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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La Tapisserie De Notre-Dame, 1913

Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres

Charles Péguy· 89 quatrains, alexandrins, 356 vers

Étoile de la mer‖ voici la lourde nappeEt la profonde houle‖ et l’océan des blésEt la mouvante écume‖ et nos greniers comblés,Voici votre regard‖ sur cette immense chape

Et voici votre voix‖ sur cette lourde plaineEt nos amis absents‖ et nos cœurs dépeuplés,Voici le long de nous‖ nos poings désassemblésEt notre lassitude‖ et notre force pleine.

Étoile du matin,‖ inaccessible reine,Voici que nous marchons‖ vers votre illustre cour,Et voici le plateau‖ de notre pauvre amour,Et voici l’océan‖ de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court‖ par-delà l’horizon.À peine quelques toits‖ font comme un archipel.Du vieux clocher retombe‖ une sorte d’appel.L’épaisse église semble‖ une basse maison.

Ainsi nous naviguons‖ vers votre cathédrale.De loin en loin surnage‖ un chapelet de meules,Rondes comme des tours,‖ opulentes et seulesComme un rang de châteaux‖ sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur‖ ont fait de cette terreUn réservoir sans fin‖ pour les âges nouveaux.Mille ans de votre grâce‖ on fait de ces travauxUn reposoir sans fin‖ pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher‖ sur cette route droite,Tout poudreux, tout crottés,‖ la pluie entre les dents.Sur ce large éventail‖ ouvert à tous les ventsLa route nationale‖ est notre porte étroite.

Nous allons devant nous,‖ les mains le long des poches,Sans aucun appareil,‖ sans fatras, sans discours,D’un pas toujours égal,‖ sans hâte ni recours,Des champs les plus présents‖ vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher,‖ nous sommes la piétaille.Nous n’avançons jamais‖ que d’un pas à la fois.Mais vingt siècles de peuple‖ et vingt siècles de rois,Et toute leur séquelle‖ et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume‖ avec leur valetailleOnt appris ce que c’est‖ que d’être familiers,Et comme on peut marcher,‖ les pieds dans ses souliers,Vers un dernier carré‖ le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous‖ au bord de ce plateau,Dans le recourbement‖ de notre blonde Loire,Et ce fleuve de sable‖ et ce fleuve de gloireN’est là que pour baiser‖ votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord‖ de ce vaste plateau,Dans l’antique Orléans‖ sévère et sérieuse,Et la Loire coulante‖ et souvent limoneuseN’est là que pour laver‖ les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord‖ de votre plate BeauceEt nous avons connu‖ dès nos plus jeunes ansLe portail de la ferme‖ et les durs paysansEt l’enclos dans le bourg‖ et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord‖ de votre Beauce plateEt nous avons connu‖ dès nos premiers regretsCe que peut recéler‖ de désespoirs secretsUn soleil qui descend‖ dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras‖ d’un sol inévitableDur comme une justice,‖ égal comme une barre,Juste comme une loi,‖ fermé comme une mare,Ouvert comme un beau socle‖ et plan comme une table.

Un homme de chez nous,‖ de la glèbe fécondeA fait jaillir ici‖ d’un seul enlèvement,Et d’une seule source‖ et d’un seul portement,Vers votre assomption‖ la flèche unique au monde.

Tour de David voici‖ votre tour beauceronne.C’est l’épi le plus dur‖ qui soit jamais montéVers un ciel de clémence‖ et de sérénité,Et le plus beau fleuron‖ dedans votre couronne.

Un homme de chez nous‖ a fait ici jaillir,Depuis le ras du sol‖ jusqu’au pied de la croix,Plus haut que tous les saints,‖ plus haut que tous les rois,La flèche irréprochable‖ et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé‖ qui ne périra point,Qui ne fanera point‖ au soleil de septembre,Qui ne gèlera point‖ aux rigueurs de décembre,C’est votre serviteur‖ et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé‖ qui ne pourrira pas,Qui ne flétrira point‖ aux ardeurs de l’été,Qui ne moisira point‖ dans un hiver gâté,Qui ne transira point‖ dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache‖ et la pierre sans faute,La plus haute oraison‖ qu’on ait jamais portée,La plus droite raison‖ qu’on ait jamais jetée,Et vers un ciel sans bord‖ la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra‖ le jour d’aucunes morts,Le gage et le portrait‖ de nos arrachements,L’image et le tracé‖ de nos redressements,La laine et le fuseau‖ des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous‖ du lointain Parisis.Nous avons pour trois jours‖ quitté notre boutique,Et l’archéologie‖ avec la sémantique,Et la maigre Sorbonne‖ et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous‖ du lointain Beauvaisis.Nous avons pour trois jours‖ laissé notre négoce,Et la rumeur géante‖ et la ville colosse,D’autres viendront vers vous‖ du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous‖ de Paris capitale.C’est là que nous avons‖ notre gouvernement,Et notre temps perdu‖ dans le lanternement,Et notre liberté‖ décevante et totale.

Nous arrivons vers vous‖ de l’autre Notre-Dame,De celle qui s’élève‖ au cœur de la cité,Dans sa royale robe‖ et dans sa majesté,Dans sa magnificence‖ et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez‖ un océan d’épis,Là-bas vous commandez‖ un océan de têtes,Et la moisson des deuils‖ et la moisson des fêtesSe couche chaque soir‖ devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous‖ du noble Hurepoix.C’est un commencement‖ de Beauce à notre usage,Des fermes et des champs‖ taillés à votre image,Mais coupés plus souvent‖ par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent‖ par de creuses valléesPour l’Yvette et la Bièvre‖ et leurs accroissements,Et leurs savants détours‖ et leurs dégagements,Et par les beaux châteaux‖ et les longues allées.

D’autres viendront vers vous‖ du noble Vermandois,Et des vallonnements‖ de bouleaux et de saules.D’autres viendront vers vous‖ des palais et des geôles.Et du pays picard‖ et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France,‖ ou petite ou plus grande,Le pays des beaux blés‖ et des encadrements,Le pays de la grappe‖ et des ruissellements,Le pays de genêts,‖ de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous‖ du lointain PalaiseauEt des faubourgs d’Orsay‖ par Gometz-le-Châtel,Autrement dit Saint-Clair ;‖ ce n’est pas un castel ;C’est un village au bord‖ d’une route en biseau.

Nous avons débouché,‖ montant de ce coteau,Sur le ras de la plaine‖ et sur Gometz-la-VilleAu-dessus de Saint-Clair ;‖ ce n’est pas une ville ;C’est un village au bord‖ d’une route en plateau.

Nous avons descendu‖ la côte de Limours.Nous avons rencontré‖ trois ou quatre gendarmes.Ils nous ont regardé,‖ non sans quelques alarmes,Consulter les poteaux‖ aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher‖ dans le calme Dourdan.C’est un gros bourg très riche‖ et qui sent sa province.Fiers nous avons longé,‖ regardés comme un prince,Les fossés du château‖ coupés comme un redan.

Dans la maison amie,‖ hôtesse et fraternelleOn nous a fait coucher‖ dans le lit du garçon.Vingt ans de souvenirs‖ étaient notre échanson.Le pain nous fut coupé‖ d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse‖ était là solennelle.On prononça pour nous‖ le Bénédicité.Quatre siècles d’honneur‖ et de fidélitéFaisaient des draps du lit‖ une couche éternelle.

Nous avons fait semblant‖ d’être un gai pèlerinEt même un bon vivant‖ et d’aimer les voyages,Et d’avoir parcouru‖ cent trente-et-un bailliages,Et d’être accoutumés‖ d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe‖ éblouissait la nappe.On nous fit visiter‖ le jardin potager.Il donnait sur la treille‖ et sur un beau verger.Tel fut le premier gîte‖ et la tête d’étape.

Le jardin était clos‖ dans un coude de l’Orge.Vers la droite il donnait‖ sur un mur bocagerSurmonté de rameaux‖ et d’un arceau léger.En face un maréchal,‖ et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés‖ ce matin devant l’aube.Nous nous sommes quittés‖ après les beaux adieux.Le temps s’annonçait bien.‖ On nous a dit tant mieux.On nous a fait goûter‖ de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu‖ que le bon pèlerinEst celui qui boit ferme‖ et tient sa place à table,Et qu’il n’a pas besoin‖ de faire le comptable,Et que c’est bien assez‖ de se lever matin.

Le jour était en route‖ et le soleil montaitQuand nous avons passé‖ Sainte-Mesme et les autres.Nous avancions déjà‖ comme deux bons apôtres.Et la gauche et la droite‖ était ce qui comptait.

Nous sommes remontés‖ par le Gué de Longroy.C’en est fait désormais‖ de nos atermoiements,Et de l’iniquité‖ des dénivellements :Voici la juste plaine‖ et le secret effroi

De nous trouver tout seuls‖ et voici le charroiEt la roue et les bœufs‖ et le joug et la grange,Et la poussière égale‖ et l’équitable fangeEt la détresse égale‖ et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus‖ sur la haute terrasseOù rien ne cache plus‖ l’homme de devant Dieu,Où nul déguisement‖ ni du temps ni du lieuNe pourra nous sauver,‖ Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense‖ et l’immense liasse,Et le grain sous la meule‖ et nos écrasements,Et la grêle javelle‖ et nos renoncements,Et l’immense horizon‖ que le regard embrasse.

Et notre indignité‖ cette immuable masse,Et notre basse peur‖ en un pareil moment,Et la juste terreur‖ et le secret tourmentDe nous trouver tout seuls‖ par devant votre face.

Mais voici que c’est vous,‖ reine de majesté,Comment avons-nous pu‖ nous laisser décevoir,Et marcher devant vous‖ sans vous apercevoir.Nous serons donc toujours‖ ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras‖ que la plus rase table.À peine un creux du sol,‖ à peine un léger pli.C’est la table du juge‖ et le fait accompli,Et l’arrêt sans appel‖ et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé‖ du texte insurmontable,Et la mesure comble‖ et c’est le sort empli,Et c’est la vie étale‖ et l’homme enseveli,Et c’est le héraut d’arme‖ et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez,‖ reine mystérieuse.Cette pointe là-bas‖ dans le moutonnementDes moissons et des bois‖ et dans le flottementDe l’extrême horizon‖ ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu‖ d’un arbre interchangeable.C’est déjà plus distante,‖ et plus basse, et plus haute,Ferme comme un espoir‖ sur la dernière côte,Sur le dernier coteau‖ la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine,‖ il n’est plus que la route.Celle-ci nous regarde,‖ on en a bien fait d’autres.Vous avez votre gloire‖ et nous avons les nôtres.Nous l’avons entamée,‖ on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est‖ qu’un tronçon qui s’ajouteAu tronçon déjà fait‖ et ce qu’un kilomètreDemande de jarret‖ et ce qu’il faut en mettre :Nous passerons ce soir‖ par le pont et la voûte

Et ce fossé profond‖ qui cerne le rempart.Nous marchons dans le vent‖ coupés par les autos.C’est ici la contrée‖ imprenable en photos,La route nue et grave‖ allant de part en part.

Nous avons eu bon vent‖ de partir dès le jour.Nous coucherons ce soir‖ à deux pas de chez vous,Dans cette vieille auberge‖ où pour quarante sousNous dormirons tout près‖ de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus‖ que nous regarderons,Assis sur une chaise‖ auprès de la fenêtre,Dans un écrasement‖ du corps et de tout l’être,Avec des yeux battus,‖ presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés‖ jusque dedans nos fronts,L’angle une fois trouvé‖ par un seul homme au monde,Et l’unique montée‖ ascendante et profonde,Et nous serons recrus‖ et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne‖ et la géante fleur.Voici la dure pente‖ et le contentement.Voici l’exactitude‖ et le consentement.Et la sévère larme,‖ ô reine de douleur.

Voici la nudité,‖ le reste est vêtement.Voici le vêtement,‖ tout le reste est parure.Voici la pureté,‖ tout le reste est souillure.Voici la pauvreté,‖ le reste est ornement.

Voici la seule force‖ et le reste est faiblesse.Voici l’arête unique‖ et le reste est bavure.Et la seule noblesse‖ et le reste est ordure.Et la seule grandeur‖ et le reste est bassesse.

Voici la seule foi‖ qui ne soit point parjure.Voici le seul élan‖ qui sache un peu monter.Voici le seul instant‖ qui vaille de compter.Voici le seul propos‖ qui s’achève et qui dure.

Voici le monument,‖ tout le reste est doublure.Et voici notre amour‖ et notre entendement.Et notre port de tête‖ et notre apaisement.Et le rien de dentelle‖ et l’exacte moulure.

Voici le beau serment,‖ le reste est forfaiture.Voici l’unique prix‖ de nos arrachements,Le salaire payé‖ de nos retranchements.Voici la vérité,‖ le reste est imposture.

Voici le firmament,‖ le reste est procédure.Et vers le tribunal‖ voici l’ajustement.Et vers le paradis‖ voici l’achèvement.Et la feuille de pierre‖ et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués‖ sur la chaise de paille.Et nous n’entendrons pas‖ et nous ne verrons pasLe tumulte des voix,‖ le tumulte des pas,Et dans la salle en bas‖ l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus‖ pour le jour du marché.Ni la feinte colère‖ et l’éclat des jurons :Car nous contemplerons‖ et nous méditeronsD’un seul embrassement‖ la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas‖ ni nos faces raidies,Ni la faim ni la soif‖ ni nos renoncements,Ni nos raides genoux‖ ni nos raisonnements,Ni dans nos pantalons‖ nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre‖ et parmi tant d’hôtels,Nous ne descendrons pas‖ à l’heure du repas,Et nous n’entendrons pas‖ et nous ne verrons pasLa ville prosternée‖ au pied de vos autels.

Et quand se lèvera‖ le soleil de demain,Nous nous réveillerons‖ dans une aube lustrale,À l’ombre des deux bras‖ de votre cathédrale,Heureux et malheureux‖ et perclus du chemin.

Nous venons vous prier‖ pour ce pauvre garçonQui mourut comme un sot‖ au cours de cette année,Presque dans la semaine‖ et devers la journéeOù votre fils naquit‖ dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas‖ le pire du troupeau.Il n’avait qu’un défaut‖ dans sa jeune cuirasse.Mais la mort qui nous piste‖ et nous suit à la traceA passé par ce trou‖ qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous‖ dans notre Gâtinais.Il commençait la route‖ où nous redescendons.Il gagnait tous les jours‖ tout ce que nous perdons.Et pourtant c’était lui‖ que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue‖ en un premier caveau.Il avait mis ses pas‖ dans nos mêmes empreintes.Mais le seul manquement‖ d’une seule des craintesLaissa passer la mort‖ par un chemin nouveau.

Le voici maintenant‖ dedans votre régence.Vous êtes reine et mère‖ et saurez le montrer.C’était un être pur.‖ Vous le ferez rentrerDans votre patronage‖ et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez‖ dans le secret du cœur,Vous savez ce que c’est‖ que la vie ou la mort,Et vous savez ainsi‖ dans quel secret du sortSe coud et se découd‖ la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi‖ sur quel accent du chœurSe noue et se dénoue‖ un accompagnement,Et ce qu’il faut d’espace‖ et de déboisementPour laisser débouler‖ la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi‖ dans quel recreux du portSe prépare et s’achève‖ un noble enlèvement,Et par quel jeu d’adresse‖ et de gouvernementSe dérobe ou se fixe‖ un illustre support.

Et vous savez ainsi‖ sur quel tranchant du glaiveSe joue et se déjoue‖ un épouvantement,Et par quel coup de pouce‖ et quel balancementL’un des plateaux descend‖ pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter‖ la lèvre du moqueur,Et ce qu’il faut de force‖ et de recroisementPour faire par le coup‖ d’un seul retournementD’un vaincu malheureux‖ un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc,‖ il était notre race,Et vingt ans après nous‖ notre redoublement.Reine recevez-le‖ dans votre amendement.Où la mort a passé,‖ passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons‖ par ce même chemin.Ce sera de nouveau‖ la terre sans cachette,Le château sans un coin‖ et sans une oubliette,Et ce sol mieux gravé‖ qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora,‖ nous vous prions pour nousQui sommes plus grands sots‖ que ce pauvre gamin,Et sans doute moins purs‖ et moins dans votre main,Et moins acheminés‖ vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué‖ nos derniers personnages,Quand nous aurons posé‖ la cape et le manteau,Quand nous aurons jeté‖ le masque et le couteau,Veuillez vous rappeler‖ nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons‖ en cette froide terre,Ainsi qu’il fut prescrit‖ pour le premier Adam,Reine de Saint-Chéron,‖ Saint-Arnould et Dourdan,Veuillez vous rappeler‖ ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis‖ dans une étroite fosse,Quand on aura sur nous‖ dit l’absoute et la messe,Veuillez vous rappeler,‖ reine de la promesse,Le long cheminement‖ que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté‖ ce sac et cette corde,Quand nous aurons tremblé‖ nos derniers tremblements,Quand nous aurons raclé‖ nos derniers raclements,Veuillez vous rappelez‖ votre miséricorde.

Nous ne demandons rien,‖ refuge du pécheur,Que la dernière place‖ en votre Purgatoire,Pour pleurer longuement‖ notre tragique histoire,Et contempler de loin‖ votre jeune splendeur.

Versification

Forme
89 quatrains (quatrains)
Rimes
89(abba)
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
89 quatrains
Mots à la rime
a nappe / chape féminine, classiqueb blés / comblés masculine, classiquea plaine / pleine féminine, classiqueb dépeuplés / désassemblés masculine, classiquea reine / peine féminine, classiqueb cour / amour masculine, classiquea l’horizon / maison masculine, classiqueb archipel / d’appel masculine, classiquea cathédrale / amirale féminine, classiqueb meules / seules féminine, classiquea terre / solitaire féminine, équivalenteb nouveaux / travaux masculine, classiquea droite / étroite féminine, classiqueb dents / vents masculine, classiquea poches / proches féminine, classiqueb discours / recours masculine, classiquea piétaille / volaille féminine, classiqueb fois / rois masculine, classiquea valetaille / bataille féminine, classiqueb familiers / souliers masculine, classiquea plateau / manteau masculine, classiqueb Loire / gloire féminine, classiquea plateau / coteau masculine, classiqueb sérieuse / limoneuse féminine, classiquea Beauce / fosse féminine, classiqueb ans / paysans masculine, classiquea plate / écarlate féminine, classiqueb regrets / secrets masculine, classiquea inévitable / table féminine, classiqueb barre / mare féminine, classiquea féconde / monde féminine, classiqueb enlèvement / portement masculine, classiquea beauceronne / couronne féminine, classiqueb monté / sérénité masculine, classiquea jaillir / faillir masculine, classiqueb croix / rois masculine, classiquea point / témoin masculine, classiqueb septembre / décembre féminine, non classiquea pas / trépas masculine, classiqueb l’été / gâté masculine, classiquea faute / haute féminine, classiqueb portée / jetée féminine, classiquea morts / sorts masculine, classiqueb arrachements / redressements masculine, classiquea Parisis / petits masculine, classiqueb boutique / sémantique féminine, classiquea Beauvaisis / Cambrésis masculine, classiqueb négoce / colosse féminine, classiquea capitale / totale féminine, classiqueb gouvernement / lanternement masculine, classiquea Notre-Dame / d’âme féminine, classiqueb cité / majesté masculine, classiquea d’épis / parvis masculine, classiqueb têtes / fêtes féminine, classiquea Hurepoix / bois masculine, classiqueb usage / image féminine, classiquea vallées / allées féminine, classiqueb accroissements / dégagements masculine, classiquea Vermandois / Vendômois masculine, classiqueb saules / geôles féminine, classiquea grande / lande féminine, classiqueb encadrements / ruissellements masculine, classiquea Palaiseau / biseau masculine, classiqueb Gometz-le-Châtel / castel masculine, classiquea coteau / plateau masculine, classiqueb Gometz-la-Ville / ville féminine, classiquea Limours / carrefours masculine, classiqueb gendarmes / alarmes féminine, classiquea Dourdan / redan masculine, classiqueb province / prince féminine, classiquea fraternelle / maternelle féminine, classiqueb garçon / échanson masculine, classiquea solennelle / éternelle féminine, classiqueb Bénédicité / fidélité masculine, classiquea pèlerin / chemin masculine, classiqueb voyages / bailliages féminine, classiquea nappe / d’étape féminine, classiqueb potager / verger masculine, classiquea l’Orge / forge féminine, classiqueb bocager / léger masculine, classiquea l’aube / daube féminine, classiqueb adieux / mieux masculine, classiquea pèlerin / matin masculine, classiqueb table / comptable féminine, classiquea montait / comptait masculine, classiqueb autres / apôtres féminine, classiquea Longroy / effroi masculine, classiqueb atermoiements / dénivellements masculine, classiquea charroi / désarroi masculine, classiqueb grange / fange féminine, classiquea terrasse / chasse féminine, classiqueb Dieu / lieu masculine, classiquea liasse / embrasse féminine, classiqueb écrasements / renoncements masculine, classiquea masse / face féminine, classiqueb moment / tourment masculine, classiquea majesté / inconcerté masculine, classiqueb décevoir / apercevoir masculine, classiquea table / inéluctable féminine, classiqueb pli / accompli masculine, classiquea insurmontable / redoutable féminine, classiqueb empli / enseveli masculine, classiquea mystérieuse / yeuse féminine, classiqueb moutonnement / flottement masculine, classiquea interchangeable / inimitable féminine, classiqueb haute / côte féminine, classiquea route / toute féminine, classiqueb d’autres / nôtres féminine, classiquea s’ajoute / voûte féminine, classiqueb kilomètre / mettre féminine, classiquea rempart / part masculine, classiqueb autos / photos masculine, classiquea jour / tour masculine, classiqueb vous / sous masculine, classiquea regarderons / ronds masculine, classiqueb fenêtre / l’être féminine, classiquea fronts / contemplerons masculine, classiqueb monde / profonde féminine, classiquea fleur / douleur masculine, classiqueb contentement / consentement masculine, classiquea vêtement / ornement masculine, classiqueb parure / souillure féminine, classiquea faiblesse / bassesse féminine, classiqueb bavure / ordure féminine, classiquea parjure / dure féminine, classiqueb monter / compter masculine, classiquea doublure / moulure féminine, classiqueb entendement / apaisement masculine, classiquea forfaiture / imposture féminine, classiqueb arrachements / retranchements masculine, classiquea procédure / nervure féminine, classiqueb l’ajustement / l’achèvement masculine, classiquea paille / ripaille féminine, classiqueb pas masculine, classiquea marché / péché masculine, classiqueb jurons / méditerons masculine, classiquea raidies / engourdies féminine, classiqueb renoncements / raisonnements masculine, classiquea d’hôtels / autels masculine, classiqueb repas / pas masculine, classiquea demain / chemin masculine, classiqueb lustrale / cathédrale féminine, classiquea garçon / son masculine, classiqueb année / journée féminine, classiquea troupeau / peau masculine, classiqueb cuirasse / trace féminine, classiquea Gâtinais / destinais masculine, classiqueb redescendons / perdons masculine, classiquea caveau / nouveau masculine, classiqueb empreintes / craintes féminine, classiquea régence / indulgence féminine, classiqueb montrer / rentrer masculine, classiquea cœur / traqueur masculine, classiqueb mort / sort masculine, classiquea chœur / piqueur masculine, classiqueb accompagnement / déboisement masculine, classiquea port / support masculine, classiqueb enlèvement / gouvernement masculine, classiquea glaive / s’élève féminine, classiqueb épouvantement / balancement masculine, classiquea moqueur / vainqueur masculine, classiqueb recroisement / retournement masculine, classiquea race / grâce féminine, classiqueb redoublement / amendement masculine, classiquea chemin / parchemin masculine, classiqueb cachette / oubliette féminine, classiquea nous / genoux masculine, classiqueb gamin / main masculine, classiquea personnages / pèlerinages féminine, classiqueb manteau / couteau masculine, classiqueb Adam / Dourdan masculine, classiquea fosse / Beauce féminine, classiqueb messe / promesse féminine, classiquea corde / miséricorde féminine, classiqueb tremblements / raclements masculine, classiquea pécheur / splendeur masculine, classiqueb Purgatoire / histoire féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

356 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Charles Péguy, tome 6, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919· numérisation poesies.net· Sources