Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
A Jeanne la flamme
Je ne leur demandais que six mois de loisir,Et Jeanne de Montfort aurait eu sa statue !Et devant les rayons dont je l’aurais vêtue,Son vieux peuple eût rugi d’orgueil et de plaisir !
Non ! dans ma docte poudre on me laisse moisir ;Cependant l’âge vient, et ma muse, qu’il tue,Interrompt, en pleurant sur son œuvre abattue,L’admirable portrait qu’elle avait su choisir.
Mais qu’importe à nous deux, sage et vaillante dame,Que ma Chanson n’ait pu traduire ta grande âme ?Ta vie est un poëme où l’art n’ajoute rien.
Moi, mon titre t’évoque, et c’est assez pour vivre :Un reflet de ta gloire illumine mon livre ;Ton nom ne pourra plus se séparer du mien.
Nantes, 19 août 1874.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources