Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A la première hirondelle
Du printemps parfumé rapide avant-courrière,Une hirondelle enfin a paru parmi nous.— « De climats inconnus tu reviens la première,Mais tes sœurs vont bientôt te suivre au rendez-vous.
» Ton retour rend la joie à la nature entière :Le ciel se fait plus bleu, le vent se fait plus doux ;Le soleil rajeuni verse plus de lumière,La vie à flots s’épanche et partout et pour tous.
» Puisses-tu vivre heureuse, ô précoce hirondelle,Pour avoir de là-bas apporté sur ton aileLes rayons attiédis qui font notre printemps ! »
Contre un hiver trop long ma souffrance proteste :Seigneur, quand donc l’espoir, hirondelle céleste,Viendra-t-il m’annoncer le retour du beau temps ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources