats masculine, classiquei verdure / parure / l'aventure féminine, classiquej embellir / Zéphyr masculine, classiquek demi-nus / Vénus masculine, classiquel profane / Diane féminine, classiquem outrage / rivage féminine, classiquen plus / étendus masculine, classiqueo plongent / prolongent féminine, classiquep nouveau / roseau / anneau masculine, classiqueq nature / verdure / jointure féminine, classiquer horreur / cœur masculine, classiques tremblante / amante féminine, classiquet empressé / balancé masculine, classiqueu naissante / mourante féminine, classiquev moi / toi masculine, classiquew sensible / inflexible féminine, classiquex embrasse / tenace féminine, classiquey tuyaux / morceaux masculine, classiquez inégale / l'intervalle féminine, classiquea ardeur / douceur masculine, classiqueb mélodie / attendrie féminine, classiquec tant / l'instrument masculine, classiqued plaines / peines féminine, classiquee Laure / adore / encore féminine, classiquef Amour / discours masculine, classiqueg couronnés / Daphnés masculine, classiqueh hommage / l'ouvrage féminine, classiquei flatteur / l'auteur masculine, classiquej lyre / martyre féminine, classiquek douleurs / pleurs masculine, classiquel d'Apollon / Phaon masculine, classiquem flamme / âme féminine, classiquen touchante / inconstante féminine, classiqueo volupté / quitté masculine, classiquep hivers / vers masculine, classiqueq sauvage / gage féminine, classiquer soupir / plaisir masculine, classiques sensibles / flexibles féminine, classiquet Laure / encore féminine, classiqueu accens / gémissemens masculine, classiquev belle / cruelle féminine, classiquew mélodieux / dieux masculine, classiquea enchanteurs / rigueurs masculine, classiqueb l'école / idole féminine, classiquec sonore / encore féminine, classiqued l'univers / vers masculine, classiquee jour / l'Amour masculine, classiquef mémoire / Gloire féminine, classiqueg erreurs / fleurs masculine, classiqueh jeunesse / Permesse féminine, classiquea paisible / pénible féminine, classiqueb chagrin / enfin masculine, classiquec absence / présence féminine, classiqued projets / secrets masculine, non classiquee infidèle / belle féminine, classiquef soupiré / adoré / imiterai masculine, classiqueg qu'elle / nouvelle féminine, classiqueh larmes / alarmes féminine, classiquei l'épaisseur / rigueur / cœur masculine, classiquej satisfaite / indiscrète féminine, classiquek main / sein masculine, classiquea terre / chaumière féminine, classiqueb ennui / lui masculine, classiquec feuillage / usage / passage féminine, classiqued sanglots / mots masculine, classiquee tranquille / immobile féminine, classiquef inattendu / imprévu masculine, classiqueg Amours / jours masculine, classiqueh criminelle / cruelle féminine, classiquei moment / amant masculine, classiquej d'espérance / s'élance féminine, classiquek parts / regards masculine, classiquel Laure / implore féminine, classiquem refus / plus masculine, classiquen amante / expirante féminine, classiqueo bonheur / rigueur masculine, classiquep douleur / cœur masculine, classiqueq presse / maîtresse féminine, classiquer ardeur / chaleur masculine, classiques vie / ravie féminine, classiquet bras / trépas masculine, classiqueu caresses / promesses féminine, classiquev sens / renaissans masculine, classiquew fidèle / querelle féminine, classiquex amant / raccommodement masculine, classiquea plaine / sienne féminine, classiqueb fleurs / couleurs masculine, classiquec moment / adroitement masculine, équivalented fuite / poursuite féminine, classiquee yeux / mieux masculine, classiquef bergère / téméraire féminine, classiqueg bien / rien masculine, classiqueh choses / roses féminine, classiquei mains / divins masculine, classiquej sourit / esprit masculine, classiquek honte / conte féminine, classiquea candeur / blancheur masculine, classiqueb belle / d'elle féminine, classiquec épine / purpurine féminine, classiqued comment / moment masculine, classiquea l'innocence / complaisance féminine, classiqueb humains / mains masculine, classiquec étude / habitude féminine, classiqued savoir / devoir masculine, classiquee régna / cela masculine, classiquef l'âge / l'usage féminine, classiqueg pourquoi / foi masculine, classiqueh gage / sage féminine, classiquei raconter / sauter masculine, classiquej Cythère / bergère féminine, classiquek amoureuse / ennuyeuse féminine, classiquel l'amant / dénoûment masculine, classiquem verdure / Nature féminine, classiquen tour / l'Amour masculine, classiqueo brûlante / naissante féminine, classiquep loisir / plaisir / tressaillir masculine, classiqueq fuite / interdite féminine, classiquer plaît / fait masculine, classiquet bonheur / douleur masculine, classiquea naissant / l'ornement / sang masculine, classiqueb folâtre / albâtre féminine, classiquec d'Amour / jour masculine, classiqued victoire / mémoire féminine, classiquee couleur / fleur masculine, classiquef nouvelle / belle féminine, classiqueg nature / peinture féminine, classiqueh printemps / ans masculine, classiquei cueillir / plaisir masculine, classiquej épine / devine féminine, classiquea ouvrage / pèlerinage féminine, classiqueb Paphos / mots masculine, classiquec d'aventure / piqûre féminine, classiqued naissant / s'ouvrant masculine, classiquea ormeau / fardeau masculine, classiqueb rapprochées / cachées féminine, classiquec bergère / première féminine, classiqued tour / tour-à-tour masculine, classiquee doigts / fois / choix masculine, classiquef appuie / rougie féminine, classiqueg encore / Laure féminine, classiqueh amant / obliquement masculine, classiquei sur-le-champ / galant masculine, classiquej naïve / furtive féminine, classiquek belle / prunelle féminine, classiquel enfin / soudain masculine, classiquem s'étendre / tendre féminine, classiquen là / parla masculine, classiqueo dispersée / pensée féminine, classiquep rameaux / nouveaux masculine, classiquea Cypris / prix masculine, classiqueb annuelle / belle féminine, classiquec d'amant / serment masculine, classiqued feuillage / gage féminine, classiquee l'ardeur / fleur masculine, classiquef jaloux / genoux / doux masculine, classiqueg file / docile féminine, non classiqueh brûlante / amante féminine, classiquei poser / baiser masculine, classiquej fixaient / s'élançaient masculine, classiquek l'envie / pluie féminine, classiquel empire / redire féminine, classiquem répété / porté masculine, classiquen tour / jour masculine, classiqueo veille / vermeille féminine, classiquep douceur / bonheur masculine, classiqueq attente / mourante féminine, classiquer ivresse / mollesse féminine, classiques abattus / plus masculine, classiquea Cythère / plaire féminine, classiqueb pouvoir / savoir masculine, classiquea badinage / partage féminine, classiqueb choix / lois masculine, classiquea renaître / champêtre / peut-être féminine, classiqueb jour / l'amour masculine, classiquec heureux / jeux masculine, classiquee couteau / ormeau masculine, classiquef bocage / outrage féminine, non classiqueg fleurir / plaisir masculine, classiquea feuillage / l'ombrage / l'usage féminine, classiquec ardeur / bonheur masculine, classiqued sombre / ombre féminine, classiquee jaloux / doux masculine, classiquef belle / fidèle féminine, classiquea reste / céleste féminine, classiqueb cours / Amours masculine, classiquec l'horizon / vallon masculine, classiqued feuillage / davantage féminine, classiquee retournée / journée féminine, classiquef poudreux / lieux masculine, classiquea autrefois / bois masculine, classiquec encore / d'Éléonore féminine, classiqued jours / Amours masculine, classiquee trompé / dissipé masculine, classiquef l'enfance / innocence féminine, classiqueg file féminine, classiqueh suivis / Ennuis / évanouis masculine, classiquei jeunesse / ivresse féminine, classiquej perds / airs / vers masculine, classiquek appesanties / folies féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
901 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Parny, tome I, Paris, CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS, 1831· numérisation gallica.bnf.fr· Sources